Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Entre nous

Des fois, je me risque. Je dis que je rêve d’une école sans papier, juste pour voir les réactions.

Les gens, en général, ne pensent pas que ce soit possible.

Pourtant, ça l’est, et sur une planète pas bien loin de chez vous

‘Dans mon livre à moi’, c’est presque injuste que certains élèves aient accès à ce monde alors que d’autres ne savent même pas qu’il existe.

Chaque fois qu’il se produit quelque chose d’important, dans le monde, je reviens à cette réflexion: AUCUN manuel scolaire ne peut être à jour au sujet des informations que les jeunes doivent connaître, comprendre, ou dont ils ont besoin de parler.
Vous connaissez un manuel de sciences dans lequel on aborde la question des gaz de schistes, vous?  


Cette vidéo pourrait à elle seule générer des situations de lecture et d’écriture tellement riches, mais surtout, cette réflexion contribuerait à développer le sens critique
de ceux qui la visionnent et font une recherche sur le sujet, dans le but de mettre en commun leurs informations.

Quand je pense qu’encore aujourd’hui, par exemple, certains jeunes de 3ème secondaire se feront suer dans une classe de maths, à tenter de comprendre des concepts dont ils ne se serviront probablement jamais, pour la plupart. Pendant le cours, ils se demanderont  (quand ils ne dorment pas ou n’envoient pas de textos en cachette) ce qu’il adviendrait si une autre centrale nucléaire explosait au Japon.

Mais on n’aborde pas ce sujet à l’école…
C’est un monde à part, où le Programme règne en maître absolu, auquel tous doivent se conformer.

Pourtant, il suffirait de presque rien, un portable par élève, disons, pour remplacer tous les manuels dont ils n’ont pas besoin. Calculez comme vous voudrez. Vous en arriverez à la conclusion que ce ne serait pas plus cher, si votre argument est d’ordre économique. Sinon, j’aimerais bien savoir de quel ordre il est…

Voyons voir ce qu’il serait possible d’utiliser…
Vous connaissez Scoop ?

 

On y abordait cette semaine le sujet du séisme au Japon.

À la fin des activités, l’élève sera capable de :
  • savoir où se situe le séisme qui a eu lieu au Japon ;
  • expliquer pourquoi le Japon est une zone à risque sismique élevé ;
  • comprendre l’origine de ce séisme ;
  • citer les trois origines possibles d’un séisme ;
  • connaître les deux échelles de mesure d’un séisme ;
  • rédiger un texte journalistique.

Compétences transversales

Ordre intellectuel
           Exploiter l’information
            Faire preuve de créativité

            Ordre méthodologique
            Se donner des méthodes de travail efficaces
            Exploiter les technologies de l’information et de la communication

          Ordre de la communication
            Communiquer de façon appropriée

           Ordre personnel et social
           Travailler en groupe

Voyez, il y a tout ce qu’il faut pour le prof qui veut exactement savoir ce que cette fiche va développer chez l’élève et comment le faire.
Bien sûr, on sort ici de notre zone de confort. Un peu plus et on a l’impression de naviguer sans boussole, quand on ne tient pas un manuel à deux mains!
Alors on s’accroche.
Il était  déjà désuet avant de sortir des presses d’imprimerie, mais bon, on fait avec.

J’ai hâte qu’on se fasse assez confiance, comme professionnels, pour adapter nos façons de faire.  
Dans quelques années, ces jeunes iront voter.

Il faudrait qu’ils puissent le faire mieux que nous, non ?

Marielle Potvin, orthopédagogue

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7 commentaires so far
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Bonjour Marielle,
En te lisant, ce matin, je me suis rappelé un article que j’avais écrit, il y a quelques années, suite à une conférence donnée à l’ACFAS.

Je me fais donc de l’auto-publicité et je te mets le lien avec le numéro de « Vie pédagogique » dans lequel mon article a été publié, en p.13 Voici le lien… http://bit.ly/eF5k8P

Tes commentaires seront les bienvenus …

Amicalement, Richard

Commentaire par Richard

Bonjour Richard,
J’ai pris le temps de lire attentivement cet article de Vie Pédagogique. Le genre que j’aurais aimé écrire moi-même, tant il met en mots ma pensée. Mais ça, tu l’auras deviné.
Je me désole cependant en constatant qu’il date de 2002. Faut-il que la résistance aux changements soit puissante, faut-il que les enseignants soient encarcanés à ce point pour ne pas avoir fait plus de chemin, depuis toutes ces années… L’article semble encore tellement d’actualité.
Entendons-nous, je ne blâme personne. Je constate seulement. Comme toi, je crois.
Je me surprends aussi à me demander, quelquefois, si les maisons d’éditions n’exercent pas un puissant lobbying, auprès des commissions scolaires. Il doit y avoir une raison pour que les choses stagnent à ce point.
Je constate donc que le changement graduel n’est pas au rendez-vous. La solution ?
Scoop Canada était très bien parti pour répondre à tous les besoins énumérés dans ton article. Ils ont dû cesser leurs opérations. Je crois que c’est par manque d’abonnements. C’est long, changer la culture d’une organisation.
La prochaine fois que se présentera une occasion semblable, j’espère que nous serons plus nombreux à monter dans le train.
Mais toi et moi, je pense qu’on ne sera plus là ;-(

Commentaire par mariellepotvin

Bonjour Marielle!

La classe sans papier vous salue humblement!

Sans manuel, voici ce qu’on fait :

La semaine dernière, nous avons parlé des dangers relatifs aux activités sportives suite à l’incident Chara-Pacioretty. Communication orale, argumentation, dialogue, démarche de recherche, lecture, sciences, écriture…

Cette semaine, nous traitons des catastrophes naturelles et de leurs conséquences en lien avec le séisme qui a fait tant de ravage au Japon. Univers social, statistiques, lecture, écriture, méthodologie, sciences…

La semaine prochaine, nous verrons bien!

Les élèves sont motivés, engagés et ils apprennent! Le tout sans que je n’aie de comportements dérangeants à gérer! Je peux me concentrer sur l’évolution de chacun de mes élèves!

À bientôt!

François

Commentaire par François Bourdon

Continue ce merveilleux travail, François!
Un jour, nous serons nombreux à prendre exemple sur ce que vous faites, Pierre et toi. Tu verras!

Commentaire par mariellepotvin

Mme Potvin,
Commentaire sur votre réponse à une mère d’une jeune fille dysphasique (Yoopa). La dysphasie n’est pas un trouble d’apprentissage, mais bien un trouble de langage qui cause des troubles d’apprentissages. Sachez que les PI sont des outils tres pertinents, car ils mettent en reliefs les BESOINS des eleves peu importe le diagnostique. Vous devriez lire les résultats de recherches en lien avec tout ce que vous avancez dans cette réponse, vous travaillez contre le courant chère dame…

Commentaire par Louise

Bonjour Mme Louise,
D’après l’adresse courriel rattachée à votre commentaire, il me semble comprendre que vous êtes européenne. D’où un certain malentendu dans les propos. Ce n’est pas la première fois que je remarque les différences culturelles entre nous.
Primo, la dysphasie est bel et bien considérée comme faisant partie de la gamme des troubles d’apprentissage, au Québec.
Le développement du langage et de la conscience phonologique étant intimement lié aux apprentissages de la lecture et de l’écriture, les orthopédagogues (appelés logopèdes, je crois, en Europe)détiennent une formation pour intervenir sur ces plans.
D’autre part, je ne prétends pas que les PI (plans d’interventions) ne servent à rien. Je constate toutefois que dans la situation qui nous a été décrite dans l’article dont vous parlez, il n’a pas servi à grand’chose.
En terminant, j’ajouterai simplement que votre remarque au sujet du fait que je travaille contre le courant est reçue, de ma part, comme un compliment.

Commentaire par mariellepotvin

Salut Marielle,
Les changements au niveau scolaire seront difficiles à réaliser tant et aussi longtemps que les intervenants n’admettront pas que les jeunes d’aujourd’hui sont très différents de ceux des générations précédentes. La « génération digitale » est dans nos classes présentement et les habiletés / compétences qu’ils doivent développer pour survivre dans le monde de demain ne correspondent plus à celles priorisées dans le réseau scolaire.

La capsule suivante de Ian Jukes intitulée « Understanding the digital generation » m’a convaincu qu’il n’est plus possible de regarder en arrière mais que nous devons plutôt modifier le système existant afin de l’adapter à nos « digital natives ». http://www.youtube.com/watch?v=ecFizWZgIiA

À la prochaine!
Serge

Commentaire par Serge Pelletier




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