Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Un million pendant 25 ans !!

Quelqu’un avait lancé le sujet, récemment, sur Facebook.

Que feriez-vous, avec un tel montant d’argent?   

Dans 25 ans, j’aurai 78 ans.  Bel âge pour prendre sa retraite…
Au moins à temps partiel, en tout cas.

D’ici là, j’ai bien pensé à ce que je ferais.
Ce soir, certaines idées ont fait du chemin.

D’abord, je ne connaissais pas ce principe d’association coopérative appliqué à l’éducation.  J’imagine qu’il s’agit d’une école que les parents peuvent administrer, mais je n’en sais pas plus. Chose certaine, on nous présentait un reportage, ce soir, dans lequel on voyait bien que certains milieux sont dotés des technologies de pointe dans toutes les classes.  
Imaginez… On enseigne même  la musique avec le Ipad!


La bonne nouvelle , c’est qu’à la Commission scolaire Eastern Townships, le taux de décrochage a reculé de plus de 16 points en quatre ans
— de 39,4 % (2004-2005) à 22,7 % (2008-2009).
 
Un beau modèle à suivre.

On ne la voudrait pas trop grande. Plus ou moins 200 élèves, au primaire, me semble bien suffisant. On peut facilement y créer une atmosphère familiale.
  
On y trouverait un ingrédient qui manque tellement, et qui s’appelle la courtoisie. Le savoir-vivre, si vous préférez.  Au-delà des sermons que chaque école  sert à ses élèves au moment d’élaborer un code de vie, et des conséquences qui y sont rattachées, on y enseignerait de façon systématique le civisme.  Les enfants ignorent trop souvent les règles les plus élémentaires du savoir-vivre.

L’apprentissage d
es premiers soins et de la cuisine y auraient une place de choix.  
J’ai souhaité, récemment, que les petits japonais qui ont survécu au tsunami en connaissent quelques bases, et parce que Ricardo a fait tout un esclandre, récemment, en affirmant que les programmes comme celui des Petits Déjeuners pourraient disparaître si on se donnait les moyens d’accompagner les parents qui ont du mal à joindre les deux bouts.

«On n’est pas foutus de nourrir nos enfants», déplore-t-il, ajoutant que le Club des petits déjeuners est un mal nécessaire, «à condition qu’il y ait une solution.»
Il pourrait être plus agréable de cuisiner ensemble que de surveiller les boîtes à dîner, me semble.
Mais d’abord, une école qui accompagne les parents, qui les soutient  et avec lesquels on fait équipe.

Une école où les enseignants ne cessent jamais d’apprendre. Il sont évalués, non sur leur rendement, mais sur leur cheminement.
 
J’imagine une école dans  laquelle on écrit l’avenir, faite pour former des citoyens qui auront des emplois qu’on ne connait pas encore. Des citoyens qui auront eu la chance de développer une grande capacité de créer et ayant un sens critique développé. 
Des citoyens qu’on aura accompagné dans le développement de leur identité numérique et dans leurs compétences à trouver et analyser les informations dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin.
 
La plus grande place est réservée à l’enseignement des stratégies d’apprentissage. 
N’est-il pas temps de se le demander :  Si la réussite scolaire était aussi, une question de pédagogie ?
 

J’aime bien cette idée, aussi, d’enseigner comment gérer ses sous .  Ça presse !
On est de parfaits illettrés, en ce domaine, même avec diplôme en main.
Vous avez vu le taux d’endettement du Québec?

L’école, comme communauté d’apprentissage et comme apprentissage de ce qu’est la communauté, avec une touche d’entrepreneurship, comme aux Coeurs Vaillants.

Avec des communications intergénérationnelles; on cotoie les petits du CPE , les parents et les personnes âgées.  Avec eux, on fait un jardin, on prend des photos , on lit, on écrit. Parce que l’école, ça devrait être la vie.
 
Les apprentissages se font de multiples façons. Ceux qui se font dans le plaisir auront enfin la valeur qui leur revient.  S’il est nécessaire de s’inscrire à quelques capsules, l’horaire est somme toute flexible. Les gens ne vivent pas tous au même rythme et on ne leur impose pas de le faire.
L’anxiété de performance ferait place à l’absence de notes. C’est pas parce qu’on fait des évaluations que les enfants apprennent plus ou mieux. On tient à jour son portfolio, on le met en ligne et la communauté peut le consulter. Ça se fait déjà au C@HM, où les enfants font paraître des articles dans le journal local. Plutôt que d’imposer des heures de gym, on propose à ceux qui le préfèrent d’aller à la piscine ou de prendre des leçons de tai chi. Les installations municipales sont facilement accessibles pour les élèves. On peut faire une sieste l’après-midi, ou télécharger sur son Ipad ce qu’on a envie de lire.Les classes sont multi-âges, ce qui est un milieu d’apprentissage beaucoup plus naturel. Le programme est construit en fonction de la réalité du milieu et des enfants qui le composent. Et pas le contraire.
On s’envoie des courriels, on tient un blogue. On échange et on partage nos découvertes à l’aide de présentations multimédias.

 

Qui voudrait d’une école qui ne fait que lire le passé?

Tous y sont invités, troubles d’apprentissage ou pas.

Bon, mais je l’ai pas gagné, ce million par année.

 

Demain matin, la réalité m’attend.
 
Marielle Potvin, orthopédagogue
 

 

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5 commentaires so far
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Je suis celle qui a lancé le sujet sur facebook et oui, ce serait vraiment génial d’ouvrir ce type d’école et d’entretenir avec les enfants cette relation uniquie où tous y trouveraient un plaisir! Je suis contente d’avoir appris qu’il y a déjà des changements qui s’effectuent ailleurs et peut-être allons-nous être celles qui ouvriront ce lieu digne des grands! 🙂 Bonne semaine!

Commentaire par Marie-Anne Lachance

Tu vois, on réfléchit tous ensemble en partageant nos rêves 😉

Commentaire par mariellepotvin

Merci Marie-Anne de m’avoir donné l’occasion de préciser ma vision. Peut-être que l’Univers reçoit mieux les demandes spécifiques 😉

Commentaire par mariellepotvin

Très beau texte, en tant qu’enseigante en adaptation scolaire , ce texte m’a beaucoup touché.

J’ai entendu Jacques Languirand dire  »On ne s’adapte pas dans la soumission.
On s’adapte quand on est dans l’action. »
J’enseigne dans un milieu défavorisé culturel et monétaire.
Je rêve du jour où les parents seront acteurs de la réussite de leur enfant et non spectateurs .
Emilie

Emilie Lépine

Commentaire par ¸emilie lépine

Merci pour ce message!
Oui je rêve d’intégrer ces valeurs dans le système d’éducation et oui je suis à me demander si je n’arrête pas ma carrière de 18 ans pour mettre à profit mes apprentissages….

Il faut intervenir pour définir les exigences de la vraie réussite!

Vicky Giannas

Commentaire par Vicky Giannas




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