Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.(3ème partie)
20 septembre 2010, 22:43
Filed under: ressources | Étiquettes: ,

  

Des dessous… pas toujours propres.

Imaginez la situation suivante:

Vous êtes un nouvel enseignant et comme bien d’autres, vous n’avez décroché cette année qu’un contrat à temps partiel, ou pas de contrat du tout.
Vous êtes inscrit à la maîtrise en enseignement ou encore, nouvellement à la retraite.

Dans chacun de ces cas, il vous suffira de faire paraître une petite annonce dans un journal local, sur LesPac  (section SERVICES: cours/ateliers/formation) ou sur  Kijiji  (section TUTORAT) pour que plusieurs parents  fassent appel à vos services de tuteur.   Vous empocherez de 30$ à 40$/l’heure. 

Merci, bonsoir.  Pas de complication, d’entrevue d’embauche, de preuve à fournir, ni rien.

  

Imaginez maintenant cette autre situation:

Vous êtes un nouvel enseignant et comme bien d’autres, vous n’avez décroché cette année qu’un contrat à temps partiel, ou pas de contrat du tout.
Vous êtes inscrit à la maîtrise en enseignement ou encore, nouvellement à la retraite.
Vous n’êtes pas certain de recevoir des appels si vous placez une petite annonce, alors vous offrez vos services à une entreprise de soutien scolaire.
À moins que vous ne répondiez à une offre d’emploi . Peu importe.

Cette entreprise aura possiblement un local loué, des frais de communications et de publicité, des salaires à payer, et quoi encore…
Elle vous demandera des informations plus ou moins précises sur votre formation et vos antécédents. Elle vous référera des élèves qui font appel à leurs services.
Vous gagnerez  en moyenne, 15$/l’heure.
 
Merci, bonsoir ? Pas tout à fait.  Si l’entreprise vous déclare à titre d’employé, vous devez le faire aussi au niveau de votre déclaration de revenus.
Soit il ne vous reste presque rien si vous avez déjà un autre emploi, soit on considérera ce revenu dans le calcul de vos prestations de retraite.
Le parent, de son côté, déboursera 50$/l’heure, en moyenne.

Vous décidez de jouer sur les deux tableaux et acceptez de dispenser un service à un élève qui vous a été référé par l’entreprise.
Le parent a payé, disons, pour obtenir 10 heures de cours.  À la fin de ce service, un simple appel de leur part pourra y mettre fin.
S’cusez. Deux appels de leur part.  Un à l’entreprise de soutien scolaire pour mettre fin au service et l’autre à vous-même, pour vous offir le salaire que vous demandiez sur les petites annonces.
Qui sera, vous l’avez compris, inférieur à ce qu’ils déboursaient à l’entreprise qui tentait de faire un travail honnête de sélection.

Certaines entreprises contournent ce problème en engageant le parent par un contrat à plus ou moins long terme.

J’entends, et de façon très régulière, des parents me dire que leur enfant avait cessé de recevoir les services d’un de ces tuteurs, pour toutes sortes de raisons, mais que les frais qui s’y rattachent continuent tout de même d’être débités automatiquement de leur compte bancaire, longtemps après que le service soit interrompu, à la suite de leur demande ou pas.  
Tout un combat, disent-ils, pour faire cesser ces prélèvements;  contrat oblige!

Les questions que je pose ici sont les suivantes:
 

Devant cet état de faits, comment une entreprise peut-elle à la fois assurer sa rentabilité et donner un service de qualité?

Le problème n’est-il pas de ne pas parler de ce problème ?

Je ne jouerai pas les oies blanches. Des leçons privées, j’en ai données aussi, quand j’étudiais à l’Université. J’étais payée en argent comptant.
Pas des tas, mais assez pour me payer un film ou une bouteille à l’occasion. 
Dans les écoles où je faisais des stages, parfois.  Au vu et au su de tous, souvent. Comme bien des enseignants. 

Lorsque, des années plus tard,   je suis devenue moi-même propriétaire d’une entreprise de soutien scolaire (Le Remue-Méninges),
que je tenais à dispenser une formation continue à l’équipe d’enseignants, que j’ai voulu leur fournir un salaire décent , du support et des ressources,
que je payais en surplus les enseignants pour qu’ils établissent une communication soutenue avec les titulaires des élèves concernés et que je tentais aussi de m’en tirer avec un salaire minimum, on se surprendra que « Le Remue-Méninges » ait dû déclarer faillite? 

En complément , cet article  qui dresse le portrait de ce qui se fait en Belgique.  J’y reviendrai demain, en me permettant quelques comparaisons entre ce qui se fait ici et en Europe.
Encore ici,  je vous invite à laisser en commentaire votre propre expérience à ce sujet.


Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141 




 

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