Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Recherchons enfants dyslexiques ou en difficulté de lecture pour étude
25 avril 2011, 12:59
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Un groupe de chercheurs du laboratoire de phonétique de l’Université du Québec à Montréal (département de linguistique), dirigé par Dr. Lucie Ménard, effectue des recherches  principalement liés au développement des capacités de perception et de production de la parole des enfants en contexte de privation sensorielle (cécité, surdité).

Ils étudient également la parole produite et perçue par les adultes et les enfants. Cette étude a reçu l’approbation du comité d’éthique de l’UQAM. 

L’expérimentation pour les 1ère année (seulement des normo-lecteurs) dure maximum 30 minutes et se fait sur rendez-vous à un endroit convenu avec le parent. Pour les 3e année, l’expérimentation a lieu à l’UQÀM et dure de 1h45 à 2hrs. Une seule rencontre est nécessaire pour tous les sujets. Aucun enfant n’aura à s’absenter de l’école puisque  la cueillette de données se fera durant les fins de semaine (mi-avril à mi-mai).

Merci de contacter Suzie Groulx
Assistante de recherche au Laboratoire de phonétique de l’UQÀM

Site web: http://www.phonetique.uqam.ca/

(514) 987-3000 #8182

 Marielle Potvin, orthopédagogue        

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Yes you can !

C’est en ratissant les feuilles, cet après-midi, que me sont venues ces pensées.  En novembre dernier, la mère d’un de mes élèves a dû être hospitalisée. Tommy s’est présenté à son rendez-vous habituel accompagné de son père.  8 ans, le p’tit gars.  Trouble d’apprentissage en écriture, selon ce qu’on m’a dit.  Je le voyais pour la troisième fois, et après avoir appris la nouvelle, j’ai pensé lui proposer de faire une carte pour sa maman.

Moi :  Qu’est-ce que tu aimerais lui dire ?
Lui: Je ne sais pas, Madame.
Moi: As-tu le goût de la voir guérir vite ?
Lui:  C’est sûr.
Moi: Alors, dis-lui…
Lui: Je ne peux pas.
Moi: Pourquoi donc ?
Lui: Parce que je peux pas écrire tous les mots.
Moi: Il y a des mots que tu ne peux pas écrire?   (Ici, feindre l’innocence… 😉
Lui: Oui, ceux que la maîtresse m’a pas encore montrés.

J’observais, et pas pour la première fois, qu’ un élève n’avait pour tout bagage que les mots que son enseignante lui avait donné à apprendre. Il ne lui viendrait pas à l’esprit d’écrire quelque chose qui n’était pas inclus dans les listes hebdomadaires de mots à apprendre. (C’est pas fort, si on tient compte que ces mots ne sont, pour la plupart, qu’enregistrés dans la mémoire de travail, et donc envolés comme feuilles au vent dès la prochaine liste de mots à apprendre. )
Le risque de faire une faute, vous comprenez. J’ai vérifié. Plutôt que de risquer, il s’abstient.
Même aujourd’hui, alors qu’il aimerait bien souhaiter à sa maman de guérir rapidement.

Tommy, comme tant d’autres, se trouve tout à fait démuni quand vient le temps d’écrire un message de son cru.
Il faut absolument défaire le discours intérieur que se fait cet enfant. Lisez qu’il n’a le droit que d’écrire des mots qui lui sont donnés en dictée ou qui lui ont été prescrits.
Si c’est pas du nivellement par le bas, ça …

Un peu jeune encore, il n’a pas encore fait connaissance avec Le Petit Robert.  C’est pas grave.

Je lui présente  le dictionnaire EurékaSi je n’avais qu’un seul outil à suggérer pour le développement des compétences à écrire, ce serait celui-là.

Son papa, qui assiste à la rencontre,  se rend compte que son fils a accès, en moins de 30 secondes (ça viendra avec un minimum d’entraînement), à 10 000 mots.
J’ai pas dit la définition de 10 000 mots. Il n’a pas besoin de savoir ce que signifie le verbe souhaiter. Il a besoin de savoir l’orthographier.
Alors qu’on le laisse tranquille avec les impératifs de chercher dans le dictionnaire pour trouver l’orthographe d’un mot. Une bien bonne façon de décourager n’importe quel élève.

Laissez-moi partager avec vous un petit morceau de mon expérience d’enseignante:
Hélicoptère….   MadaAammm…  Yé pas dans le dictionnaire…
Pharmacie…..    MadaAammm…  Yé pas dans le dictionnaire…
Ben non, ces mots-là sont pas là … (!!!)   Regardant au-dessus de leur épaule, un cherchait Hélicoptère dans la section E, et l’autre le mot Pharmacie dans les F.

Tommy a reçu un diagnostic de dysorthographie, en mai de l’année précédente. Ce diagnostic a été émis suite à une batterie de tests passés en neuropsychologie.
Son enseignante est au courant de ce diagnostic, et Tommy obtient les services d’une orthopédagogue, à l’école.
Pourtant, il n’avait jamais été mis au courant de l’existence de l’Eurêka et bien sûr, n’avait pas appris à s’en servir.

On commence donc à structurer oralement la phrase qu’il aimerait écrire en premier. Je souhaite que tu guérisses vite.
Vous devinez que le mot « souhaite » va poser une difficulté. On s’y attend, même chez un enfant sans trouble d’apprentissage.
Or, avec ce dictionnaire, qui fonctionne de manière phonétique, l’élève cherche le mot à partir de la façon la plus simple d’écrire le son.
S-OU-È-T   et vous arrivez directement à souhaite.
Le seul pré-requis nécessaire est de posséder une conscience phonologique minimale. La conscience des sons et de l’ordre des sons dans les mots, si vous voulez.
Si ce n’est pas le cas, on peut travailler cet aspect avec un logiciel très efficace à ce niveau: Le Phono-Quizz. 

En moins d’une heure, ils sont repartis. Le papa avec un Eurêka sous le bras et Tommy, une nouvelle confiance en lui.
Quand il sera plus grand, il pourra accéder au dictionnaire Eurêka pour le secondaire. 30 000 mots, celui-là. Ça lui laissera plus de temps pour chercher les définitions des mots dont il ne connaît pas le sens, plutôt que de perdre son temps à en chercher l’orthographe.

Je continue de ratisser quand tout à coup je fais le lien. C’est bien à cette période, l’an passé , que Barack Obama  nous avait tous épatés.
Un slogan puissant:  Yes we can.

Des mots qui parlent de la dignité et du pouvoir de chacun.  Des mots qui permettent de s’exprimer, peu importe ce qui était prévu au programme cette semaine. Des mots que je souhaite à Tommy.

En mettant les gros sacs au bord du chemin, j’aurais bien aimé y mettre aussi toutes ces fausses idées qui persistent,  au sujet du processus d’apprentissage de l’écriture. Et y donner quelques bons coups de pied !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Le désordre alphabétique

 

C’était une petite qui avait terminé sa 1ère année. Tout l’été, ses parents ont hésité… Doublera?   Doublera pas ?

Nous avons parlé de ses amis:  TO et MA     Lisez   Théo  et Emma…

Voulant bien faire, son enseignante au préscolaire, celle en 1ère année et ses parents s’étaient fait un devoir de lui apprendre l’alphabet, dès son jeune âge. 
Entre vous et moi, à quoi ça sert, l’alphabet, si ce n’est que pour chercher dans le dictionnaire ? 

Pourtant, bon an mal an, on s’attend à ce que les enfants qui se présentent en première année connaissent l’ alphabet, et dans l’ordre s’il-vous-plaît…
Or, ne vous en déplaise, il s’agit d’une pratique plutôt discutable. Voyez-vous,  de 10 à 15% des élèves du primaire ont des difficultés d’apprentissage de la lecture,
et la principale cause de ces difficultés réside dans le manque de maitrise de la conscience phonologique.

La conscience phonologique désigne l’habileté à découper les mots en sons, ce qui permet de manipuler les syllabes, d’en ajouter, d’en retrancher ou encore de comprendre les rimes.

Cette habileté va plus loin que la seule découverte des syllabes et comprend la notion de phonème, soit la plus petite unité du langage parlé incluant l’articulation des consonnes et qui est à la base du décodage de l’écriture (le mot maison, par exemple, comporte deux syllabes et quatre phonèmes: m-è-z-on).

Cette conscience se développe normalement vers quatre ans et est essentielle à la lecture puisqu’elle est à l’origine de la transcription des sons.
Plus cette conscience est avancée et constitue un automatisme, plus les autres tâches de lecture seront facilitées.
Certains enfants n’y sont pas parvenus à six ans, ce qui entraine pour eux non seulement des difficultés de lecture mais également des retards dans tous les autres apprentissages.
Notons qu’il est plus facile pour l’enfant d’associer une lettre au son qu’elle produit, pour ensuite en apprendre le nom, que l’inverse.

Donc, si on revient à notre petite, dès que je lui ai fait lire quelques mots et que je l’ai fait écrire, il est apparu évident, autant à sa mère qu’à moi, qu’il y avait confusion au niveau du nom des lettres et du son produit par celles-ci.  Avec pour résultat que l’enfant produisait des écrits incompréhensibles.  Le mot bébé, par exemple, s’écrivait bb.   Le mot céleri  devenait cle…  La lettre ri n’existe pas, me dit-elle…

En fait, il n’y avait qu’avec les voyelles qu’elle se débrouillait tout à fait bien.  Or, ce sont les seules lettres qui se prononcent exactement comme leur nom 😉   

Il ne m’en fallait pas plus pour l’aider à reconstruire sa conscience des syllabes et des sons.  Je me suis servie d’un logiciel produit par Mme Marine Blondeau, orthophoniste: 
Phono- Quizz     http://bit.ly/8B6qo   
En trois rencontres, il a été possible que cette enfant, dont on soupçonnait une dyslexie, puisse avoir accès à la lecture et à l’écriture.
Son seul problème résidait véritablement dans le fait qu’elle confondait les sons des lettres avec le nom de celles-ci.  Ce n’est pas, et de loin, la première fois que je constatais cette difficulté chez un élève de cet âge.

Rappellons-nous:  un son, ça s’entend.   Une lettre, ça se voit . 

Toujours est-il que cette élève entreprendra sa deuxième année très bientôt. Il y a encore des apprentissages à consolider, mais avec un peu de pratique  chaque jour, elle va s’en tirer.

Je n’encourage personne à enseigner l’alphabet aux moins de sept ans.  Même si c’est bien mignon …

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181