Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Estivation
14 juillet 2010, 23:13
Filed under: formation, plaisir d'apprendre, ressources

source de l'image : http://j.mp/9XIMt9

Il n’y a pas de saison pour apprendre de nouveaux mots.
Récemment, j’apprenais  ‘palingénésie’ , sur le blogue de François Guité.  Je pensais que ça avait fait mon été !!

Antidote m’apprenait hier le mot ‘estiver’.

Je connaissais déjà ‘hiverner’ et ‘hiberner’ et même la différence entre les deux. Mais estiver….

Cette recherche prend sa source dans une conversation que j’ai eue récemment avec une formatrice en éducation. Elle me racontait qu’une fois l’année scolaire terminée, il est coutume, dans certaines régions d’Europe, de participer à des sessions de ressourcements qui durent souvent plusieurs jours.
Et ils payent pour ça !!!   DE LEUR POCHE !!
Font-ils partie d’un ordre professionnel ? Je pense que oui,  faudrait que je m’informe.

Mon Dieu ! me dis-je, s’il fallait voir cela ici, je tomberais bien en bas de ma chaise !

Dommage, mais si je me pointe demain matin chez un dentiste qui utilise les mêmes instruments et qui en est grosso modo au même point qu’il y a vingt ans, je lui tourne les talons. Vous feriez pareil, mais en éducation, est-ce que ça parait moins, ou si on accepte plus ?

Entre l’enseignement stratégique, la gestion de classe, la métacognition, l’enseignement coopératif, les méthodes d’évaluation, l’intégration des TIC, les approches pédagogiques innovantes, les intelligences multiples, les techniques d’interventions efficaces et j’en passe, il est certainement un sujet pour lequel vous aimeriez développer connaissances et compétences.

Sachant bien que je vais me faire ici un tas d’ennemis, j’ose quand même poser la question… Puisque la profession enseignante nous donne la possibilité de profiter de huit semaines de congé, comment se fait-il que nous ne puissions en prendre une pour développer notre plaisir d’enseigner ?  Après tout, il ne nous en resterait que sept qu’on serait encore bien au-dessus de la moyenne.  Je me pose la question, c’est tout.

Sans compter que nous bénéficions de deux semaines aux Fêtes et d’une semaine de relâche en mars.  N’allez pas me dire, je l’ai déjà entendu, que la profession est exigeante. Je le sais.  J’ai déjà marché dans ces souliers.

Le fait est que toute l’année, on court comme des fous, croulant sous une charge lourde, avouons-le, qui ne laisse que peu de répit pour se ressourcer. Mais quand l’été arrive, c’est comme si on nous délivrait du mal. Pas question de succomber à la tentation d’un livre ou d’une formation en pédagogie.

Si on se fie aux Commissions scolaires pour nous fournir durant l’année une mise à jour digne de ce nom, vous savez bien qu’on espère pour rien. Les quelques formations proposées durant les journées pédagogiques ne sont souvent que bien peu en lien avec nos besoins du moment, quand ce n’est pas avec nos besoins tout court.  On y va à reculons, on peste qu’on y est obligé par nos directions, et la plupart du temps, on aurait bien d’autres occupations en lien avec notre classe.

Mais pendant que durant l’été, on aurait un peu de temps,  on se contente de compter les jours qui passent et de se gâcher le plaisir en faisant le décompte avant la rentrée.

Alors, dites-moi, comment peut-on espérer se tenir à jour dans ces conditions ?

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com

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8 commentaires so far
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Remise en question pertinente. Changer une culture moussée par des syndicats et plusieurs gouvernements successifs ne sera pas facile… Je crois néanmoins que c’est nécessaire.

Si tu le permets, je vais conserver et réutiliser ton exemple du dentiste. C’est imagé et facile à comprendre!

Bonnes vacances! Profites-en bien pour te ressourcer et partager avec nous tes réflexions et découvertes. Après tout, tu fais probablement partie de l’EAP de plusieurs enseignants qui ont choisi de réfléchir, se remettre en question, etc.

Commentaire par pgiroux

L’affaire, Patrick, c’est que je ne suis pas en vacances. Je prendrai les miennes en septembre. Les deux premières.Ce n’est pas à ce moment que les élèves ont le plus besoin de moi. Comme je suis à mon compte, deux mois de vacances par année, c’est plus que ce que je peux me permettre. Comme la plupart des gens, en fait. Mais je me souviens, à l’époque où j’enseignais, avoir cherché des façons de me ressourcer durant l’été. Je me rabattais bien sur tout ce qui se publiait
chez La Chenelière, mais ça manquait d’interactions.
Je ne souhaitais pas faire une maitrise, juste développer un sujet qui répondait à mes préoccupations pédagogiques du moment. C’était bien difficile d’en trouver. Or, je crois que si on ne trouve pas réponse à un besoin, alors il faut la créer. Voilà pourquoi j’ai mis sur pied les Ateliers Clandestins. Du sur-mesure, de la formation à la carte, avec un horaire flexible et à un coût abordable.
Le nombre de répondants m’oblige à me demander si les enseignants ont perdu le sens de la responsabilité face à leur formation continue. Sont-ils résignés à ce que leur travail soit si difficile qu’ils refusent de se donner les moyens qu’ il en soit autrement ? Comme tu dis, une question de culture. Peut-être. Ou de passion.

Commentaire par mariellepotvin

Bonjour,
Je suis enseignante en vacances et je ne suis pas d’accord avec votre évaluation de la situation. Peut-être que les enseignants autour de vous ne se « ressourcent » pas, mais ce n’est pas le cas chez nous. Nous participons, bien sûr à des formations plus ou moins adéquates offertes par la commission scolaire, mais en plus, nous lisons (même en été), nous allons chercher des spécialistes à l’extérieur pour des formations « à la carte », participons à des colloques, parfois même à l’extérieur du pays, certains d’entre nous continuent leurs recherches en maîtrise et au doctorat et partagent leurs connaissances et leurs découvertes avec des collègues. Plusieurs nouveaux projets sont nés dans notre école, qui « font des petits » et des enseignants d’autres commissions scolaires viennent observer nos nouvelles façons de faire à notre école. Les stagiaires se bousculent pour faire leur stage dans certaines de nos classes, parce que le mot se passe dans les milieux universitaires. Tout cela se passe dans une école publique de Montréal, dans un milieu défavorisé et multi-ethnique. Nous devons refuser des tas de demandes de libre-choix, parce que trop de parents voudraient que leur enfant soit avec nous et prenne part à nos projets spéciaux, de la maternelle à la 6ième année, que se soit dans le domaine des arts, de l’apprentissage de la lecture ou de l’informatique intégré à l’enseignement (iclasse), et ce de la maternelle à la 6ième année.
Il est dommage que ce ne soit pas le cas dans votre milieu scolaire, mais s’il-vous-plaît, ne généralisez pas…
Marie-Élisabeth Gourdeau
enseignante en maternelle-accueil
St-Léonard (Montréal)

Commentaire par Marie-Élisabeth Gourdeau

En mettant ce que vous dites en perspective, je peux affirmer que vous faites partie de l’exception. Votre message ne le dit pas explicitement, mais je vous soupçonne d’enseigner à Wilfrid-Bastien, l’école de mes amis Pierre et François.
Je salue les initiatives, et surtout le combat de tous les instants qu’ont mené ces pionniers des approches pédagogiques dont vous faites mention. Je suis avec beaucoup d’intérêt et d’émerveillement le cheminement professionnel qui se fait dans cette école.
Dans certaines autres aussi. J’imagine que vous le constatez, vous faites partie d’un milieu exceptionnel qui gagnerait à être plus répandu. En fait, nous savons qu’il le sera. Nous ne pourrons tolérer encore longtemps le taux de décrochage qui sévit actuellement au Québec. J’ai déjà écrit plusieurs billets en lien avec les approches innovantes qui se développent dans votre milieu. Je suis une de vos fans!

Commentaire par mariellepotvin

Marie-Élisabeth, je seconde Marielle, vous faites partie d’une équipe exceptionnelle et je vous envie. Chez nous, ça ressemble à un maximum de routine pour un maximum de piscine. Heureusement grâce aux blogues on sait qu’il existe ailleurs des passionnés, on se sent alors moins seuls.

Commentaire par Missmath

Bonjour Marielle,

Ton billet compte quatre erreurs d’orthographe (deux d’entre elles sont de grossières erreurs…), et je m’abstiendrai de relever le nombre d’erreurs de syntaxe et de ponctuation.

Je comprends le propos, mais j’ai horreur que l’on généralise ainsi à propos des enseignants québécois.

Pierre-Hugues Dupuis

Commentaire par PH Dupuis

Je vous serais reconnaissante de m’indiquer lesquelles. Chaque jour, j’aime apprendre de nouvelles choses 😉

Commentaire par mariellepotvin

Rebonjour Marielle,

Ce ne sera pas nécessaire; on risque de me taxer d’«immature du milieu de l’Éducation»…

Le seul objectif de mon commentaire était de rappeler l’importance de nuancer ses propos lorsqu’il est question de la qualité de la langue. Il faut parfois jeter un regard critique sur ses propres écrits avant de juger ceux des autres.

Sans rancune.

Pierre-Hugues Dupuis, immature… mais sympa comme tout! ;o)

Commentaire par PH Dupuis




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