Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Entrevue pré-embauche
8 août 2009, 23:35
Filed under: Une fois c't'un prof... | Mots-clefs:

Dans le cadre de ma profession, on m’invite parfois à  »mentorer »  certains nouveaux enseignants. 
Je rapporterai ici des extraits qui se rattachent surtout aux finissants en enseignement préscolaire et primaire.

Ne le prenez pas mal, loin de moi l’idée de critiquer ces nouveaux venus dans la profession.
Ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont reçu. 

 

Wow !!  Vous avez un tableau interactif !  J’aimerais tellement ça, essayer ça …

-Bien sûr, on les laisse essayer … On démontre et on laisse expérimenter. Puis, on aborde l’entrevue :

   Après quelques échanges d’usage…

*Vous avez déjà entendu parler de Jacques Tardif  ou de l’enseignement stratégique?
– Euh…    Un peu, oui, je pense qu’on nous a recommandé de faire la lecture d’un de ses livres, un mendné…

*De Antoine de la Garanderie, alors ?
-De qui ? …

*O.k.   Connaissez-vous Jacqueline Caron ?  Non.  
  Les frères Lyons , alors?    Jean Archambault , Rock Chouinard? …
  Très bien.  
  Égide Royer? , ça dépend.
  Thomas Gardner, vous savez, les intelligences multiples ??   
  Des fois oui, des fois non…
  David A. Sousa , on le confond souvent avec Suzuki,du même prénom, ce qui est déjà ça, remarquez.   
  Jocelyne Giasson ? 
  – Vaguement…
  o.k. …

*Mais vous devez bien avoir quelques modèles qui vous inspirent…
-Oui, bien sûr. Mon maître-associé est une très bonne personne.
(Je veux bien, mais…   ;-#

*Bon. Pouvez-vous me nommer quelques ressources internet en éducation ?
– Le site du M.E.L.S. …   

*Connaissez-vous l’Infobourg?
-L’info quoi ?

*Selon vous, comment peut-on enseigner en lien avec l’actualité?
-On ne parle jamais de politique en classe…
(Un autre qui n’a jamais entendu parler de SCOOP.  Dommage.)

*Comment pouvez-vous susciter la motivation chez les élèves qui vous sont confiés?
-Je les récompense s’ils ont bien travaillé. Des collants dans leurs cahiers. J’ai même quelques friandises cachées…
(Ben oui, plutôt que de trouver un sens , ils trouvent des bonbons… )

*Des techniques d’interventions que vous avez apprises, lesquelles vous semblent les plus utiles?
  (Ne leur parlez pas de techniques d’interventions, ils vous parleront de copies ou de retenues )

*Parmi les approches pédagogiques que vous avez explorées, lesquelles préférez-vous ?
  J’aimerais faire plein de projets avec mes élèves…
_……………..

*Qu’avez-vous appris, au sujet de l’utilisation des TIC en classe ?
-Je sais faire un Power Point !

*En terminant, quel est le dernier livre que vous avez lu?
-Oupelaye, que je les prends au dépourvu…

Et on pourrait continuer ainsi, on and on. De bien belles et bonnes personnes. Tous enthousiates et disant aimer les enfants. C’est important, aimer les enfants. De jeunes finissants pleins de potentiel .  Disent qu’ils sont patients. Et feront de leur mieux pour suivre dans le livre et ne jamais être trop en retard dans le PROGRAMME.

Effectivement, c’est tout un programme!
20% d’entre-eux décrocheront de l’enseignement d’ici 5 ans.

Des jeunes dynamiques et allumés qui devront, pour commencer, créer des liens avec l’équipe en place. Certains auront la chance de parfaire sur le tas une formation qui les prépare plutôt mal à leur nouvelle profession.
D’autres emboîteront le pas vers le modèle traditionnel de transmission du savoir, puisque les embûches qu’ils rencontreront s’ils espèrent faire autrement seront si importantes qu’elles décourageront les plus motivés.Qui sortiront alors du système…

Marielle Potvin,  orthopédagogue

Publicités

4 commentaires so far
Laisser un commentaire

Bonjour!

J’arrive sur votre blogue par le biais de PédagoTIC. Je suis une finissante qui espère un petit quelque chose pour la prochaine rentrée scolaire.

Je trouve sidérant la lecture de ce billet et, malheureusement, je suis bien obligée d’acquiescer à vos propos. Bien peu de mes collègues vont plus loin que les lectures obligatoires.

Pour ma part, il y aurait bien 5 interventions où j’aurais patiner un peu… Mais ça aura le mérite d’orienter mes prochaines fouilles bibliothécaires!

Je suis déjà bien au fait des Lyons, Caron, Chouinard, intelligences multiples, TIC, ressources Internet et un peu sur Giasson et Royer…

Malheureusement, une grosse lacune à l’université est qu’on lit beaucoup, mais sans avoir le temps de tout intégrer tellement le rythme est soutenu.

Suivre le manuel pour faire le programme est ma plus grande peur! Mon plus grand rêve est que chaque école élimine cahier à acheter pour ne charger que des droits de photocopies à remettre aux éditeurs. L’éditeur aura l’heure juste sur ce qui est pertinent dans ce qu’il produit et les enseignants pourraient vraiment choisir ce qui est pertinent!

Au plaisir!

Commentaire par Emilie Abel

Bonjour Émilie,
Un vent de fraicheur vient tout juste de traverser mon bureau à la lecture de ton commentaire. La profession enseignante est de plus en plus complexe, et je comprends ce que tu appréhendes. Effectivement, si tu ne veux pas sombrer dans le copier\coller, à moyen terme, il te faudra garder vivant ton intérêt envers une formation continue.
Sache que je me souviens à quel point la pression est forte, durant les premières années d’enseignement. Il y a des matins où je restais assise à mon bureau pour donner quelques consignes aux élèves, tellement j’avais les genoux qui tremblaient 😉

Par la suite, on prend un peu d’assurance et on croit que tout ira bien à partir de là… La monotonie nous guette. Et guette nos élèves.
Pour continuer de s’amuser, il faut se renouveller, se donner de nouveaux défis, continuer de développer nos compétences. Or, à moins de s’inscrire à la maîtrise, ce qui n’est pas nécessairement la solution, je connais peu de programme de mentorat. En fait, je songe même à en créer. Je ne sais pas encore comment, mais rien ne me ferait plus plaisir que de soutenir davantage les enseignants en début de carrière.
N’hésite pas à me contacter, si tu veux.

Au plaisir!
Marielle Potvin
marielle.potvin@gmail.com
450-687-8181

Commentaire par mariellepotvin

Vous touchez à une lacune de la formation des futurs enseignants (es)….. le manque de rigueur à la fois des étudiants, qui se contentent du minimum, et de la formation de ces derniers, qui est tout à fait inadéquate, redondante et dépassée.
En effet, beaucoup de mes collègues de classes, car je poursuis présentement ma formation en enseignement à l’UQAC en Univers social, voient les cours de pédagogie et de didactique comme un mal nécessaire, une épreuve, un fardeau. En ce sens, je ne suis pas meilleur qu’eux, car j’ai longtemps pensé comme comme tel, mais depuis peu, depuis que j’ai commencé à bloguer, à fouiller sur le web, je me suis peu à peu ouvert les yeux quant à la qualité de ma formation et le niveau auquel j’airais aimé être rendu maintenant. Verdict: un peu déçu!
Je me suis alors posé la question, pourquoi les cours de pédagogie ne m’intéressaient-ils aucunement…… la réponse: trop de redondance, pas assez de concret. Par exemple, lors d’une session j’aurais eu bien de la difficulté à savoir dans quel cours j’étais tant les professeurs répétaient la même chose depuis 5 semaines. En effet, les mêmes sujets, les mêmes théories, les mêmes façons de faire dans trois cours différents lors de la même session……… quoi de mieux pour nous décourager.
Toutefois, loin de moi de dire que les étudiants sont blancs comme neige. Ces derniers, tout en m’incluant, sont les seules responsables de leur apprentissage. Ils se doivent de pallier au manquement à leur savoir; on est plus à la petite école pour jeter le blâme sur le prof devant nous…… non!
Pour terminer, je me dois de vous remercier pour votre commentaire. Je vais faire passer le message à mes confrères d’étude et poster un petit lien sur mon blog.

Commentaire par feanorfire

Merci à toi d’avoir pris le temps de partager ton expérience et ton opinion. C’est une réponse directe aux questions que je me pose parfois: Coudonc, est-ce que mes attentes sont trop élevées? Est-ce que les lacunes sont si grandes au niveau de la formation des maîtres ? À te lire et à constater le nombre d’enseignants pourtant plein de potentiel qui quittent la profession, je pense qu’on tient un filon quand on veut quelques réponses en ce qui concerne le mal-être actuel de l’école québécoise. Je dirais aussi que culturellement, la profession enseignante est vue comme étant beaucoup plus facile qu’elle ne l’est. On ne se rend pas compte à quel point elle est demandante au niveau de la connaissance du processus d’apprentissage, des techniques nécessaires à la gestion d’une classe, de la sensibilisation aux troubles d’apprentissages et j’en passe… On se dit qu’après tout, il y a des spécialistes pour ça. Mais quand arrive les situations difficiles, on obtient bien souvent le support de ces spécialistes quand le dommage est fait et que le retard est encore plus considérable.
Je suis de ton avis, Dany. Il ne servirait à rien de blâmer. Mais nous constatons que des lacunes sont importantes, ici. Reste à espérer que les décideurs, que ce soit Mme Courchesne, M. Ménard ou Mme Monique Brodeur, nous entendrons.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

Commentaire par mariellepotvin




Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :