Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Wowe!
15 mars 2010, 20:41
Filed under: ambiance | Mots-clefs: ,

C’est pas la première fois que ça arrive. 
Au cas  où, je garde  une boîte de papiers-mouchoirs à ma portée. Les larmes de découragement, d’impuissance, coulent doucement. 

Pourtant, elle n’a rien à se reprocher. Tous les soirs, à la même heure, elle s’installe pour les devoirs. Elle fait tout ce qu’il faut, de son mieux.
Le samedi, elle y consacre encore deux heures.  

Des larmes de culpabilité, aussi.  Pourtant,  elle est exemplaire, et n’a pas ce qu’on appelle un tempéramment de victime. 
Pas beaucoup de temps pour voir ses amis, ni rien. Elle bûche.

Dans ses temps libres, elle lit tout ce qu’elle peut. « Devoirs sans larmes« , « Comment aider mon enfant à ci ou à ça... », mais la pente semble toujours trop haute à remonter.

Avec compassion, je l’écoute, et jette un coup d’oeil au dossier de son fils. Ouais.
Elle me parle de l’ambiance familiale, du manque de temps pour vivre des moments agréables en famille. Tout ce que je sais déjà, finalement

Le petit est né fin juillet. Un p’tit gars à terme et en bonne santé.
Mais un p’tit gars né en été quand même. Neurologiquement parlant, il n ‘a pas ce qu’on appelle une longueur d’avance.

En entrant en première année, venant tout juste d’avoir six ans, il cotoyait des enfants de huit, neuf mois plus vieux que lui, sans parler des filles…
Leur développement moteur se faisant plus lentement que les garçons, elles sont souvent plus mûres pour aborder les apprentissages.

Pourtant, il doit  suivre le rythme des autres élèves de sa classe. Avec tout ce que cela comporte.
Ce ne sera qu’en quatrième année que le nivellement se fera entre les élèves nés en été et les autres.  Trois années qui n’en finiront plus pour lui et sa mère, qui n’en peut plus de lire les commentaires de l’enseignante, dans l’agenda marqué au fer crayon rouge. Cette impression de ne jamais  y parvenir, qui perdurera bien au delà de ces années.
Qu’on cesse de me parler de décrochage au secondaire, de grâce!

Vous savez ce que je vais faire ?  Je vais téléphoner au directeur de son école. Demander une rencontre. Mettre en place un plan qui enlèvera cette fichue pression. Les tensions  entre les parents. Les frustrations continuelles .

Au pire, le petit se reprendra durant les journées pédagogiques ou durant l’été. On trouvera bien.
Il faut que cette famille recommence à respirer, sa survie en dépend. 

Sinon, il pourra toujours recommencer une année scolaire. C’est pas la fin du monde.
Et je pourrai ranger mes papiers-mouchoirs.

Mise à jour du 22 avril 2010 :

Comme prévu, nous avons rencontré le directeur. Un monsieur d’une grande compréhension.
Nous avons mis en place un plan personnalisé de devoirs.
Le petit a besoin de travailler son habileté à inférer. Soit. Ses devoirs consisteront à développer cette habileté.  Je lui fournirai  donc des lectures qui correspondent à son niveau et augmenterai graduellement le degré de lisibilité. Ce ne sera pas plus de travail pour son enseignante, et le climat à la maison s’en trouvera amélioré.  
Il était de notre devoir de faire baisser la tension. Nous y avons apporté l’attention nécessaire.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

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