Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Par devoir…
2 septembre 2009, 00:23
Filed under: rentrée scolaire | Étiquettes:

Les parents d’enfants d’âge scolaire trouvent que  les devoirs représentent bien souvent un des moments les plus pénibles de leur journée.

Par devoir, ils  s’investissent courageusement auprès de leur enfant.
Comme l’un d’entre eux s’en plaignait récemment, voici le fruit de ce qui me vint alors à l’esprit:

Au fil de ma carrière en enseignement, je n’ai que très peu entendu de commentaires positifs à leur endroit. Cette pratique ne semble que difficilement remise en question.
Et pourtant…

Du côté des élèves, les devoirs ne sont, généralement, ni intéressants ou signifiants;  ni nécessaires, ni importants.
On le comprend aisément. Qui de nous, après la journée, aime apporter tous les jours du  travail à la maison ? Ce n’est pas une question d’efforts à fournir. C’est une question d’équilibre.  Qu’on se le dise, les élèves savent très bien que ces travaux ne seront pas (ou très peu) comptabilisés dans leurs résultats scolaires. Les parents ou la gardienne y ont trop souvent contribué, surtout au primaire. Aussi, puisqu’ils seront corrigés en classe, les petits futés ne craignent en rien de manquer une notion qui s’y rattache.

Du côté des enseignants, les devoirs sont, généralement, une contrainte (politique ou administrative), une source de conflit entre eux et les élèves et sont d’une gestion fastidieuse.
Facile à comprendre aussi. Et c’est sans compter tout le temps qui doit y être consacré en classe, et qui pourrait, bien évidemment, être épargné au profit de la gestion des apprentissages.La pratique actuelle des devoirs privilégie une approche de répétition, invitant l’élève à reproduire, pour les maîtriser et les automatiser, des habiletés développées en classe. Or cette approche n’est  pertinente que pour une petite minorité d’apprentissages, basés sur l’exercice et sur l’automatisation de connaissances procédurales. La majorité des apprentissages appellent au contraire la capacité pour l’élève de construire ses savoirs, de réfléchir sur ses apprentissages et de transférer ceux-ci à des contextes différents de celui dans lequel il les a réalisés.

Mais c’est du côté des parents que nous retrouvons le plus d’heureux ! Après la journée de travail, la course pour le souper, qui suit bien souvent  un détour au service de garde, et quoi encore, arrive le temps des devoirs d’un ou de plusieurs enfants. Hélas, c’est régulièrement une activité qui empoisonne le climat familial pour le reste de la soirée. Combien de fois ai-je entendu les doléances de parents à ce sujet. Il serait trop facile de dire qu’il s’agit encore ici d’un manque d’efforts de leur part.
Mathématiquement, c’est mission impossible que de vouloir rencontrer, entre 18h et 19h30, mettons 20h, les responsabilités inhérentes aux devoirs de parents et à ceux demandés par l’école. Même quand les parents sont ensemble et qu’il n’y a qu’un seul enfant, c’est une situation difficile. Imaginez les autres scénarios possibles !

Comme conséquences, tout le monde est stressé, mais personne n’ose remettre en question cette tradition. Parce que c’est par tradition que l’on continue de faire quelque chose qui a si peu de sens au niveau pédagogique. Quand je vois la pléiade de publications consacrées à ce sujet, telle  ”Comment aider votre enfant à passer au travers cette période insignifiante ”, ben oui, je pense que c’est une joke!

L’essentiel, dans cette pratique, est que le parent sache ce que son enfant fait en classe et si tout va pour le mieux ou pas. Si, au lieu de s’acharner à garder les mêmes façons de faire, on cherchait des alternatives ?  Qu’on privilégierait  le portfolio (ou le cyberportfolio qui permettrait à l’élève de garder trace de ses travaux et de son cheminement?  Si, dès les premières années de scolarité, l’élève s’engageait dans ses apprentissages et en prenait conscience au point de pouvoir écrire, à la fin de chaque journée de classe ce qu’il a appris de nouveau;  Ce qu’il a le plus aimé aujourd’hui;   Ce qu’elle a trouvé difficile …

Puisque le pont s’écroule, bâtissons-en un autre !

Disons qu’il a fait un nouvel apprentissage, que ce soit une règle de grammaire, une addition avec retenues, peu importe. Il l’a noté dans son carnet d’apprentissage, en fin de journée et de façon personnalisée.Il le présente à ses parents et leur en fait la démonstration. L’élève maîtrise la notion. Parfait.  Il y a difficulté, il le note, encore une fois, dans son carnet d’apprentissage, pour le montrer à l’enseignant .  Un parent signe le tout. Voilà. Pas de quoi faire un drame familial avec ça.

Certains diront qu’il y a des parents qui ne signeraient pas. C’est vrai. Les mêmes que ceux qui actuellement considèrent les devoirs comme le dernier de leur soucis. Si on croit qu”il n’est pas de notre ressort de se demander pourquoi il en est ainsi, faudrait au moins savoir quand s’arrête le contrôle que nous voulons exercer à l’extérieur de l’école. Ce n’est pas en entamant une escalade de conséquences pour l’enfant que nous aidons en quoi que ce soit à améliorer la situation. Ni la relation avec l’enfant, ni celle avec le parent.

La grande majorité des parents écouterait leur enfant avec attention.  Ils liraient le carnet d’apprentissage, indiquant même peut-être au passage quelques erreurs d’orthographe. Reviendraient avec l’enfant sur les moments forts de sa journée pour mieux le connaître et savoir ce qu’il vit en classe et à l’école.

Cela ne demanderait qu’un léger accomodement. L’enseignant qui a remarqué qu’une notion doit être consolidée par un élève pourrait très bien suggérer certains sites internet en lien avec celle-ci.
Pourquoi donner à tout le monde un devoir que la moitié de la classe a déjà bien saisi?  Ce n’est pas le cas, alors c’est qu’il faut y revenir, s’t’affaire!

Fini le silence qui fait si souvent écho à la question ”Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école ? ” L’enfant prend si peu conscience de ses apprentissages, qu’ils soient d’ordre académique, social ou autre, que le parent entend trop souvent pour toute réponse ”Rien”…
Fini le temps des devoirs ‘pop-corn’   (lisez la maîtresse a donné, au hasard, une feuille d’exercices en devoirs, parce qu’il faut bien en donner… ). Ça arrive.
Fini les obtinations du genre   ”Je l’ai pas appris! ”   ”J’comprends rien” et j’en passe…avec les larmes qui suivent.
Fini le temps passé en classe à corriger des devoirs.

Ne suffirait que de légères modifications à nos pratiques. La fin de chaque jour d’école serait consacrée à une période durant laquelle l’élève lui-même rédige (ou dessine, à la rigueur) le bilan de sa journée. Il pourrait être aidé en cela par un encadrement qui prévoit, entre autres choses, une banque de mots  écrits au tableau, faite collectivement à partir du vécu de cette journée. Les activités vécues, visites reçues, les notions apprises seraient passées en revue. Chaque enfant ferait alors ressortir dans sa production écrite les faits marquants, les réussites ou les moments difficiles de sa journée.

Et je cesserais, comme bien d’autres, d’entendre les parents déplorer qu’ils n’ont pas le temps de prendre du temps avec leur enfant. Il a trop de devoirs…
Pas assez de temps pour jouer à des jeux de sociétés, pour jouer tout court.  Pour fréquenter les bibliothèques, les musées. Pour cuisiner ou bricoler ensemble.  Ou pour écrire à grand-papa…

Mais, me direz-vous, le Ministère prescrit des devoirs !! Je sais.
Mais il ne prescrit pas la forme que ceux-ci doivent prendre …

Marielle Potvin,  orthopédagogue

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21 commentaires so far
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Le fait que ministère de l’Éducation prescrive des devoirs est une erreur en soi.

Imaginez à quel point la vie serait misérable si tous les adultes devaient ramener des devoirs à la maison, à chaque soir de semaine et compléter des « travaux longs » les week-ends?

Ce serait catastrophique pour la vie de famille et pourtant, on permet que les enfants aient à subir un tel assaut.

Il est temps de mettre fin aux devoirs obligatoires à la maison pour les remplacer par 1) un enseignement de grande qualité et 2) de courtes périodes d’études supervisées, à l’école.

Les parents qui le souhaitent pourront continuer d’aider leurs enfants, s’ils le souhaitent mais ils ne seront pas encombrés d’une suite de devoirs obligatoires plus archaïques les uns que les autres.

Commentaire par Claude Gélinas

Reste à savoir par quels moyens on peut favoriser les échanges entre l’enfant et ses parents, au sujet de ce qu’il apprend en classe. Il y a de la place pour la créativité, ici !!
Si on faisait une véritable réflexion ensemble là-dessus ?
Après tout, l’année scolaire n’est pas encore commencée, il me semble que c’est un bon temps pour s’enligner…

Le débat est donc ouvert !

Commentaire par mariellepotvin

Je suis enseignant et me me pose régulièrement la question des devoirs. Cependant, lorsqu’on écrit qu’il serait bien d’avoir de meilleurs enseignants… Et bien il faudrait avoir de meilleurs parents aussi. Vous savez… Du genre qui aident leurs enfants en dehors des heures de classe et de travail?

Évidemment ça ne se produira pas. L’une des raisons des devoirs au primaire est d’impliquer les parents dans l’éducation de leur enfant, parce qu’autrement, plusieurs ne le font pas.

Commentaire par grummore

Je suis parfaitement d’accord avec vous. L’affaire, c’est qu’on croit qu’en tant qu’enseignant, on doit plus ou moins ‘contrôler’ les parents. Or, ce sont eux, les premiers responsables de leurs enfants, quoi qu’on en pense.
Nous n’avons pas à juger les parents, leur dire quoi faire ou ne pas faire, dans la boite à lunch, le soir, les fins de semaine… Et puis, on ne connait pas toujours les conditions de vie des familles.
Le parent qui s’occupe de son enfant le fera, mais celui qui ne le stimule pas intellectuellement, par exemple, ne le fera pas davantage parce qu’on l’y oblige.
La meilleure chose qu’on puisse faire pour aider les parents est de les supporter, les outiller dans certains cas, leur témoigner de l’empathie, ouvrir le dialogue, les accueillir davantage dans nos écoles; et quand le lien de confiance sera là, le reste suivra. Pas aussi vite ou aussi bien qu’on le voudra, très souvent, mais mieux qu’en les jugeant. Je pense.

Commentaire par mariellepotvin

Les devoirs devraient être une suite logique à la journée de classe. Je m’explique. Terminer un travail débuté en classe, compléter un projet, étude, révision de notions avant un test…mais pas donner un devoir pour donner un devoir!!!!
J’enseigne depuis plusieurs années (8e année). J’essaye de répondre aux besoins de mes élèves et des attentes des parents.
Pas toujours facile de plaire à tout ce monde!

Commentaire par D. Michaud

Je comprends que ménager la chèvre et le chou peut parfois poser problème. Merci d’avoir souligné le fait que le gros bon sens est déjà un bon repère. Donner des devoirs pour le simple fait d’en donner ne rime à rien. Beaucoup de parents se plaignent de ça, les devoirs qui ne sont pas en lien avec les apprentissages.

Commentaire par mariellepotvin

Je suis une ancienne enseignante et maintenant maman à la maison.

Premièrement, la répétition est la base de l’apprentissage. Quel sportif ne sait pas cela… Les devoirs sont déconnectés des apprentissages parce que le programme n’est pas clair et qu’il manque de structure. Si les enseignants n’inventaient pas le programme à chaque jour, ils ne seraient pas obligés de chercher n’importe quel devoir.

Commentaire par Anne-Marie Du Paul

Bien que la répétition fasse partie du processus habituel d’apprentissage, je ne dirais pas que c’en est l’essentiel. Si c’était le cas, les exerciseurs, à eux seuls, feraient des miracles. Or, même chez les sportifs, il est important de bien connaître les gestes à poser AVANT de s’exercer. On évite ainsi bien des blessures.
Il en va de même pour les gestes mentaux que l’apprenant doit maîtriser. Je parle ici de ce qu’Antoine de La Garanderie nous a enseigné: http://bit.ly/6pcXW
Tant que nous ne serons pas de fervents défenseurs de l’apprendre à apprendre, ni les exerciseurs, ni les devoirs ne pourront aider l’élève à progresser vers de véritables apprentissages. Tout ce qu’il pourra stocker comme information se retrouvera dans sa mémoire à court terme. Je vous laisse aussi un lien vers un billet intitulé « Pour bien faire », qui viendra préciser ma vision de la place que devrait occuper les exerciseurs dans les apprentissages scolaires: http://bit.ly/14tjo4
Pour ce qui de l’application de la réforme, je peux témoigner que lorsque nous nous faisons assez confiance, comme enseignante, pour ne pas nous encarcaner dans des méthodes rigides, l’impact obtenu sur la motivation des élèves et sur leurs apprentissages est tel que jamais, nous ne voudrions revenir en arrière.
Voir, si désiré, un billet qui reflète bien mon expérience à ce sujet:
http://bit.ly/RqaCB
L’art d’enseigner comporte une bonne dose de créativité. Si les programmes d’études sont bien intégrés par l’enseignante, qu’une notion soit vue à tel moment de l’année ou à tel autre n’a que peu d’importance. Suivre les intérêts, le rythme d’apprentissage de nos élèves et saisir les occasions suscitées par leur curiosité agrémentent et enrichissent l’enseignement qui leur est dispensé. Et le plaisir d’enseigner.

Commentaire par mariellepotvin

Dans notre classe (classe technologique soit dit en passant), nous demandons aux élèves de prendre des notes de cours et de les retranscrire en après-midi, sinon à la maison, tous les jours. Cette façon de faire permet, entre autres, un passage à la mémoire à long terme et permet aussi aux parents d’être mis au courant de ce qui s’est fait en classe.

Les parents nous ont demandé, lors de la rencontre officielle du début de l’année : « Comment se fait-il que mon enfant ne rapporte pas de devoirs à la maison? » Évidemment, nous leur avons exposé notre façon de faire.

Comme s’il fallait qu’une feuille d’exercices « à répétition » soit envoyée chaque soir de la semaine! Les devoirs « à l’ancienne » ne sont à faire que si un travail n’a pas été terminé en classe.

Pour ce qui est de la réforme, je ne me sens pas « en train de la réinventer le Programme » chaque jour. Oui, c’est un programme complexe, mais n’est-ce pas parce que l’éducation des enfants l’est? Le Programme est insécurisant au départ, je l’admets. Par contre, il me permet de réinventer ma pratique pédagogique chaque jour pour le bien-être et la réussite des élèves… è long terme… 🙂

——————

Merci de partager vos expériences avec nous Marielle! Vous êtes absolument très inspirante pour le nouvel enseignant que je suis! 🙂

Commentaire par François Bourdon

Merci pour ton commentaire, mais surtout pour ton courage. Le courage d’utiliser ce qu’on sait maintenant au sujet du processus d’apprentissage et de le mettre en pratique malgré les résistances que cela peut susciter. Sois fidèle à tes convictions pédagogiques. Je te souhaite une très heureuse carrière en enseignement.

Commentaire par mariellepotvin

Bon point de vue ! J’ai commenté sur le site de Mamamiia!

Commentaire par La Belle

Un grand merci! C’est en échangeant et en étant créatifs que nous trouverons les façons de faire qui conviennent le mieux. Trop souvent, nous faisons les choses par tradition. Cependant, si on se présentait chez un dentiste qui utilise les mêmes outils et les mêmes façons de faire qu’il y a 20 ans, nous en serions surpris et possiblement déçus.
En éducation, il me semble qu’on tente, de perpétuer les mêmes approches, peu importe ce que nous savons maintenant au sujet du processus d’apprentissage…
Résistance, quand tu nous tiens !

Commentaire par mariellepotvin

Je suggère ceci :

The Battle Over Homework: Common Ground for Administrators, Teachers, and Parents

http://www.amazon.com/Battle-Over-Homework-Administrators-Teachers/dp/1412937132

Commentaire par Pierre Poulin

Merci Pierre pour cet ajout.
Il est grandement temps, comme tu sais, de remettre en question ces traditions qui n’ont plus leur raison d’être, maintenant.

En éducation comme en apprentissage,une règle s’impose… « Surtout, ne pas nuire. »
Je crois personnellement que toute cette aversion pour les devoirs, toute la corvée qu’elle représente, nuit véritablement à la motivation scolaire, avec toutes les conséquences que cela comporte.

Tu veux bien nous dire, Pierre, quelle est la politique concernant les devoirs, dans l’iclasse ?

Commentaire par mariellepotvin

Mes filles vont à l’alternatif et n’ont que 2 devoirs par semaine (un en maths, l’autre en fraçais), plus des leçons, évidemment. Pour ma part, j’invente des travaux que je juge significatif, pour que justement, ce que mes filles font leur serve à avancer, à s’améliorer… Oui, cela prend du temps (je suis monoparentale avec 3 enfants et je travaille 3 soirs par semaine!!!), je dois le faire le matin ou les week-ends, mais le fait de choisir ce que je veux faire avec les filles prend tout son sens… L’idée d’un carnet d’apprentissage va dans ce sens. Je trouve l’idée géniale ! À partager !!!

Commentaire par Anik

Je ramène régulièrement des devoirs à la maison … je suis enseignante … 😉
Beaucoup d’autres adultes le font aussi à cause de leur profession. C’est aussi ça la vie, avoir des responsabilités …

Quand j’ai commencé à le lire, je n’étais pas d’accord avec votre billet concernant l’utilité des devoirs, mais arrivée à la partie:  » Puisque le pont s’écroule, bâtissons-en un autre ! », j’ai commencé à changer d’opinion! Tellement, que je vais essayer cette pratique pour la prochaine rentrée scolaire … merveilleuse idée!

Commentaire par Jacynthe Gallant

Je suis enseignante et je suis ravie de lire votre article. J’aimerais connaître votre avis sur les leçons? (tables, verbes, vocabulaire,…) Merci.

Commentaire par Caroline

Bonjour Caroline,

En lien avec cette démarche, je propose aussi des façons différentes de concevoir et d’apprendre les leçons.
Plutôt que de tout compartimenter comme on le fait actuellement, je propose de susciter la motivation de l’élève en lui proposant, entre autres, des sites de jeux qu’ il ne pourrait réussir que s’il maîtrise telle ou telle notion. Par exemple, je présente toujours aux élèves le site de http://www.multiplication.com avant de leur demander d’apprendre telle ou telle table.
Comme il doit les connaître pour réussir, cela donne un sens à ses apprentissages (même si celui-ci n’est que ludique, pour le moment)
S’il a de la difficulté à se souvenir de certaines tables, il a la possibilité de vérifier la réponse, mais cela le ralentit dans son jeu.

Croyez-moi, après avoir vérifié plusieurs fois le même résultat, il s’en souviendra. D’autant plus qu’il fera le geste mental de s’imaginer en train d’en avoir encore besoin, ce qui fera coller l’information à sa mémoire.
Même chose avec les mots ou les verbes dont il a eu besoin pour compléter son journal de bord. Il peut les étudier avec AllôProf.qc.ca , par exemple.

Tant que l’important sera de donner des notions ‘one size fits all’ à apprendre dans le but de les évaluer, sans pour autant enseigner à l’élève comment étudier, ces infos ne seront stockées que dans sa mémoire à court terme.
Voilà pourquoi même un élève qui a réussi haut la main son contrôle du vendredi échouera si les mêmes notions lui sont redemandées trois semaines plus tard.

Toutes ces connaissances ont été évacuées de sa mémoire pour faire place aux nouvelles.

Ce n’est pas de cette façon qu’on peut construire un savoir solide et transférable dans d’autres contextes que celui du contrôle du vendredi.

Je suggère donc des façons d’engager davantage l’élève dans la construction de son savoir, en lui demandant de garder des traces de ce qu’il a lu, appris, expérimenté, dans son journal d’études.

Je propose aussi que l’élève dispose, au début de chacune des étapes de l’année scolaire, d’une liste des savoirs essentiels à acquérir, avec en parallèle une liste des façons de les intégrer. Je reviens à mon exemple de multiplication.com …

Autre suggestion: former un réseau d’apprentissage auquel l’élève aura recours pour étudier à la maison.
Celui-ci peut prendre différentes formes, que j’explique lors de ma présentation sur les devoirs et leçons.

Aussi, le carnet d’apprentissages et le journal d’études constitueraient un excellent départ au portfolio de l’élève. Moins de surprises pour les parents, lors des fins d’étapes, de cette façon.

En prime, une meilleure gestion du temps passé en classe.

Commentaire par mariellepotvin

Merci beaucoup pour toutes ces idées précieuses!

Commentaire par Caroline

Bonjour,

Votre article est très intéressant ! Je suis enseignant en lycée et même à cette âge je trouve que leur temps de vie après les cours est très court ! Alors si ils ont une tonne de devoirs ils n’ont plus de vie et pour beaucoup d’entre eux sont dépassés, en dépression …
Mais sans devoir beaucoup de parents s’intriguent surtout étant prof de math ! Alors ce que vous avez mis en place, ce carnet d’apprentissage m’intéresse beaucoup ! Pourriez-vous m’en dire plus !

Merci.
Nicolas

Commentaire par prof2maths

Évidemment, tout dépend de la matière enseignée, de même que du niveau de vos élèves.
Voici un exemple d’un carnet d’apprentissage qui s’adresse aux élèves du primaire, en sciences.
Il sera nécessaire de l’adapter à votre situation, mais je souhaite qu’il puisse vous inspirer :
http://www.scienceenligne.ca/ressources/sae/grenouilles/carnet_olympiades.pdf

D’autres exemples ici : http://recit.csdps.qc.ca/recit/spip.php?article349

Commentaire par mariellepotvin




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