Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Lettre à une jeune (presque) finissante en enseignement.
9 février 2014, 20:30
Filed under: formation, plaisir d'apprendre

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Bonjour à toi, que j’ai rencontrée vendredi dernier. La petite heure que nous avons passée ensemble m’a semblé bien courte.
J’aurais aimé te dire tant de choses…

Pour te connaître un peu, je t’ai d’abord demandé quels étaient tes modèles, en éducation. Je brûlais de savoir ceux qu’on t’avait suggérés, à l’Université.

Bien sûr, il peut y avoir ta mère, ton maître-associé, ou quelque enseignant que tu croises sur ton chemin. Mais tu ne connais pas Égide Royer, très peu Antoine de La Garanderie, si peu Howard Gardner, presque pas Rock Chouinard ou Jean Archambault.
Yves Nadon et Jean-Guy Lemery, j’ai pas osé…

Toi qui est dans une période cruciale du développement de ton identité professionnelle, quelle prof deviendras-tu, si tu ne t’inspires que de ce qui se fait déjà?  Comment pourras-tu innover, si tu n’as comme modèles que ce qui existe depuis longtemps et se perpétue, bien souvent au mépris de ce que nous savons maintenant, en éducation. Comment pourras-tu garder la passion d’enseigner, si tu ne fais que reproduire encore et toujours ce qui, bien souvent, ne marche pas?

Dans six mois, t’entendra-t-on demander aux élèves de recopier trois fois leurs erreurs dans leurs cahiers, sans jamais leur enseigner comment apprendre et mémoriser?  Iras-tu, de ton stylo, barbouiller leurs cahiers de rouge, croyant que tu es en train d’évaluer leurs connaissances?  Croiras-tu que parce qu’ils ont produit, ils ont appris?  Seras-tu démunie devant l’élève en difficulté? Sauras-tu reconnaître un trouble d’apprentissage? Un élève doué? Connaîtras-tu les subtiles différences entre l’élève anxieux et celui en déficit d’attention?  Quelles interventions mettras-tu en place pour créer un climat de classe sécurisant où il fait bon apprendre?

Nous devions parler des plans d’intervention. Savais-tu que dans certaines classes, devoir faire quatre, cinq, ou même six plans d’intervention n’est pas une chose rare? Certains commenceront à enseigner en en faisant un pour chaque élève à risque, alors que d’autres croient qu’on doive attendre que cet élève accuse deux ans de retard. N’est-ce pas un début de perpétuation des inégalités scolaires, déjà si présentes dans les écoles?  J’espère, d’une part, ne pas t’avoir découragée, et d’autre part, qu’on aura l’occasion d’en reparler. Entre temps, je te laisse quelques ressources pour que tu puisses te familiariser avec  tout cela afin d’être un peu plus prête à assumer ce qui t’attend.

Tu le sais, tu t’engageras bientôt dans une des professions les plus importantes qui soient, mais aussi parmi les plus difficiles. Puisses-tu avoir de bons repères auxquels te raccrocher, quand tu auras l’impression de ne pas pouvoir y arriver.

Puisses-tu avoir le vent dans le dos tout au long de ce merveilleux voyage.

*Je te parlais des ouvrages de Égide Qui? Royer:

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…et de d’autres ressources intéressantes pour toi:

-Un PIA (plan d’intervention adapté), qu’est-ce que c’est?

Pour aller plus loin au sujet du Plan d’intervention adapté:

Exemples de difficultés
Exemples de forces
Guide d’accompagnement à l’intention des parents

Communoutils.  Tu vas aimer, je pense  😉
Canevas de plan d’intervention:
Prends de l’avance, prends-en connaissance!

Un autre document intéressant:
Tu sais, quand tu n’arrives pas à dormir ;-)))

-Une autre belle ressource et finalement, puisque tu es étudiante en
éducation, tu peux en profiter pour bénéficier d’un abonnement gratuit
sur  »Mes grilles ».

Surtout, pose des questions, fouille, cherche, trouve et n’arrête jamais d’être curieuse.    Achale-moi!!     Gêne-toi pas 😉

Marielle Potvin
marielle.potvin@gmail.com
438-886-8141

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7 commentaires so far
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Effectivement toujours intéressant de te lire. Tu es vraiment une SUPER orthopédagogue. Très pertinente…
Nadine Caron

Commentaire par Nadine Caron

J’ai découvert votre site et si nous avions pu rencontrer quelqu’un comme vous il y a 3 ans… Vous parlez d’un plan d’intervention qui doit être établi dans l’année, c’est ce dont je me doutais… il faut quand même attendre quelques mois. Pour mon fils, son plan d’intervention a été décidé la deuxième semaine après son entrée en maternelle, suite à des bruits de couloirs et autres transmissions erronées de renseignements entre la garderie et l’école (et une observation d’une professionnelle). On ne sait pas vraiment comment, en tout cas, sans connaître notre fils, l’école avait décidé de l’étiqueter.
Départ immédiat de l’école, recherche de diagnostics. Le principal problème oublié, la faible vision de mon fils et un problème secondaire de focalisation découvert seulement il y a un an. Des années de souffrances… pour des lunettes complexes certes. Tout n’est pas gagné, même si parfois par ci, par là, on rencontre des gens qui vont chercher ailleurs (1 depuis un an), on est fier du chemin parcouru et surtout d’être orienté et d’avoir été orienté sur la bonne voie après avoir dépensé des milliers de dollars inutilement. Je souhaiterais plus d’imputabilité de ces personnes qui abiment nos enfants sur de simples impressions ou dans des cas rares certes, qui provoquent des situations pour appuyer leurs perceptions erronées. Personne a l’époque ne lui a laissé aucune chance, un dossier scolaire rempli dê bêtises (quand on sait ce dont il souffrait), établi en 4 jours puisque nous avons quitté cette école au bout de la deuxième semaine (et en plus avec une belle première semaine). Je me suis posée des questions comment il est possible de faire cela. Quant à la vision, j’ai vraiment découvert que le personnel enseignant et autres professionnels sont vraiment ignorants. Un enfant peut très bien voir et avoir des problèmes de focalisation. Un enfant peut-être déficient visuel moyen et avoir aussi ce genre de problèmes non détecté. Tout le monde s’en moque, nos enfants n’entrent pas dans les petites cases du Ministère (enfin des Ministères de l’éducation). Un exemple parmi tant d’autres lorsqu’on veut faire entrer nos enfants dans des petites cases. J’aime bien votre façon de voir les choses, vos conseils… Ah si nous vous avions rencontré il y a trois ans…

Commentaire par EV

Je comprends votre frustration. Il est vrai que ce genre de problème reste bien souvent ignoré des enseignants. Leur formation ne les prépare pas à déceler les difficultés perceptuelles de chacun des élèves. Le contexte dans lequel ils oeuvrent non plus.
Cependant, je me demande si vous aviez détecté cette difficulté chez votre enfant. Après tout, vous êtes la véritable spécialiste de celui-ci. Personne ne le connait mieux que vous.
J’ignore si vous avez communiqué vos observations aux enseignants.
J’espère maintenant que votre fils bénéficie d’un milieu qui lui est mieux adapté.
Merci de votre apport.

Commentaire par mariellepotvin

C’est en discutant avec des orthopédagogues qu’on m’a dit que ceux-ci auraient pu nous renvoyer chez l’ophtalmologue au lieu de nous enfoncer plus loin. Cela on ne le saura jamais. Mon fils va bien. Cela n’empêche pas que la procédure utilisée par l’école est totalement scandaleuse, surtout au bout de quelques jours.

Commentaire par EV

Merci pour ces excellentes ressources. Certains liens ne fonctionnent pas (exemples de difficultés, et de forces).

Commentaire par luca

Pourtant, quand je clique dessus, tout semble bien fonctionner. Serait-ce ton ordi qui bloque ces fichiers?
Quoi qu’il en soit, si tu me laisses ton adresse courriel, je te les ferai parvenir avec plaisir.

Commentaire par mariellepotvin

Bonjour,
Par le biais de divers liens depuis quelques temps déjà, je me suis retrouvée sur votre site. Je m’y suis de suite abonnée.
Je suis enseignante en France. Et je tenais à vous féliciter pour vos informations. Je me plais beaucoup à lire tous vos textes. Voilà 23 années que j’enseigne et je me remets beaucoup en question ces derniers temps surtout face aux sempiternelles réformes qui se suivent en France. Je reste curieuse de tout ce qui tourne autour de l’enseignement. Je me régale donc avec votre blog.
Le métier d’orthopédagogue n’existe pas en France. Nous avons des rééducateurs en diverses matières et des orthophonistes généralistes.
Je vais prendre du temps pour lire les applications des PIA que nous ne connaissons pas ici. Cela me semble bien intéressant. Nous avons des PPRE, des PPS, des PAI, des PAOA… mais pas de PIA !
Bonne continuation. Merci vraiment de votre enthousiasme contagieux que j’attrape au vol à chaque nouvel article.

Commentaire par Christine




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