Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Triste jour.
14 octobre 2010, 20:05
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Je me suis levée ce matin en me rappelant qu’il y a un an, jour pour jour, j’écrivais ici un billet dont je suis encore satisfaite, contre vents et marées.

Je ne me doutais pas que quelques jours plus tard, un huissier sonnerait chez moi pour me remettre une mise en demeure, que je recevrais en étant fière de n’avoir pas eu peur et d’avoir osé écrire.

Ah, il en a suscité des réactions, c’est parfois ce qui arrive quand on ne fait pas dans la guimauve.

On aimerait croire qu’on peut faire confiance, que l’école donnera à nos enfants le minimum de services dont ils ont besoin pour leur réussite.

On aimerait croire…

On aimerait penser que ces services vont de soi, que tout est mis en œuvre pour apporter à chacun les meilleures chances.

On aimerait le penser.

Mais on sait, quand on frôle de près la situation, que telle n’est pas la réalité. Les parents qui ont un enfant en difficulté le savent, en tous cas;
et personnellement, il me serait bien difficile de penser différemment.

Ils sont nombreux, à offrir à leur enfant des services (dont les miens) qu’ils devraient recevoir à l’école.

Plusieurs échangent deux demi-heures/semaine d’orthopédagogie à l’école, en groupe de trois ou quatre enfants, contre une heure/semaine de consultation et d’intervention orthopédagogique avec moi ou avec un autre professionnel. À leur frais. Quand ils en ont les moyens.

Ce matin, j’ai eu une pensée pour eux. Ils devaient se sentir bien seuls, quand ils ont appris que les droits de leurs enfants étaient encore une fois bafoués, que leur désarroi était encore une fois ignoré.

Parmi les 30 % de décrocheurs que nous avons au Québec, je me demande parfois combien ils sont, ces enfants dont le succès scolaire est irrémédiablement mal parti.

Je commémore tristement la parution de ce billet, que j’aurais bien préféré ne jamais avoir eu à écrire.

Marielle Potvin, orthopédagogue

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Le ver est dans la pomme
13 septembre 2010, 10:08
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Pendant que je prenais congé de la planète, durant une toute petite semaine, il s’en est passé, des choses!
Je fais la revue de presse et plusieurs d’entre elles attirent mon attention.
Au TOP numéro un cette semaine,  Apprendre de ses erreurs, publié dans « Le Soleil », par Brigitte Breton.

Je ne peux faire la lecture de cet article sans me remémorer que comme tant d’autres, je faisais partie  de ce projet si prometteur.  En tant qu’orthopédagogue, j’étais responsable du suivi d’un groupe de 1ère secondaire. Des élèves à risque d’échecs.  Mon mandat consistait principalement à mettre en place des moyens pour favoriser leur réussite. 
J’ai déjà écrit un billet  au sujet de cette expérience.   Je n’y reviendrai pas. 

J’ajouterai seulement que c’est à ce moment que j’ai décroché du système public.   J’aimais mieux aller manger des croûtes, et de façon très incertaine, que de contribuer à nourrir cette illusion.
Bien oui, les parents étaient contents. Pour une fois, leur école avait embauché une orthopédagogue à temps plein, pour un seul groupe d’élèves. Pour une fois, ils avaient confiance qu’avec ce supplément d’aide, ils pouvaient dormir tranquille quant à la réussite de leur jeune.

Si Agir autrement a contribué à améliorer le climat à l’école, à réduire la violence, à diminuer les problèmes liés à la consommation de drogue et à développer de meilleures relations entre les enseignants, les élèves et les parents, ce qui est loin d’être banal et inutile dans les milieux démunis, ses effets paraissent cependant nuls sur la réussite scolaire et le décrochage. Une gifle pour tous les ministres de l’Éducation, péquistes et libéraux, qui depuis 2002 ont misé sur cette stratégie sans savoir si les transformations souhaitées étaient au rendez-vous. (Extrait de l’article de Mme Breton)

La table était pourtant bien mise, elle avait revêtu sa belle robe.  La  vaisselle scintillait et faisait espérer un repas des mieux préparés. Le menu,  alléchant, permettait  tous les espoirs. Et si, finalement, on avait trouvé la recette ?  Pas encore…

Si je retourne consulter les documents relatifs à cette stratégie d’intervention, la page 3 attire particulièrement mon attention.

Curieux, quand même, que  la place de la motivation scolaire ne soit  pas prioritaire, parmi les éléments énumérés. Or, je persiste; sans cet élément, placé en tête de liste, le reste ne peut suivre.
Voilà en quoi les ingrédients étaient périmés.  Rien, ou presque,  n’avait changé dans les pratiques éducatives. J’en connais qui auraient favorisé la réussite d’une horde d’élèves, et pendant des années, rien qu’avec le budget qui a été utilisé pour la publicité de ce programme. Trouvez l’erreur.

En terminant, je reproduis ici une lettre que M. Paul Inchauspé a fait parvenir au Devoir, le jeudi 9 septembre dernier. Bien dit, je trouve.

Si j’en crois la presse, le programme Agir autrement fut, selon les auteurs d’un rapport d’évaluation, un échec. Et la faute en serait aux écoles, aux commissions scolaires, au ministère. Mais pas aux auteurs mêmes de ce rapport? Or, cette équipe de chercheurs évaluateurs fut, elle-même, à l’origine, le concepteur le plus important de ce programme d’intervention. Cette même équipe a depuis le tout début accompagné les écoles dans ce projet. Elle ne fut qu’un observateur distant, sans effet? Allons, donc.
Il y a plus de cinq ans, j’ai eu l’occasion de rencontrer en Gaspésie des responsables d’écoles secondaires faisant partie de ce projet. À cette occasion, je l’ai examiné de près et j’ai vu que le ver était dans le fruit. Les hypothèses de base des chercheurs, les instruments qu’ils ont produits conduisaient les écoles à changer les choses à la périphérie, à ne pas toucher la relation enseignant-élève dans la classe, à ne pas toucher une organisation scolaire qui empêche la prise en main de groupes d’élèves par un groupe d’enseignants. Ces projets furent pour les chercheurs l’occasion de recueillir une masse d’informations dans leur champ d’intérêt, celui «des environnements scolaires». La moisson faite, il est un peu facile, d’attribuer à d’autres le fait que les changements n’aient pas, hélas, assez porté sur autre chose que la «périphérie».

Paul Inchauspé, Montréal, le 9 septembre 2010
 
À l’intention de tous mes amis, qui étudient au baccalauréat ou à la maîtrise en enseignement:   Je vous invite à lire cet article, qui décrit qui est ce Monsieur Inchauspé, sa vision, sa mission.
Peut-être ne vous en a-t-on pas parlé, à l’université.
 
Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141


Le danger croît avec l’usage…
26 août 2010, 10:41
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Vous vous souvenez de ce slogan concernant la cigarette ?
Du temps où les gens étaient plus ou moins conscients de ses effets néfastes sur la santé?

Il me semble me retrouver à la même époque, mais avec un sujet différent.
Alors que l’on croit, bien sincèrement, que certaines émissions éducatives, concues expressément pour les enfants leur apportent une bienfaisante stimulation intellectuelle, voilà qu’on apprend que c’est plutôt le contraire qui se passe.

Désolée pour la pub, et les profiteroles de sa copine (c’est un mal nécessaire, dans ce cas-ci) et vous invite à visionner ce reportage .

En complément, ne manquez pas de vous procurer le dernier numéro du  magazine Québec-Science.
Passionnant , en regard du développement de l’enfant.

À lire absolument, si vous êtes parent, enseignant ou éducateur.

C’est la rentrée, un bon moment pour adopter ou changer les habitudes.

(Non, je ne suis nullement rémunérée pour faire cette publicité. Je vous propose cette ressource de mon propre chef. )

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Le vilain gagarnement…
29 juillet 2010, 21:02
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Sans vouloir sombrer dans la dérision , je m’en voudrais de ne pas souligner le travail formidable qu’a fait M. Benoit Dutrizac à son émission d’hier.

C’est avec habileté qu’il a fini par lui faire cracher le morceau, à ce Dr. Bolduc, et je ne dois pas être la seule à avoir poussé un soupir de soulagement quand nous avons appris que les inquiétudes du Dr Julien tiraient à leur fin.

Pour ceux et celles qui l’auraient manqué, vous pouvez l’écouter ou la réécouter ici.

Au delà de la mission du Dr Julien, nous avons, comme société, de sérieuses questions à nous poser.  Récemment, on apprenait  que  notre gouvernement subventionnera dorénavant  le recours à la procréation assistée. Il s’agit du premier gouvernement en Amérique du Nord à payer pour de tels traitements. La mesure devrait coûter environ 63 millions de dollars par année.

Or, comme on le sait, des centaines de familles vivent  déjà dans un état précaire et les cliniques du Dr. Julien tentent tant bien que mal de leur venir en aide. Les enfants ne sont pas les seuls touchés. Du travail est aussi fait avec les parents pour les accompagner dans des situations difficiles. «On pense des fois que ce sont de mauvais parents, mais c’est loin d’être le cas, indique le Dr Julien. Ce sont des parents qui sont en survie et qui vivent beaucoup de difficultés.»

En fait, un enfant sur trois vit sous le seuil de la pauvreté, à  Montréal. C’est énorme.

Dans le reportage dont je fais mention, on entend aussi que puisque l’aide qu’apporte le Dr. Julien n’entre dans aucune « norme », il lui est encore plus difficile d’obtenir les subventions pour que survive son entreprise sociale.

Voyez comme tout est défini à l’avance… Celui ou celle qui met en place un service inexistant jusqu’ici (et dont les règles ne sont d’abord définies par la machine gouvernementale) se verra réduit à la disette, à plus ou moins brève échéance.

Il est  choquant de réaliser comment le Dr. Bolduc se faufile dans la conversation. Comment ce ministre de la Santé peut-il prétendre ignorer, au point d’avoir attendu que des mises à pied soient faites, pour  agir? Ce n’est que sous la pression des médias et du public qu’il s’est enfin retroussé  les manches. Pourquoi a-t-il fallu en arriver là ?  Pourquoi faut-il toujours en arriver là?

En mars dernier, avait lieu une table ronde à laquelle étaient invités les médias pour souligner les 18 ans du rapport « Un Québec fou de ses enfants« , (me semble…) qui proposait alors 53 recommandations pour prévenir la détresse et les problèmes d’adaptation graves chez les enfants et les jeunes.

Ça lui fait une belle jambe, à ce gagarnement, toutes ces études faites à coup de milliers de dollars.

« On se rencontre au Reine-Élizabeth, ma chère, pour en jaser ? »

Pendant, ce temps,  la clinique du Dr Julien vit dans la précarité.   Indécent.

Mise à jour du 25 aout 2010:
Un article fort intéressant du Devoir, ce matin. Le Dr Samuel Harper, qui oeuvre à la Clinique du Dr. Julien, nous fait part encore plus en détails du travail qui se fait là-bas: http://j.mp/dbANNi

Cette lettre fait écho à celle de Mme Monique Moquin-Normand – travailleuse sociale, mère de trois enfants et résidante de Hochelaga-Maisonneuve, parue le 12 août dernier, et que l’on peut lire ici:http://j.mp/c6XCZ6

Marielle Potvin, orthopédagogue



Vroum vroum… En cinquième…
22 juillet 2010, 11:09
Filed under: motivation scolaire, persévérance scolaire | Étiquettes:

source : http://j.mp/9SlHcE

source : http://j.mp/am2qwg

Juste le temps de partager cet article paru dans Le Devoir, aujourd’hui, titré

‘Mon fils est un cancre.’

Parce qu’il vaut la peine d’être lu et médité…

Marielle Potvin, orthopédagogue



Dégénération (nouvelle version )
15 juillet 2010, 17:35
Filed under: humour, influences | Étiquettes:


Deux nouvelles: une mauvaise et une bonne
1 juin 2010, 22:23
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image :  http://j.mp/945qwl

Comme lorsque j’étais petite et que je devais manger mes légumes cuits à l’eau,  je vais commencer par la mauvaise.

On pouvait lire aujourd’hui dans Le Devoir qu’ une entente avait été  conclue pour réduire le nombre d’élèves par classe. Syndicats et comités patronaux s’entendent pour mieux intégrer les élèves en difficulté.     Merveilleux, diront certains.

Sauf que… J’ai l’impression que ça ne changera pas le monde.

Voici pourquoi . Comme nous l’avons déjà constaté  par le passé, de telles décisions sont les bienvenues, lors de leur annonce, mais achoppent quand vient le moment de les appliquer dans le monde réel.  J’écoutais aujourd’hui un directeur d’école primaire, qui a tout le mal du monde à trouver suffisamment d’enseignants compétents pour combler quatre postes, présentement , dans son école.  Imaginer qu’il doive en combler dix lui donne déjà des sueurs froides!!

La réalité, c’est que la profession a bien mauvaise presse et n’attire que de moins en moins de candidats. D’où la pénurie actuelle d’enseignants.
Au Ministère, on n’a pas l’air de le savoir. On marche à coté de nos pompes, ou quoi ?

Je me souviens d’un jour où on avait annoncé, comme ça, qu’à la prochaine rentrée, les élèves du primaire auraient deux fois plus d’heures d’éducation physique par semaine.  On cherche encore les profs d’éducation physique qui auraient pu combler ces postes.
Sans oublier que concrètement, il y a rarement plus d’un gymnase par école primaire. Alors quand on trouvait un prof supplémentaire pour venir épauler celui déjà en poste , on devait , certaines heures, se partager le gymnase… à deux groupes.  Pas sûre que les résultats en valaient la peine.

Fini les légumes.

On poursuit en lisant que Mme la Ministre a par ailleurs ajouté que l’accord permet d’introduire la notion qu’il est du devoir de l’enseignant de prendre les mesures appropriées pour lui permettre d’atteindre et de conserver un haut degré de compétence professionnelle.

Voilà un énoncé que je perçois comme étant un aveu à peine voilé d’une situation qu’il fallait bien se résoudre à constater. Enfin!
Soyons lucides, qui peut encore prétendre qu’on peut compter sur les Commissions scolaires pour assurer une formation de qualité aux enseignants?
Reconnaître cette situation constitue en soi un progrès; pour y remédier, tout est à construire.   La profession enseignante est devenue si complexe qu’on est rapidement dépassé si on ne se tient pas à jour.

Quelles seront ces mesures, comment seront-elles accessibles aux enseignants, comment détermineront-ils  leurs besoins ? Comment procurer aux enseignants des conditions qui stimuleront et favoriseront cet aspect de leur carrière ?

Reste à voir où ce chemin,  pavé de bonnes  intentions,  nous mènera, en réalité.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181