Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


J’ai passé à TV !!
6 avril 2010, 20:58
Filed under: je me présente, orthopédagogie, ressources

Il y a quelques temps, Patrick Giroux, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, me demandait des précisions au sujet de mon travail d’orthopédagogue. 

C’est avec plaisir que je réponds, à lui et à ses étudiants, par une vidéo qui en explique l’essentiel.

Cliquez en haut , à gauche, lorsque vous arriverez sur la page. Il s’agit de la première émission de la saison.
 
Espérant que cette présentation vous apporte l’éclairage souhaité, n’hésitez pas à m’écrire, pour toute autre question.

Au plaisir,

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

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Coming out (3ème partie)
23 octobre 2009, 22:40
Filed under: je me présente, orthopédagogie, plaisir de lire | Étiquettes:

 

J’étais ce matin dans la classe de M. Pierre Poulin, en visite dans l’hyperclasse .  Belle expérience d’une rencontre avec des élèves d’une classe unique en son genre, et leur enseignant.  

 M. Poulin proposait aux élèves un choix entre deux sujets de recherche, soit les Jeux Olympiques et l’Expo 67.  Images à l’appui,  je me suis instantanément souvenue de cet été ’69 , que j’ai en grande partie passé au Pavillon de la France de cette même Exposition.  Le Pavillon de la France, MMMadamme !!!!!   C’était, pour l’époque, une des plus intéressantes bibliothèques qu’il m’ait été donné de fréquenter. Et sûrement la plus belle collection de BD au monde !  Tout y était, et j’y ai tout parcouru. Gaston LaGaffe, Astérix, Tintin, Achille Talon, Bécassine, nommez-les, ils y étaient.

Je m’étais débrouillée pour obtenir un passeport pour mon anniversaire, à l’été de mes 12 ans. J’avais de bons arguments:  je descends au métro Île Ste-Hélène et je me voilà rendue. Partout, des guides peuvent m’indiquer mon chemin sans que j’aie l’air perdue. C’était normal d’avoir l’air perdue, à cette exposition 😉

Mme Louise avait si bien fait son travail que je pouvais maintenant lire presque couramment. D’exercices de suites séquentielles en activités de conscience phonologique, d’activités de discrimination entre le u et le n, le b et le d , les accents aigus et graves, un monde venait de s’ouvrir à moi.  Elle avait même eu l’ingéniosité de me faire dessiner des lettres géantes au tableau noir, avec une guenille mouillée, trempée dans un seau.  Mme Louise savait que le corps se souvient.

Je n’étais pas la seule à détenir un passeport, cet été là.  Il est arrivé à quelques reprises qu’on m’aborde pour me demander une information. Me voyant toujours au même endroit, chaque fois qu’ils y venaient, certaines personnes ont cru que j’y travaillais, malgré mon jeune âge.  Je m’étais fait comme un nid, un endroit de prédilection près d’une grande baie vitrée d’où le soleil ne tapait jamais trop fort, qu’on soit à 10h du matin ou à 4h de l’après-midi. C’est ça, je devais bien y lire six heures par jour.

Au début, je me souviens que je m’attardais surtout aux bandes dessinées. Comme dépannage, je me servais des images.  Graduellement, je me suis mise à dévorer toute la Bibliothèque Rose, Bleue et Or,  et les classiques de la Comtesse de Ségur. Puis, d’autres romans ont suivi, en particulier ceux de la collection « J’ai lu ». Probablement avec un peu de butinage ici et là, j’en vins à la fin de l’été à m’y promener en ayant l’impression d’avoir à peu près tout lu.
Au moins d’avoir parcouru.

Forte de cette nouvelle habileté, j’allais aborder le secondaire avec autant (sinon plus) de culture livresque que la moyenne des élèves de mon âge. Il était temps, car je faisais partie de la première cohorte, au Québec, à passer de la 6ème année directement au secondaire. Avec un tas d’amis, mais toujours en solitaire.

Je venais d’acquérir le bien qui me serait le plus précieux . Et l’impression de l’avoir échappé belle.  Je suis passée, en septembre de cette année-là, d’une grande pas-de-talent à une des élèves les plus cultivées de mon âge, je crois. 

À douze ans, on ne pense pas à dire merci. Ma route s’est poursuivie sans que je n’aie  jamais tenté de revoir Mme Louise.  J’avais tellement de chats à fouetter au secondaire, avec mes plans A et mes plans B !

Ce n’est que quelques années plus tard, quand vint le moment d’effectuer un choix de carrière, que j’ai repensé à elle.

Mme Louise avait tracé le chemin que je suivrais toute ma vie.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
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Coming out (2ème partie)
21 octobre 2009, 22:58
Filed under: je me présente, orthopédagogie | Étiquettes:

École St-Édouard, Montréal. Classe de 6ème année de Mme Louise Latraverse

Quand j’étais en 3ème, j’ai compris que quelque chose en moi était différent. Je venais de prendre conscience de ma difficulté à me situer dans l’espace. Évidemment, j’étais à l’âge où petit à petit, l’enfant commence à prendre ses distances de la maison.  Aller chez Perrette était un exploit,  je me perdais au retour du parc qui n’était pourtant qu’à deux pâtés de maison de chez moi.  Les adultes pensaient même que je le faisais exprès, me voyant  rentrer bien après la tombée du jour d’une promenade à bicyclette.

Je n’arrivais pas à respecter les délais, je me faisais gronder pour mes nombreux retards et je commençais à éviter les sorties.  Personne n’avait encore compris que contrairement à la plupart des gens, je n’arrivais  pas à me représenter mentalement un plan et que ma notion du temps était déficitaire.

Mais comme je ne savais ni lire ni écrire en 6ème année, ce problème était relayé, disons-le comme ça, au second plan … Entendons-nous, je pouvais décoder certaines lettres. Mais lire couramment et comprendre ce que je lisais n’étais pas à ma portée. Dans le temps, on plaçait les personnes comme moi au fond de la classe, question de mieux nourrir pédagogiquement les élèves qu’on disait plus douées. C’était une façon de faire qui était très courante chez les religieuses, pas plus à St-Édouard qu’ailleurs.

Mais Soeur Ste-Marie-de-je-ne-sais-plus-quoi nous a quitté aux vacances de Noël, pour accéder à une retraite bien méritée. C’est Mme Louise qui l’a remplacée.
Je me souviens que ce matin-là, avant de descendre de la voiture, je l’ai vue embrasser son mari. Devant toutes les élèves de l’école ! 
Rien qui s’éternise, mais quand même, un baiser. Les enseignantes avaient donc une vie…  

J’entrais donc en classe avec ces pensées troublantes. Et est-ce que les autres soeurs l’avaient vue , elles aussi ?  Elle se ferait sûrement mettre à la porte.
Je n’ai évidemment rien compris de ce qu’elle nous a dit alors, tant j’étais absorbée à assimiler ce que je venais de voir. Son attitude et sa façon de s’adresser à nous me laissait cependant entrevoir que ça pourrait bien se passer. Si elle conservait son emploi…

Elle le conserva. Et il ne lui fallut que quelques jours pour me repérer.

Au début, elle me demanda de rester à la récré, puis de revenir plus tôt du dîner.  J’ignorais pourquoi je recevais tant d’attention de sa part, mais  j’allais bientôt découvrir que Mme Latraverse, avant d’être engagée comme enseignante, avait été faire un voyage (de noces, que j’imaginais ;-)… en Europe. 
Qu’elle avait étudié avec Mme Borel-Maisonny, pionière de la méthode phonétique et gestuelle. La profession d’orthopédagogue n’existait pas encore au Québec. Ce n’est que vingt ans plus tard que lentement, on recevrait  des influences de ce qui se tramait déjà depuis plusieurs années de l’autre côté de l’Atlantique. 

La première fois, elle placa trois petits blocs de couleurs différentes et me demanda de continuer la suite. 
– Bleu, blanc, rouge. Qu’est-ce qui vient après? 
-Je ne sais pas, Madame. 
J’ignorais totalement comment choisir la couleur qui viendrait après. Comment savoir si ce devait être telle couleur  plutôt qu’une autre ?

Mme Latraverse avait compris que je ne maîtrisais pas ce qu’on appelle les suites séquentielles. Avec patience, de plus en plus de jetons et de perles à enfiler (des macaronis qu’elle peignait elle-même) , j’en vint à maîtriser des séquences de trois, cinq et même sept éléments.

Mais je ne savais toujours pas lire.  Je savais écrire, par contre.   Dommage, personne n’arrivait à me lire 😉 

Je n’ai jamais  su pourquoi  on ne m’a jamais fait doubler, mais je soupçonne que c’est parce que j’étais plutôt grande, pour mon âge.  C’est ce que mes parents, qui n’y comprenaient rien, m’avaient mentionné, il me semble. Et puis, à l’époque, on n’en faisait pas tout un plat.

Je pourrais faire un cours en économie domestique, et c’est tout. Les jeunes filles ne rêvaient , tout au plus, qu’à embrasser un mari avant d’aller enseigner. Ou soigner quelqu’un à l’hôpital.

(à suivre)

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
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Coming out (1ère partie)
20 octobre 2009, 22:16
Filed under: je me présente | Étiquettes:

couloir 

 École Jean-de-BrébeufVille de Jacques-Cartier. 1965
 3ème année B.

Mme Fleurant m’accorde le privilège d’aller porter les cartes d’absences au secrétariat .   Toute fière,   je m’exécute avec le plaisir d’une enfant de 8 ans à qui on vient de  demander de sortir de la classe. Comme une grande !
J’allais découvrir ce matin-là que j’étais différente. On l’est tous. C’est vrai. Comme on est tous égaux. Mais quelqu’un a dit un jour que certains sont plus égaux que d’autres 😉

Une fois rendue à destination, je m’acquitte de ma commission. En me retournant, j’ai comme une révélation. C’est là que tout a commencé.  Un long couloir de portes toutes semblables. Fermées.  Je commence tout de même à avancer, sans succès. Pas moyen de savoir comment me retrouver . Ma classe est-elle à  gauche, à droite, près ou loin du secrétariat ? … Même la statue de la bonne Ste-Anne n’a pas pu m’apporter une réponse.  Je n’avais pas encore appris à compter mes pas.  
Les longues minutes suivantes, je les ai passées cachée dans la salle de toilette, craignant de me faire gronder par une institutrice qui m’aurait aperçue. Je savais que j’avais l’air de flâner.
Heureusement, le corridor s’est remis à vivre. En silence, les filles sont toutes sorties des classes et j’ai commencé à reconnaître certains visages, pas très loin d’où je me trouvais. Comme les autres, j’ai pris ma veste , ma balle bleu-blanc-rouge ou mon BOLO et suis sortie avec les autres.

‘J’ai un beau château, matantirelirelire, j’ai un beau château, matantirelirelo…’    Des fois, je faisais exprès de lancer ma balle de l’autre côté de la clôture Frost qui séparait le côté des gars et le côté des filles. Mon frère, un grand de 7ème, connaissait ce manège mais il me la relançait toujours.  Avec un air exaspéré 😉

Les rangs se reformaient ensuite en quelques minutes . Bien droits. Bien silencieux. L’entrée des 1ère année, des 2ème , la 3ème année A, puis  notre classe.  Facile, je n’avais qu’à suivre.  Comme je n’avais qu’à suivre mon grand frère ( parfois à son corps défendant) pour me rendre et revenir de l’école.

L’incident du matin m’avait troublée, mais je n’en parlais pas tout de suite à mes parents. On n’a pas toujours les mots, à 8 ans.
C’est à ce moment, cependant, que j’ai commencé à faire des plans.  Plan A et plan B.  Je suis devenue très habile en plan A et en plan B.

Au secondaire, j’étais déjà bien habituée.  Le premier jour, j’étais très occupée. Fallait reconnaître mon plan A et mon plan B , dans chacun de mes cours. Au cas où le plan A serait absent. Vous me suivez?  Bien ! Pour une fois que c’est pas moi ;-))) 

Le matin, le midi, durant les pauses, toujours. Mon plan A est là. Je le suis. Il se rend au cours de maths.  Une vraie filature. Des fois, il fait des détours. Ne pas se faire remarquer.
Il ou elle est pas là.   Plan B.   Excetera. 

Ce serait drôle, comme ça, si ça m’avait pas empêchée de socialiser.  Parce que jaser, quand tu suis un plan A ou B, c’est pas donné.  Je dois me concentrer. Qu’on soit en septembre ou en mai.

(à suivre…)

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Je me présente…
7 août 2009, 02:34
Filed under: je me présente, Une fois c't'un prof...

 

 

 

 

 

 

Parce que la meilleure façon de penser, c’est d’écrire …

Tête chercheuse et curieuse. Orthopédagogue de formation, elle obtient en 1984 son diplôme en adaptation scolaire et sociale. Depuis, elle s’intéresse de très près aux approches novatrices en pédagogie, de l’enseignement stratégique à la gestion mentale, en passant par les intelligences multiples et bien d’autres aspects de la pédagogie.

Femme de coeur, elle a développé une expertise particulière en ce qui concerne les problèmes motivationnels chez les enfants et les adolescents.

La formation continue a toujours tenue une place importante dans sa carrière. Elle a été au fil des ans titulaire de classes d’élèves en difficulté, d’apprentissage ou de comportement. De classes qu’on dit  ‘régulières’  aussi.  Au primaire et au secondaire.

En février 2006, elle se rend bien compte que c’est peine perdue, l’organisation scolaire actuelle et l’implantation de la réforme, à laquelle elle est si favorable, ne feront pas bon ménage avant longtemps.

Son intérêt pour les processus d’apprentissage ayant toujours été au cœur de ses préoccupations personnelles et professionnelles, c’est avec enthousiasme qu’elle oeuvre maintenant auprès des élèves en difficulté,  en consultations individuelles. Ses interventions sont principalement axées sur les procédures et stratégies d’apprentissage efficaces, ce qu’on appelle   »apprendre à apprendre ».

Conférencière, formatrice et personne-ressource auprès de plusieurs équipes-écoles, elle utilise des outils technologiques de pointe pour aider les élèves qui lui sont référés à vivre des succès.

Membre en règle de L’ADOQ (Association des orthopédagogues du Québec)
et de L’AQETA (Association québécoise des troubles d’apprentissage)

Une pensée qui l’inspire:
 »Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible… » Antoine de St-Exupéry

 

Pour la joindre: 438 886-8141
marielle.potvin @ gmail.com