Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Mais au fait, pourquoi pleure-t-il, ce petit?
2 février 2014, 11:05
Filed under: Non classé

Il est entré au Centre d’apprentissage en regardant par terre. C’est souvent comme ça la première fois.
Je lui demande, après quelques présentations, de répondre lui-même aux questions habituelles à l’ouverture d’un dossier. C’est comme ça que je mesure son rapport à l’erreur. C’est sûr qu’un enfant de cet âge ne connait pas son code postal. Je lui demande quand même et j’observe sa réaction.

Dans ce cas, les manifestations de l’anxiété ne tardent pas à se faire connaître. Je saurai donc que quand il est anxieux, il regarde ailleurs et me parle d’autre chose. J’en profite alors pour le rassurer. Ici, il n’y a pas de notes, pas de bulletins. Ici, rien de grave ne pourra arriver si on ne donne pas une bonne réponse. Ça va déjà mieux et mon chat fait le reste 😉

Deuxième rencontre.

J’avais eu l’occasion d’étudier attentivement son cahier de dictées. Ma première observation se porte sur les types d’erreurs.
Quelques exemples:  un enfont, c’est brin (couleur), un savon (pour un savant…)

Un appel à la mère a suffit pour confirmer un doute: le papa est  »fronçais! »
Ben voilà!  Des exercices de discrimination auditives seront utiles à ce petit, qui n’a pas encore fait la nuance entre brin et brun,
enfont et enfant, et quelques autres sons.

À l’aide d’un Whispy (petit amplificateur de sons),

Image

Je lui fait faire quelques activités de différentiation des sons :

1. On y va quand ?
2. Le banc est blanc.
3. Ton oncle est grand.
4. Prends ton temps.
5. On vend du savon.

Puis, on passe au jeu suivant:

Image

Source:    http://bit.ly/1ky02Z9

Ça va déjà mieux 😉

Le Whispy sera utilisé à la maison, pour consolider tout ça lors des lectures.
On n’avait affaire ici qu’à une simple confusion auditive.

Cette fois, on se quitte avec le sourire.
Afin de mieux connaître cet élève et de lui fournir les ressources appropriées, je leur laisse un questionnaire
servant à déterminer le type d’intelligence de cet enfant.

Troisième rencontre.

Il me faudra bien aborder la question du ‘recopier trois fois…’. Même si on sait que souvent, cette façon de faire ne marche pas, on continue de demander aux élèves de s’exécuter. Par tradition, je crois.
Toujours est-il que nous avons affaire ici à un petit qui SAIT que ça ne marche pas.
Là, arrive la position délicate de demander de faire autrement. Mais comment, sans s’ingérer dans l’approche pédagogique de l’enseignante?
J’ai pris le parti de valider ce que l’enfant me dit. Ça ne marche pas, pour toi. On le constate.
 »Ce qu’on peut changer, maintenant, c’est le nombre d’erreurs que tu feras dans tes prochaines dictées.  »
Tu devras copier trois fois, soit, mais pour beaucoup moins de mots.

En prenant connaissance de ses résultats au test, on note une majeure en intelligence kinesthésique. (7 sur 10)
Le gamin est tellement préoccupé à ne pas bouger qu’il n’a presque plus d’énergie cognitive à consacrer à ses apprentissages.
Et ce n’est pas de l’hyperactivité!

Mon prochain défi sera de faire en sorte qu’on puisse libérer cette énergie. Pourrait-il travailler debout? Sur un Movin’sit?

Image

Aura-t-il droit, lors des dictées ou des activités d’évaluations, de manipuler quelque chose?
Une balle de stress, un Tangle? Je ne sais pas… Son enseignante acceptera-t-elle?

Image

Les réactions sont tellement variées, chez les enseignants, que je marche souvent sur des œufs.

Je peux l’outiller pour l’apprentissage de ses mots d’orthographe, par contre.
Je lui présente et lui recommande d’utiliser le site d’apprentissage de l’orthographe de Allô Prof.
Comme la plupart des parents, la maman n’en avait jamais entendu parler.
L’enfant pourra mémoriser les mots à apprendre en tapant les lettres sur le clavier, plutôt que d’avoir à les former en calligraphiant.
(sa mère aussi croyait qu’en copiant les mots, il les apprendrait…)
On libère ainsi l’espace cognitif pour l’apprentissage de l’orthographe, plutôt que du sens du tracé des lettres.

Image
Source: http://bit.ly/1dxj4MW

De plus, le fait que l’enfant puisse apprendre ses mots de façon autonome augmentera sa confiance en lui.
Il en a bien besoin.

À suivre…
La maman a fait une demande pour que je puisse l’accompagner lors du prochain plan d’intervention.
Nous attendons la réponse de la direction. 

Marielle Potvin, orthopédagogue

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2 commentaires so far
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je partage votre article sur mon groupe FB. La dernière discussion en date s’en trouvera justement enrichie ! Merci

Commentaire par Cheval ARayures

Merci pour le partage 😉
D’ici peu, je vous ferai part de la suite.

Commentaire par mariellepotvin




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