Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Pourquoi tu dis TU ???
4 mai 2010, 18:22
Filed under: influences, langage, Une fois c't'un élève... | Étiquettes:

Toujours pareil…

Je lui avais dit : Écoute bien ce que je vais t’expliquer, parce qu’après, je vais te le redemander.

Tout va bien. Elle écoute. Elle comprend. Elle mémorise avec l’intention de me redire.

Puis, elle commence:    » Ben, tu (identifies-soulignes-repères-cherches-lis-entoure-cliques) peu importe.

Toujours, je lui réponds:    Moi, je fais ça ???


La première fois, elle me regarde l’air un peu surpris. Elle n’avait pas réalisé.

Non, me dit-elle.  Moi je le fais.

« Alors, exprime-toi en commençant tes phrases par JE… »

Ensuite, elle s’habitue. C’en est souvent très drôle, de constater comme cette habitude est ancrée.

L’emploi du TU est partout. TU remplace le On et le JE, on dirait.

Moi, ça m’agace.   J’ai l’impression que ça désengage l’élève.
Remarquez ce phénomène, dans les jours qui viennent, et dites-moi…

Suis-je la seule ?

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181




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Cauchemar à l’école
28 octobre 2009, 11:18
Filed under: ambiance, Une fois c't'un élève... | Étiquettes: ,

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du film d’animation!

Je vous propose Cauchemar à l’école, de la cinéaste Catherine Arcand.

À un rythme vif et par une symbolique rappelant Alice au pays des merveilles, l’univers fascinant de M.C. Escher et les ludiques trompe-l’oeil de Chuck Jones, la cinéaste Catherine Arcand nous plonge au coeur des tourments de l’élève terrifié à l’idée d’aller donner une présentation orale sur sa passion : la chimie.

Peur des moqueries, de l’autorité, peur de se tromper  ou d’être en retard. Qui n’a pas un jour éprouvé les états d’âme du héros de Cauchemar à l’école?
Même grand, on se sent parfois minuscule, écrasé par un devoir ou en quête de repères.

Cauchemar à l’école nous transporte dans une école hallucinante, nous fait vivre la faiblesse de l’enfant angoissé, puis l’espoir, le courage retrouvé grâce à la complicité des pairs. Décors somptueux, animation fluide et expressive, humour, suspense : un joli portrait de l’angoisse.

Celle-ci dévorera-t-elle tout cru l’enfant qui a perdu confiance en lui? Un voyage hallucinant dans les entrailles de l’école, devenue subitement le lieu de toutes les peurs. Un cauchemar dont on sort heureusement vivant, grâce aux amis!

Bon visionnement 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

 



De la bagasse en classe !
16 août 2009, 12:23
Filed under: rentrée scolaire, Une fois c't'un élève... | Étiquettes:

 Entendu hier chez Bureau en Gros:

– »Ben voyons maman, tu connais pas ça ?
 C’est les résidus fibreux, qui restent quand on a broyé la canne à sucre pour en faire du sucre. 
 C’est aussi bien que le papier ordinaire, et c’est meilleur pour l’environnement. »

Il devait avoir 10 ou 11 ans.

Comme bien des parents, ceux de ce garçon avaient  une pensée écologique quand venait le temps de faire l’achat du matériel scolaire.
Cependant,  on peut constater que peu de produits dits écologiques sont clairement identifiés. C’est donc tout un apprentissage à faire !

Les célèbres cahiers Canada contiennent des fibres recyclées, m’a-t-on dit.   Mais rien sur l’emballage ne l’indique.
Des cahiers de notes produits à partir de la bagasse, un résidu de la canne à sucre, et des ciseaux dont les poignées sont constituées à 70  % de plastique recyclé ne sont que deux exemples.
Des cahiers d’exercice du fabricant Hilroy contiennent aussi 30  % des matières recyclées.

Continuant mes recherches, j’ai appris que Bureau en gros  a pris le virage vert, depuis quelques années : http://bit.ly/tRR1Y
et offre un programme de recyclage des cartouches d’encre et de toner dont pourrait bénéficier
une école de votre communauté  :http://bit.ly/TQZxo  de même que ses fournitures scolaires http://bit.ly/tRR1Y

Ce sont bien évidemment des  gestes qui comptent, mais il me semble que l’évolution se fait plutôt lentement au ministère de l’Éducation. 
Voyons voir: Le ministère  n’a aucune exigence quant au papier sur lequel sont imprimés les manuels scolaires .  Hum…

Certains manuels, surtout destinés aux élèves du niveau primaire, sont imprimés sur du papier contenant des fibres recyclées. Les enfants prennent souvent part à des activités en lien avec l’environnement.
Il serait donc de mise que les manuels scolaires puissent servir d’exemple.  Et quand on pourra réduire la masse de ces manuels, qui seront remplacés par des informations en ligne,  projetées sur TBI, ou auxquelles les enfants auront accès directement sur un portable, ce sera encore mieux…

 D’ailleurs, on se rendra bien compte, tôt ou tard, que les manuels sont souvent désuets dès leur sortie des maisons d’éditions. Je vais pas me faire des amis en disant cela, mais je pense que ces manuels constituent des carcans plus souvent qu’autrement.

Je me souviens encore de janvier 2004. 
Un tsunami venait de  frapper  l’Indonésie, les côtes du Sri Lanka et du sud de l’Inde.
Responsable d’un groupe de 1ère secondaire dans le cadre du projet  ‘Agir autrement’,  j’ai proposé à l »équipe de parler de l’événement quand nous sommes revenus du congé des Fêtes.
Les possibilités d’exploiter le sujet me semblaient évidentes : situations de lecture, d’écriture, sciences, géographie, et j’en passe.  Tout y était.   

Vous avez pas idée de la résistance que cela a causé. Le prof de français avait déjà des textes de planifiés pour janvier, et le prof de sciences verrait, bien entendu, des connaissances relatives aux plaques tectoniques… mais en mai, comme prévu dans le manuel ! 
En janvier, voyez-vous, on fait la dissécation du poisson, because examens là-dessus à la fin de l’étape.  Un carcan, je vous dis.

On pourra parler de motivation scolaire en long et en large, tant qu’on perpétuera des approches pédagogiques n’ayant que peu de liens avec la réalité de l’élève, on gaspille encre et salive.
Fermons la parenthèse, pour le moment.

Revenons donc à nos moutons notre sac d’école, heureuse initiative de Sesco : http://www.lesacdecole.com/  
Une référence en matière de manuels usagés. 

Et aussi:

La compagnie Pilot fabrique des stylos faits à partir de plastique recyclé à 100%, les BeGreen.
Au Québec, on peut s’en procurer chez Fournitures de bureau Denis.

La Coop ‘La maison verte’  sur la rue Sherbrooke à Montréal, offre  quelques articles qui sont disponibles en ligne :
http://bit.ly/fPxjK

Et voici quelques-uns des produits les plus branchés et les plus écologiques pour la rentrée scolaire de 2009 :

Cahiers de notes naturels – Ils sont fabriqués avec des fibres de bagasse, un résidu de la canne à sucre, ainsi qu’avec des encres végétales et à base d’eau.
   Bureau en Gros commercialise sa propre gamme de cahiers de notes qui contiennent jusqu’à 80 % de bagasse;

Cahiers d’écriture – Ceux de marque Hilroy contiennent 30 % de déchets après consommation et d’encres écologiques;

 *Les retourner au bac bleu une fois utilisés, c’est encore mieux !

Ciseaux Westcott KleenEarth – Leurs poignées contiennent 70 % de plastique recyclé. Elles sont traitées au Microban qui assure une protection antibactérienne;

Couvertures de rapport biodégradables – Ces couvertures ne sont pas seulement réutilisables, elles sont biodégradables. Lorsqu’elles sont usées, vous pouvez les jeter car elles contiennent un additif de cellulose à base d’amidon qui les rend biodégradables. Bureau en Gros possède sa propre marque de couvertures de rapport.

Cartables en carton gris 100 % recyclé – Ces cartables sont élégants et écologiques. Ceux de marque Avery sont particulièrement intéressants.

Et pourquoi ne pas magasiner en ligne?   Vous trouverez la majorité de ces produits sur ce site de Bureau en Gros : www.simple.bureauengros.ca.

Bref, pensez vert, pour la rentrée scolaire:  http://bit.ly/41McND
Pour les piles ou les stylos, tournez-vous vers des produits rechargeables.
Complétez vos achats avec une calculatrice à énergie solaire.

Lorsque l’école reprendra, accordez une attention particulière à la
préparation des collations. Chaque jour, glissez une petite leçon de
développement durable dans la boîte à lunch de vos marmots, en choisissant
par exemple des récipients réutilisables au lieu des cannettes et des emballages plastiques. 

Optez pour des articles offerts en vrac. Ils sont souvent moins chers et moins emballés.

M’est revenue en mémoire l’expression qu’utilisait  Félix Leclerc pour parler de l’enfance:   Il appelait ça   ‘la repousse’  😉
J’aime bien. Et il y en a qui sont bien partis !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450-687-8181

 



Sans cédille
13 août 2009, 10:20
Filed under: humour, Une fois c't'un élève... | Étiquettes:

Une fois c »t »un élève…  qui s’appelait Francis.
Quand on lui demandait son nom, il répondait  »Francis sans cédille » .

Je suis donc allée chercher ce petit bijou (ne soyez pas snobs… allons!)    
  http://bit.ly/5uGxu

Je vous fais cadeau des paroles, en plus:

Je voudrais profiter de l’occasion
Pour vous mettre quelque chose au clair
Pendant qu’j’ai toute votre attention
Dans l’espoir d’allumer des lumièresUn rappel pour tous ceux qui ont dormi
Dans les cours de français au primaire
ça s’adonne que C et i ça fait ci
Et c’est une question de grammairePeut-être qu’y a pas de fautes dans les noms
Mais c’est une règle sans exception
Francis ça s’écrit sans cédille
Francis ça s’écrit sans cédille AaahFrancis ça s’écrit sans cédille
C’est si simple à se souvenir
Comme Francine ou Cindy ou Cécile
Ceci, saucisse ou CincinnatiMe semble c’est pas si compliqué
« C » « E » : CE
« C » « A » : CA
« C » « I » : CI
On vous l’a pas assez expliqué
« C » « O » : CO
« C » « U » : CU
C’est tu clair?

J’veux pas juste être différent
Comme mettre Ph à Florent
Mêlez-moé pas avec François
Lui sa cédille a d’affaire là

J’pèterais peut-être pas ma coche
Si vous écriviez pas tout croche
mais Francis ça s’écrit sans cédille
Francis ça s’écrit sans cédille 

Francis ça s’écrit sans cédille
C’est si simple à se souvenir
Comme Francine ou Cindy ou Cécile
Ceci, saucisse ou Cincinnati
Tout l’monde!!!

Francis ça s’écrit sans cédille
C’est si simple à se souvenir
Comme Francine ou Cindy ou Cécile
Ceci, saucisse ou Cincinnati

      Chanson de Francis (sans cédille) Greffard

 

Avertissement: Il se peut que cette ritournelle vous habite plus que prévu.

Bonne journée!

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Le désordre alphabétique

 

C’était une petite qui avait terminé sa 1ère année. Tout l’été, ses parents ont hésité… Doublera?   Doublera pas ?

Nous avons parlé de ses amis:  TO et MA     Lisez   Théo  et Emma…

Voulant bien faire, son enseignante au préscolaire, celle en 1ère année et ses parents s’étaient fait un devoir de lui apprendre l’alphabet, dès son jeune âge. 
Entre vous et moi, à quoi ça sert, l’alphabet, si ce n’est que pour chercher dans le dictionnaire ? 

Pourtant, bon an mal an, on s’attend à ce que les enfants qui se présentent en première année connaissent l’ alphabet, et dans l’ordre s’il-vous-plaît…
Or, ne vous en déplaise, il s’agit d’une pratique plutôt discutable. Voyez-vous,  de 10 à 15% des élèves du primaire ont des difficultés d’apprentissage de la lecture,
et la principale cause de ces difficultés réside dans le manque de maitrise de la conscience phonologique.

La conscience phonologique désigne l’habileté à découper les mots en sons, ce qui permet de manipuler les syllabes, d’en ajouter, d’en retrancher ou encore de comprendre les rimes.

Cette habileté va plus loin que la seule découverte des syllabes et comprend la notion de phonème, soit la plus petite unité du langage parlé incluant l’articulation des consonnes et qui est à la base du décodage de l’écriture (le mot maison, par exemple, comporte deux syllabes et quatre phonèmes: m-è-z-on).

Cette conscience se développe normalement vers quatre ans et est essentielle à la lecture puisqu’elle est à l’origine de la transcription des sons.
Plus cette conscience est avancée et constitue un automatisme, plus les autres tâches de lecture seront facilitées.
Certains enfants n’y sont pas parvenus à six ans, ce qui entraine pour eux non seulement des difficultés de lecture mais également des retards dans tous les autres apprentissages.
Notons qu’il est plus facile pour l’enfant d’associer une lettre au son qu’elle produit, pour ensuite en apprendre le nom, que l’inverse.

Donc, si on revient à notre petite, dès que je lui ai fait lire quelques mots et que je l’ai fait écrire, il est apparu évident, autant à sa mère qu’à moi, qu’il y avait confusion au niveau du nom des lettres et du son produit par celles-ci.  Avec pour résultat que l’enfant produisait des écrits incompréhensibles.  Le mot bébé, par exemple, s’écrivait bb.   Le mot céleri  devenait cle…  La lettre ri n’existe pas, me dit-elle…

En fait, il n’y avait qu’avec les voyelles qu’elle se débrouillait tout à fait bien.  Or, ce sont les seules lettres qui se prononcent exactement comme leur nom 😉   

Il ne m’en fallait pas plus pour l’aider à reconstruire sa conscience des syllabes et des sons.  Je me suis servie d’un logiciel produit par Mme Marine Blondeau, orthophoniste: 
Phono- Quizz     http://bit.ly/8B6qo   
En trois rencontres, il a été possible que cette enfant, dont on soupçonnait une dyslexie, puisse avoir accès à la lecture et à l’écriture.
Son seul problème résidait véritablement dans le fait qu’elle confondait les sons des lettres avec le nom de celles-ci.  Ce n’est pas, et de loin, la première fois que je constatais cette difficulté chez un élève de cet âge.

Rappellons-nous:  un son, ça s’entend.   Une lettre, ça se voit . 

Toujours est-il que cette élève entreprendra sa deuxième année très bientôt. Il y a encore des apprentissages à consolider, mais avec un peu de pratique  chaque jour, elle va s’en tirer.

Je n’encourage personne à enseigner l’alphabet aux moins de sept ans.  Même si c’est bien mignon …

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



La classe de 5ème
10 août 2009, 20:49
Filed under: Une fois c't'un élève... | Étiquettes:

L’autre jour, j’ai reçu en consultation un élève de 15 ans . Il entreprendra cet automne sa 3ème secondaire et malgré un trouble d’apprentissage diagnostiqué, un redoublement au primaire et beaucoup plus de travail que la moyenne des jeunes de son âge, il a des buts bien précis quant à son avenir.

Il faut bien sûr continuer de l’épauler, non pas en tentant de lui faire acquérir une multitude de connaissances, mais bien en lui proposant des outils d’aide à la rédaction (Antidote et Word-Q, par exemple), en lui montrant comment s’en servir et en le supportant énormément au niveau de l’estime de lui-même.  

Jusque là, tout va bien. Je n’ai pu m’empêcher de réagir quand, en soirée, une annonce à la télé nous rappelle que l’émission ‘La classe de 5ème’ reprend sa programmation en septembre.Je n’ai rien contre le concept, remarquez. Vous me direz que la compétition fait partie de la vie. Jusque là, ça ne me chiffonne pas trop.

Là où le bât blesse c’est quand, dans la présentation de cette émission, on nous demande si on est  »plus brillant » qu’un élève de 5ème…  Un bel exemple de confusion entre réussite et intelligence.  http://bit.ly/1afSCT
Ce malentendu, tellement galvaudé dans nos écoles et un peu partout, incite encore les gens, y compris les 10% des personnes atteintes d’un trouble d’apprentissage, à croire qu’elles sont moins  »intelligentes » que la moyenne.  Ce qui est tout à fait faux. http://bit.ly/FiXZl

 Même que dans la définition officielle d’un trouble d’apprentissage, il est exclu  que les personnes qui en sont atteintes aient un quotient intellectuel inférieur à la moyenne.  Ce qui ne veut pas dire que les personnes atteinte d’un handicap intellectuel ne peuvent pas être aussi diagnostiquées en trouble d’apprentissage, mais dans ces cas, c’est le diagnostic de déficience intellectuelle, même légère, qui prévaudra. voir http://bit.ly/VviV0

Parfois, ce sont les détails comme ceux-là qui font toute la différence. Ses parents peuvent l’assurent de leur amour et de leur fierté. Je  tente de le convaincre que son intelligence n’est pas remise en question, lui brandissant les tests d’évaluation  passés chez le psychologue, il n’en reste pas moins que chaque fois qu’il entend un message de ce genre, ce que nous en disons ne fait pas toujours le contrepoids.

Qu’en pensez-vous ?

Marielle Potvin, orthopédagogue



Livraison spéciale
9 août 2009, 00:08
Filed under: Une fois c't'un élève... | Étiquettes:

Ce matin-là, je n’eus que le temps d’enfiler mon peignoir. Encore toute endormie, je regarde par la fenêtre .
Dis donc, je ne les attendais pas de si bon matin…

J’ouvre donc à un grand colosse de près de 2 mètres qui me tend le formulaire à signer et un crayon. Jusqu’ici, je ne pense qu’à mon nouveau canapé, que j’attends depuis des semaines, quand j’entends un retentissant ”Madame Marielle !”
Il venait de me reconnaître, alors que moi, et sans mes lunettes, je n’y voyais pas grand-chose.

Je n’habitais  plus la région de son enfance depuis longtemps.  Je ne m’attendais pas à revoir un de ces gamins de troisième année à qui j’avais enseigné quinze ou seize ans auparavant. L’espace d’un instant, tout nous est revenu en mémoire…

C’était un des premiers lundis de mai. Charles m’était arrivé avec le bras droit plâtré jusqu’au coude. Madame Marielle, me dit-il, je ne pourrai pas beaucoup écrire cette semaine…
Après avoir raconté son accident de vélo à toute la classe,  je leur demandai ce qu’ils connaissaient des règles de sécurité qui entourent cette activité. J’avais bien remarqué qu’à la campagne, les parents ne semblaient pas trop insister sur le port du casque. Toujours est-il que nous nous sommes retrouvés à énumérer les règles de sécurité. Ce fut notre première situation d’écriture de la semaine.
Puis, durant ma pause, je suis allée  chercher la liste qui en avait été faite sur Internet par Transports Canada, je crois. Nous les avons ensuite comparées avec celles trouvées par les élèves.
Évidemment, en y ajoutant le port du casque .  Quand ça vient pas de nous…;-)

Le lendemain, Charles nous a apporté sa radiographie. Comme je me m’y connaissais pas assez (comme c’est agréable de jouer l’innocente, des fois)  pour répondre à toutes les questions des enfants, ceux-ci ont demandé s’ils pouvaient, ce soir-là, trouver les noms des os. Je leur ai aussi demandé de faire aussi une petite recherche pour conseiller Charles au sujet des aliments qui peuvent aider à la recalcification des os. Voilà pour les devoirs.
La petite Véronique nous dit qu’elle connaissait ça, les os, puisqu’elle allait parfois chez le chiropraticien.

Encore une porte qui s’ouvre… Qu’est-ce qu’un chiropraticien?  Aimerait-on en inviter un ? Deuxième situation d’écriture, faut bien l’inviter, ce monsieur. Comme Véronique m’avait refilé son numéro, je le contacte. Gentil comme tout, il me propose de faire  ” une clinique sur le port du sac à dos” .   Excellent.  J’intégrerai aussi des notions de maths, puisque chaque élève sera pesé avec et sans son sac à dos. Ce professionnel prodiguera des conseils sur la posture à adopter en classe en démontrant l’importance à y accorder à l’aide de son fameux OSCAR !

Pendant que les enfants passaient un à un sur le pèse-personne, une équipe faisaient les soustractions nécessaires pour déterminer si le sac était trop lourd ou pas. Une autre équipe était chargée de donner les conseils au sujet de la façon de placer livres et cahiers dans le sac, et en vérifier l’ajustement des bretelles. Une autre  faisait une grille de  mots croisés sur le thème de la chiropractie.
La classe bourdonnait comme une ruche.
Bien sûr, quelqu’un s’était proposé pour écrire à la place de Charles, et tous y sont allés de leur petit mot sur son plâtre.

Comme d’habitude, le vendredi arriva. La dictée fut donnée à partir des règles de sécurité à vélo. Nous avons aussi fait d’autres soustractions, même avec emprunts sur les zéros. Écrit quels aliments pouvaient fournir le calcium nécessaire à la recalcification des os. Ne nous restait qu’à écrire, collectivement, un mot de remerciement au chiropraticien. Et lui dire ce que nous avions appris de nouveau.

Le temps que je lui remette son stylo, nous avons échangé quelques mots.
Charles  a entrepris l’automne dernier un cours à l’UQTR.    En chiropractie.

J’ai regardé le grand camion s’éloigner.
Je me suis servie un grand café et ,
confortablement lovée dans mon nouveau canapé,
j’ai goûté ce qu”on appelle
une tranche de bonheur.

Marielle Potvin,  orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438-886-8141