Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Qu’est-ce qu’on attend ?

Nous avons les connaissances. Nous avons les modèles, les technologies et le personnel…
Nous avons la motivation et les compétences.   
Nous avons les ressources, l’enthousiasme et  la volonté.

À preuve, cette école . 

Juste pour vous dire que ça existe, juste pour donner espoir. Comme tant d’autres belles initiatives, celle-ci n’est pas assez connue. 
Même en étant bien au fait de ce qui se passe en éducation, il faut chercher, creuser et toujours être à l’affut pour découvrir ces joyaux.

Heureux les enfants qui ont la chance d’être empreints dès leur jeune âge des valeurs qu’une école communautaire et entrepreneuriale peut leur apporter. Ils ont la chance de développer leur potentiel en fonction de la vie. La vraie.

Mon amie Catherine enseigne dans cette école. J’écris le mot ‘amie’ en souriant, parce qu’on ne se connait pas vraiment.  On est amies Twitter, ce qui est déjà un cran de plus qu’être amie Facebook. On échange des ressources, idées et commentaires depuis plusieurs mois. Ça crée des liens bien intéressants.  Malgré la distance, on est en communication pédagogique; ce qui est un cran de plus que ce que vous vivez peut-être dans votre école. 

En 140 caractères, on ne parle pas de la pluie et du beau temps. Direct au but: Connais-tu? As-tu vu? As-Tu lu? On s’entraide.  On s’encourage.  On obtient réponses à nos questions  souvent, par l’intermédiaire de personnes qui les ont vues passer.  Comme une rivière qui coule dont on s’abreuve par petites lampées .

Toujours est-il que Catherine a eu l’occasion de se rendre à Clair, cette année. 

Voici ce qu’elle en garde de souvenirs et d’inspiration:

 

Qu’est-ce qu’on attend pour arrêter d’en rêver ?

Et pour enfin s’en  donner la possibilité?

Marielle Potvin, orthopédagogue

Publicités


Une école pour la vie

J’aimerais dédier ce billet à mes amis de Clair, au Nouveau-Brunswick.
Il s’y tient ces jours-ci un Colloque auquel je n’ai pu, cette année, participer. J’aimerais cependant les remercier de m’inspirer et les encourager à continuer à innover de si belles façons.  Pour qu’un jour nous puissions tous réaliser, comme eux,  »Une école pour la vie…! »

Étant né dans un famille fortunée et  longtemps avant que le moment ne soit  venu,  ses parents se sont demandés quels choix ils feraient pour leur fils.  Comme ils habitaient un grande ville, ils ont fait le tour des établissements publics et privés.  Leur premier choix s’est dirigé, tout naturellement,  vers un établissement privé.Les parents, tous deux artistes de renom, ont trouvé l’atmosphère un peu guindée, et se sont demandés si leur fils s’épanouirait, artistiquement, dans ce milieu. 
Ils trouvaient le climat plutôt ‘uniformisé’,  mais bon, tous les enfants de leurs amis fréquentaient cette école privée.
C’est cher?  Peu importe. Ils n’en sont pas à huit ou neuf mille dollars près par année.

Ouverts d’esprit, ils ont  envisagé d’autres options: l’école publique, régulière ou alternative.  Une seule visite à l’école alternative les a convaincus : d’abord, elle est située beaucoup trop loin de chez eux, et ensuite, l’ implication demandée aux parents est trop importante pour le temps dont ils disposent. Sans compter que souvent, ils voyagent à l’extérieur et confient le petit à une nounou. Celle-ci ne devra quand même pas s’engager à  animer des cours de compostage ou de musique. Une bonne nounou, c’est déjà assez rare, merci !

Restait donc l’école publique. J’ai tellement ri quand le papa me racontait qu’à la première rencontre, la directrice lui a expliqué que  ‘Ça va têtre tellement le fun de prendre l’etobus ! Quand qu’on va en sortie, ça l’arrive qu’on la prenne !   

Ces deux phrases lui ont permis de prendre sa décision.  Pas question qu’il fasse même garder son fils par cette personne! Déjà qu’ils craignaient pour la sécurité du petit;  ils n’entendaient pas lui faire risquer une telle contamination. Sa nounou était unilingue anglophone (ce sont les meilleures, parait-il), alors c’est une priorité que l’école lui présente un français correct.

 
Leur décision était prise. L’inscription du petit Damien se ferait à l’école privée.  Déjà qu’ils  lisaient dans les journaux tout plein de trucs, et ils n’avaient pas encore comparé le nombre d’élèves par classe, ni visité les toilettes… 

Aujourd’hui, il en est déjà à sa 3ème année. Tous les matins, il vêt son petit uniforme, et part recevoir un enseignement hors du temps qui inspire confiance aux parents. Aucun élève en trouble de comportement ne vient perturber la sérénité de Damien. Les enseignantes connaissent tous les élèves par leur nom, l’école est propre et bien tenue. 
Rien à redire.  

Sans le dire à son enseignante, ses parents m’amènent Damien, dont la motivation est en chute libre depuis quelques temps.
 » Regardez ses cahiers, me dit la maman. Les notes, dans ses dictées, baissent de jour en jour !  »   Je n’avais jamais vu une écriture aussi parfaite.
Cet enfant n’écrivait pas, il dessinait! À la plume fontaine, s’il vous plait!
  
À ce sujet, par exemple, le papa me fait remarquer qu’il faut leur donner ça, à ses professeurs. Tous les enfants écrivent très bien, à cette école.
C’est beau, n’est-ce pas ?

Vous pouvez vérifier, ce billet est écrit en date du samedi 29 janvier 2011.  Et Damien, c’est il y a deux semaines que je l’ai rencontré pour la première fois.

Comment expliquer à ces parents que Damien commence à se rendre compte que les apprentissages qu’on lui demande de faire à l’école ne sont peut-être là que pour enorgueillir, justement, l’établissement qu’il fréquente?   Regardez comme c’est beau! 

Combien d’heures a-t-il passé sous le regard implacable de la maîtresse, pour en arriver à ce résultat?  

Je sais bien. Il n’en mourra pas.   C’est sa motivation, par exemple, qui ne résistera peut-être pas.  Je ne savais pas trop par quel bout prendre ça au début. Je n’étais quand même pas pour démontrer mes états d’âme devant cet enfant, qui avait l’air assez penaud comme ça.  Aussi,  je me suis bien gardée de leur parler de mon blogue.

Me restait à voir pourquoi les résultats de Damien avait subitement chuté en orthographe…
Voulant prendre exemple sur ce qu’il devait mémoriser dans sa liste de mots, on m’a tendu ce livre :

Ouf!   1956…  Je n’étais pas encore née.  C’est vieux, ça, madame…

Tout de suite, on me précise : les manuels sont parfois désuets, mais des fois, les bonnes vieilles méthodes…
Et puis, on n’utilise pas ça tout le temps, juste quelques fois par semaine.

Je venais de comprendre pas mal de trucs.
Damien commençait à comparer l’école avec… la vraie vie.  

En complément, cette vidéo. Elle date un peu, mais jamais autant que certains manuels scolaires(à suivre)Marielle Potvin, orthopédagogue