Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Le ver est dans la pomme
13 septembre 2010, 10:08
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Pendant que je prenais congé de la planète, durant une toute petite semaine, il s’en est passé, des choses!
Je fais la revue de presse et plusieurs d’entre elles attirent mon attention.
Au TOP numéro un cette semaine,  Apprendre de ses erreurs, publié dans « Le Soleil », par Brigitte Breton.

Je ne peux faire la lecture de cet article sans me remémorer que comme tant d’autres, je faisais partie  de ce projet si prometteur.  En tant qu’orthopédagogue, j’étais responsable du suivi d’un groupe de 1ère secondaire. Des élèves à risque d’échecs.  Mon mandat consistait principalement à mettre en place des moyens pour favoriser leur réussite. 
J’ai déjà écrit un billet  au sujet de cette expérience.   Je n’y reviendrai pas. 

J’ajouterai seulement que c’est à ce moment que j’ai décroché du système public.   J’aimais mieux aller manger des croûtes, et de façon très incertaine, que de contribuer à nourrir cette illusion.
Bien oui, les parents étaient contents. Pour une fois, leur école avait embauché une orthopédagogue à temps plein, pour un seul groupe d’élèves. Pour une fois, ils avaient confiance qu’avec ce supplément d’aide, ils pouvaient dormir tranquille quant à la réussite de leur jeune.

Si Agir autrement a contribué à améliorer le climat à l’école, à réduire la violence, à diminuer les problèmes liés à la consommation de drogue et à développer de meilleures relations entre les enseignants, les élèves et les parents, ce qui est loin d’être banal et inutile dans les milieux démunis, ses effets paraissent cependant nuls sur la réussite scolaire et le décrochage. Une gifle pour tous les ministres de l’Éducation, péquistes et libéraux, qui depuis 2002 ont misé sur cette stratégie sans savoir si les transformations souhaitées étaient au rendez-vous. (Extrait de l’article de Mme Breton)

La table était pourtant bien mise, elle avait revêtu sa belle robe.  La  vaisselle scintillait et faisait espérer un repas des mieux préparés. Le menu,  alléchant, permettait  tous les espoirs. Et si, finalement, on avait trouvé la recette ?  Pas encore…

Si je retourne consulter les documents relatifs à cette stratégie d’intervention, la page 3 attire particulièrement mon attention.

Curieux, quand même, que  la place de la motivation scolaire ne soit  pas prioritaire, parmi les éléments énumérés. Or, je persiste; sans cet élément, placé en tête de liste, le reste ne peut suivre.
Voilà en quoi les ingrédients étaient périmés.  Rien, ou presque,  n’avait changé dans les pratiques éducatives. J’en connais qui auraient favorisé la réussite d’une horde d’élèves, et pendant des années, rien qu’avec le budget qui a été utilisé pour la publicité de ce programme. Trouvez l’erreur.

En terminant, je reproduis ici une lettre que M. Paul Inchauspé a fait parvenir au Devoir, le jeudi 9 septembre dernier. Bien dit, je trouve.

Si j’en crois la presse, le programme Agir autrement fut, selon les auteurs d’un rapport d’évaluation, un échec. Et la faute en serait aux écoles, aux commissions scolaires, au ministère. Mais pas aux auteurs mêmes de ce rapport? Or, cette équipe de chercheurs évaluateurs fut, elle-même, à l’origine, le concepteur le plus important de ce programme d’intervention. Cette même équipe a depuis le tout début accompagné les écoles dans ce projet. Elle ne fut qu’un observateur distant, sans effet? Allons, donc.
Il y a plus de cinq ans, j’ai eu l’occasion de rencontrer en Gaspésie des responsables d’écoles secondaires faisant partie de ce projet. À cette occasion, je l’ai examiné de près et j’ai vu que le ver était dans le fruit. Les hypothèses de base des chercheurs, les instruments qu’ils ont produits conduisaient les écoles à changer les choses à la périphérie, à ne pas toucher la relation enseignant-élève dans la classe, à ne pas toucher une organisation scolaire qui empêche la prise en main de groupes d’élèves par un groupe d’enseignants. Ces projets furent pour les chercheurs l’occasion de recueillir une masse d’informations dans leur champ d’intérêt, celui «des environnements scolaires». La moisson faite, il est un peu facile, d’attribuer à d’autres le fait que les changements n’aient pas, hélas, assez porté sur autre chose que la «périphérie».

Paul Inchauspé, Montréal, le 9 septembre 2010
 
À l’intention de tous mes amis, qui étudient au baccalauréat ou à la maîtrise en enseignement:   Je vous invite à lire cet article, qui décrit qui est ce Monsieur Inchauspé, sa vision, sa mission.
Peut-être ne vous en a-t-on pas parlé, à l’université.
 
Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141
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