Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Alouette, gentille alouette
6 juillet 2010, 22:54
Filed under: motivation scolaire, persévérance scolaire | Mots-clefs:

À la télé, gros plan sur Étienne Boulay.

Maraudeur pour les Alouettes de Montréal, celui-ci explique en quoi consiste le programme CN Adoptez un Alouette. Ce programme permet aux joueurs de rencontrer les jeunes en classe, pour leur parler de l’importance de terminer leurs études et d’autres sujets qui touchent les adolescents de près.

J’ignorais l’existence de ce programme. Pourtant, chaque année, celui-ci, par lequel un joueur des Alouettes est jumelé à chacune des écoles inscrites, rejoint annuellement près de 60 000 jeunes, plus particulièrement les élèves de secondaires 1, 2 et 3.

Les joueurs qui participent à ce programme parlent aux jeunes et leur avouent qu’il n’est pas toujours facile de réussir à l’école, mais qu’avec beaucoup de persévérance, il est possible d’atteindre ses buts.Étienne Boulay a fait son secondaire à Jean-Eudes, un environnement qui n’a rien, mais vraiment rien à voir avec certaines polyvalentes qui comptent jusqu’à 85% de décrochage.

Je suis certaine que l’intention est bonne. Que dans plusieurs cas, cet encouragement peut être bénéfique. Que les sportifs, en général, sont d’excellents modèles pour nos garçons, qui en ont un grand besoin.
Comme on l’entend souvent, lâche pas, mon ti-gars !

Chaque fois, ça me fait le même effet.

Pourquoi nous faut-il mettre autant d’énergie et de ressources pour motiver les jeunes à poursuivre leurs études?

S’il fallait chercher ailleurs les vraies raisons qui poussent 30% de nos jeunes à abandonner avant de terminer une 5ème secondaire? Ce n’est quand même pas parce qu’ils sont tous des paresseux !  Je dirais même qu’ils sont plus motivés qu’on pense, bien souvent.

On les voit, à cinq ans, faire leur entrée à la maternelle en pépiant de joie.

Ils ne s’attendent pas à ce qui les attend.

Si certains s’y adaptent bien, étant plus faciles à piloter que d’autres et n’éprouvant que peu de difficultés,  d’autres, que je reçois à la Clinique d’orthopédagogie, et qui font partie de ces 10% d’élèves avec une difficulté d’apprentissage, ne trouveront pas beaucoup de ressources pour les aider, mis à part les encouragements.Il se trouve aussi bien des parents, qui avaient mis leur confiance dans l’école pour dépister et pour intervenir auprès de leur enfant en cas de besoin, qui réalisent, souvent très tard, que le système scolaire promeut une belle illusion à l’égard des élèves en difficulté.

Récemment, la Commission des Droits de la personne et des Droits de la jeunesse a blâmé une Commission scolaire pour n’avoir pas reconnu et donc apporté l’aide nécessaire à une élève qui avait pourtant, et depuis des années, un diagnostic de trouble d’apprentissage mixte.Vanessa n’a pas décroché, mais il s’en est fallu de très peu. Ses parents avaient le courage et la détermination.
Elle avait la persévérance.

Si nous devions passer de l’intention à l’action, ne faudrait-il pas beaucoup plus que des encouragements ?

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com

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