Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Caroline, Linda, Sylvie et les autres…

Lors du trajet de retour, je me suis demandée… Est-ce que j’ai oublié quelque chose d’important, est-ce que j’ai trop tenté de les influencer, est-ce que je leur ai donné suffisamment de pistes …

Cet examen de conscience faisait suite à une rencontre que j’ai eue cet après-midi avec une équipe-école de Asbestos.
Un aller simple qui dure deux heures et demie.  Faut vouloir…

Mais c’est ce que je veux.  Accompagner des enseignants, là où ils sont, à trouver leurs propres solutions.

Aujourd’hui, la rencontre portait sur l’épineuse question des devoirs et des leçons.
Ceux qui me lisent régulièrement savent ce que j’en pense.
J’ai essayé de ne pas trop le montrer, mais je ne suis pas certaine d’y être arrivée 😉

Toujours est-il qu’on a fait le tour, je pense. L’apprentissage,  l’évaluation,  la gestion du temps de classe, et j’en passe, tout a  été abordé. En une heure et demie, on ne peut que mettre la table, avec un sujet comme celui-là.  Par la suite, l’équipe va faire son bout, et fera les choix qui lui convient.

À la radio, Isabelle Maréchal échangeait avec Pauline Marois au sujet des mesures à mettre en place pour favoriser la réussite de nos jeunes. On parle de réduire le nombre d’élèves par classe; un ou deux, quelle différence ?  On parle d’embaucher plus de profs masculins, de hausser leur salaire, de les évaluer, d’ajouter plus de spécialistes dans les écoles et quoi encore… 
Des voeux pieux, si vous voulez mon avis. 

Les enseignants, pour se développer professionnellement, ont besoin  de beaucoup plus que ce dont ils disposent, présentement.
Ils ont besoin  d’une formation initiale plus solide que ce qu’ils recoivent . Celle-ci  ne les prépare pas assez bien à ce qui les attend. 
Ils tombent comme des mouches, dans le premier cinq ans.

Ils ont besoin  d’aide immédiate lorsqu’un problème survient. Pas dans trois mois quand finalement, leur demande de formation continue en lien avec tel ou tel sujet sera  dispensée lors d’une journée pédagogique, à la va-vite.

Une aide immédiate, sur mesure.  Des ressources à portée de main, ou d’un clic .
Avec Allô Prof, on fournit  cette aide aux enfants. Pourquoi pas aussi pour les grands?

 
Bon, me voilà  presque à la maison.

Nathalie, Line, Mélanie et toute l’équipe, je vous dis merci. 
Ce fut une bien belle journée 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue

 

 

 

 



La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.
22 septembre 2010, 22:40
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Les alternatives possibles…

Après ce que je vous ai dit dans les derniers billets, pas question que je vous laisse en plan à ne pas savoir quoi faire… 

D’abord, soyons réalistes. Ce n’est pas demain la veille que les approches pédagogiques s’ajusteront au mode de vie actuel des familles, alors autant faire avec.

Il y a bien le service d’aide aux devoirs dispensé dans certaines écoles primaires, mais ce service a pour but, de toute évidence, d’aider à concilier le travail et la famille, plus
que d’entretenir des ambitions pédagogiques.  Avec des intervenants qui n’ont souvent pas  une 5ème secondaire complétée (et on comprend comment il peut être difficile de recruter pour ce service)
il n’est pas dit que ce sera ce moyen qui aidera nos jeunes à surmonter leurs difficultés, si difficultés il y a .  Ils sont dans un endroit sécuritaire, en attendant l’arrivée de leur parent, ce qui est déjà ça, et ils font leurs devoirs. 

Vous êtes un parent :  

Demain matin, sept heures, il y aura une entrevue au 107,3 au sujet du service Allô Prof.
Vous l’avez manquée?  Je crois qu’elle sera disponible en rediffusion.

Sinon, en voici les principales caractéristiques:  

 www.alloprof.qc.ca

Allô prof est un organisme de bienfaisance soutenant la persévérance scolaire qui a pour mission de fournir gratuitement de l’aide aux devoirs à tous les élèves du Québec. 

Pour appuyer sa mission, Allô prof met à la disposition des jeunes un service téléphonique et des services en ligne impliquant une équipe d’enseignants qualifiés et une communauté virtuelle composée d’élèves-aidants, de parents et d’acteurs de l’éducation. 

Une offre de service à quatre volets  

1- Le service téléphonique  

Du lundi au jeudi, de 17 h à 20 h, les élèves de partout au Québec qui éprouvent de la difficulté dans leurs travaux scolaires peuvent demander de l’aide, via le téléphone, à des enseignants en mathématiques, français, sciences ou dans toute autre matière. Un numéro sans frais est disponible pour les élèves provenant de l’extérieur de Montréal.  

2 – Les cyberclasses  

Fleuron technologique du soutien scolaire à distance, ce service est un espace de clavardage privé et d’échanges vocaux entre l’enseignant et l’élève comportant un tableau interactif (outils graphiques) pour faciliter les explications. Gratuites et accessibles depuis n’importe quel poste Internet, les cyberclasses sont ouvertes du lundi au jeudi de 17 h à 20 h. Leur utilisation requiert de l’élève une inscription confidentielle, simple et rapide. Un dossier personnalisé est créé pour chaque utilisateur, ce qui facilite les suivis.  

3 – Les forums  

Plus grand réseau de soutien scolaire favorisant la coopération entre pairs au Québec, les forums d’entraide intègrent des sujets sur toutes les matières enseignées au primaire et au secondaire. Dans un délai raisonnable, les enseignants d’Allô prof valident et complètent, au besoin, les réponses données par les élèves aidants.  

4- La bibliothèque virtuelle  

Accessible en tout temps et source inépuisable d’informations, cette vaste encyclopédie couvre l’ensemble des matières enseignées au primaire et au secondaire. Les jeunes et les parents y trouvent des explications sur plus de 6000 notions, agrémentées de capsules vidéo, d’animations, d’illustrations et d’exercices interactifs. On compte également 7000 liens vers des sites de référence validés par les enseignants d’Allô prof. 

Un service d’aide aux devoirs accessible à tous les élèves du Québec  

Allô prof est un service gratuit, confidentiel et disponible par téléphone et Internet. Ceci permet d’atteindre les élèves en zones rurales et les familles de milieux défavorisés, tout en évitant les défis du transport reliés aux clubs de devoirs offerts après les classes.  

Une aide individualisée offerte par une équipe d’enseignants qualifiés et expérimentés  

Allô prof est constitué d’une équipe de 50 enseignants qualifiés et expérimentés dans la pratique de l’aide aux devoirs. Ces enseignants sont regroupés dans deux centres – l’un situé à Montréal et l’autre dans la ville de Québec –, ce qui permet les échanges de compétences entre collègues. Les résultats obtenus au cours des dernières années démontrent la capacité d’Allô prof de répondre aux besoins des élèves, et ce, même s’ils éprouvent de grandes difficultés d’apprentissage.  

Un service à la fine pointe de la technologie qui stimule la motivation des jeunes et le développement de compétences à utiliser les TIC  

Allô prof a recourt aux nouvelles technologies en utilisant une approche dynamique et imagée. Les échanges via Internet ont un impact positif sur la motivation des élèves à faire leurs devoirs, sur leur autonomie et sur leurs compétences à utiliser les TIC. Ces gains ont été reconnus dans les évaluations menées par une équipe de recherche de l’UQAM dans le cadre du projet d’implantation de bornes Allô prof dans des services de garde de milieux défavorisés couverts par la Commission scolaire de Montréal.  

Un carrefour universel d’aide aux apprentissages qui mobilise plusieurs acteurs et qui contribue à la persévérance scolaire provinciale.  

Allô prof intervient dans toutes les facettes du soutien scolaire pour favoriser l’égalité des chances et l’encadrement offert aux élèves québécois éprouvant des difficultés dans leurs apprentissages. L’organisme encourage l’entraide entre pairs, apporte du soutien aux parents et fournit une aide supplémentaire aux enseignants, aux intervenants professionnels et au personnel dans les services de garde. Enfin, l’équipe valorise constamment les efforts menés par le jeune et contribue à la persévérance scolaire à l’échelle de la province. 

Il faut voir leurs  vidéoanimations, dont voici un exemple :

Leurs jeux pour s’exercer, dont le fameux Météormath, pour la pratique des tables de multiplications, la bibliothèque virtuelle et bien d’autres ressources qui valent vraiment le détour. 

Tout cela,  sans quitter la maison et sans débourser un sou. 
Pas mal, non ?

Je suis toujours tellement surprise quand des élèves me disent qu’ils ignorent l’existence de ce service !

Comme si ce n’était pas suffisant, il existe  un autre service, nommé SOS Devoirs.

Le réseau des bibliothèques de Montréal propose SOS Devoirs aux enfants de 6 à 12 ans.Ce service offre entre autres une bibliothèque numérique comprenant un répertoire thématique de ressources, où on trouve une centaine de sujets, sélectionnées en fonction du programme de formation. Chaque sujet est abordé dans une page Web distincte et toutes les ressources s’y rapportant y sont intégrées. On trouve aussi « Le coffre à outils » , des moteurs de recherche, des ressources pour apprendre à chercher sur le Web et à naviguer de façon sécuritaire, entre autres. Une collection de jeux Web soigneusement sélectionnés est également offerte.  

Puis,  il y a L’École branchée,  fruit du travail d’une équipe de pédagogues et de communicateurs qui souhaitent démocratiser l’enseignement pour les parents, tout en faisant la promotion de l’utilisation des technologies à l’école. 

L’École branchée vous permet d’accéder gratuitement aux 500 liens éducatifs  répertoriés dans le Guide annuel – 500 sites Web pour réussir à l’école.
L’édition 2010-2011 vient tout juste d’être mise en ligne!

Vous êtes un enseignant :

Merci de partager ces ressources.
On l’oublie parfois, mais c’est aussi une bonne idée d’inciter les élèves à établir un réseau téléphonique, en cas de pépin dans leurs travaux scolaires. On sous estime parfois l’aide qu’ils peuvent s’apporter entre eux et la valorisation que cela leur apporte.

Voilà qui complète ce dossier.
J’espère que ce partage vous a plu et qu’il vous sera utile.

Mise à jour du 23 septembre 2010:  Le nombre de lecteurs de mon blogue a littérallement explosé depuis le début de la publication de ce dossier. Le sujet suscite donc beaucoup d’intérêt chez mon lectorat. Merci à tous ceux qui viennent lire mes humbles écrits.

À mon tour maintenant d’avoir une question…  
Je me demande si ce marché du soutien scolaire existe en Finlande. Je n’ai rien trouvé à ce sujet.
Quelqu’un a réponse à cette question ?  Je publierai la réponse. Merci !

  

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141




La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.(4ème partie)
21 septembre 2010, 21:20
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Un mal nécessaire?

On le sait, les devoirs constituent pour beaucoup de familles une véritable corvée. L’école continue de fonctionner comme à l’époque où les mamans attendaient leurs enfants à la maison, à 16h, avec des biscuits frais sortis du four.

La préoccupation majeure autour des devoirs est de faire un pont entre l’école et la maison. Soit. Il y a d’autres moyens d’assurer ce pont, mais l’école ne semble pas pouvoir se départir si facilement de ses traditions, même si la société, elle, a bien changé. 
J’ai  fait état de cette situation et de possibles moyens alternatifs pour informer les parents de ce que leur enfant fait et apprend (ou en quoi il a des difficultés) dans ce billet.   Parmi les commentaires qui ont suivi, on fait état que la répétition est nécessaire aux apprentissages. Je suis parfaitement d’accord.

Mais où est-il dit que cette pratique nécessaire à l’intégration d’une notion doit se faire à la maison, après une journée d’école ?  Si l’enseignante ne devait pas prendre tant de temps, en classe, pour gérer les devoirs (les donner, les expliquer, les corriger-habituellement en groupe, gérer ceux qui les ont fait-ou pas) ne resterait-il pas du temps de classe pour, justement, pratiquer la répétition de certaines notions ?  

Or, comme l’école continue d’adopter des façons de faire dépassées, le parent, débordé, demande de l’aide extérieure pour le seconder dans cette tâche.

Sentiment d’incompétence des parents devant une terminologie étrangère à ce qu’ils connaissent, dynamique familiale explosive, ou simplement par manque de temps ou d’énergie après la journée de travail, ils sont prêts à payer quelqu’un pour les aider dans cette tâche, comme on engage une femme de ménage.

S’il est vrai, cependant, que certains élèves ont besoin d’explications supplémentaires, ne serait-ce pas à son enseignante de lui en fournir?  Si elle n’avait pas de devoirs à corriger durant les récrés ou à l’heure du dîner, pourrait-elle garder le petit Philippe quelques minutes pour lui donner un complément d’explication ?

S’il est vrai, aussi, que certains élèves, malgré ce supplément d’explications n’accèderaient pas au succès, ne serait-ce pas  un indice d’un quelconque trouble d’apprentissage ?  Celui-ci ne sera possiblement pas dépisté par son enseignante ou par son tuteur. Il se retrouvera donc chez l’orthopédagogue, mais souvent après des années d’échecs. On n’aura qu’aggravé le problème. 

On l’a vu, ce secteur est encore dominé par le travail non déclaré. Pour le parent, donc, cette dépense ne peut être déduite de sa déclaration de revenu, ce qui ne fait qu’encourager ceux-ci à recourir aux services de personnes trouvées un peu partout, qui dispensent un enseignement de qualité très variable. Bien sûr, on y retrouve des perles, là n’est pas la question.

Et ailleurs ?

Mon lectorat à l’étranger  pourra nous fournir des informations complémentaires, mais mes recherches  m’ont permis  d’apprendre ceci : en France, un plan de Cohésion sociale, adopté au milieu des années ’90 fait en sorte que les familles sont incitées à déclarer les personnes qu’elles emploient à domicile. Les parents peuvent ainsi déduire de leurs déclaration de revenus 50% du salaire qu’ils versent aux professeurs particuliers de leurs enfants. On a donc trouvé ici une solution pour assurer la rentabilité de ces entreprises.

Reste que la qualité du service est un enjeu majeur. On ne pourra la contrôler qu’en règlementant ce marché. 
Le Ministère de l’Éducation semble bien indifférent à cette question
.
Se pourrait-il qu’en fermant les yeux sur celle-ci, il espère en retirer un quelconque bénéfice ?
  

Demain, 5ème et dernière partie:  Les alternatives possibles.

Vous avez une expérience à partager en lien avec ce sujet ? N’hésitez pas nous le faire connaître par le biais des commentaires. Merci !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141

 



Faire encore + de ce qui marche le – = ?
14 juin 2010, 21:48
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Une école publique comme les autres. Un quartier un peu plus défavorisé que la moyenne. Beaucoup de familles allophones.
Quelqu’un de l’équipe avait lu ce billet et avait été sensible aux propos que j’y tenais.

On m’avait donc invitée pour accompagner l’équipe-école dans une démarche réflexive au sujet des devoirs et leçons.
Bien souvent, la simple évocation de ces mots suffit à provoquer  un sentiment d’aversion chez bien des enfants… et de parents.

Je voyais dans leurs yeux qu’elles étaient assises entre deux chaises …

D’une part,  mon propos semblait les intéresser, mais d’autre part, si elles croyaient que je n’aurais qu’ apporté des alternatives pour continuer de faire encore plus de ce qui ne marche pas, c’était manqué.

Je voyais dans leurs yeux qu’elles n’en croyaient pas leurs oreilles…
D’une part, on constate que le souci premier des enseignantes est la réussite de leurs élèves, mais nous avons exploré ensemble où s’arrête celle-ci et où commence le désir de contrôler, jusque dans les foyers, ce que leurs élèves font à la maison. Nous avons parcouru un chemin peu exploré, le temps de relativiser tout ça, de remettre en perspective notre rôle, dans le cadre scolaire et de lâcher prise lorsque cela nous semblait le plus favorable, pour nous ou pour nos élèves.

Quelqu’un a dit que nous sortions de notre zone de confort.  Bien…  Très bien!
Ce n’est qu’à cette condition  que nous pourrons progresser, avancer et trouver, pas à pas, ce qui convient pour chacune.

Le conflit cognitif engendré permettra de réfléchir à ce qu’elles mettront en place, en septembre, en terme de travaux à faire à la maison par leurs élèves. Après avoir constaté que plusieurs éléments de cette question sont maintenant devenus dépassés, ne restait bien sûr qu’à trouver par quoi les remplacer.

La contestataire que je suis ne laisse pas les gens en plan. J’y suis donc allée de mes suggestions, et de pistes pour qu’elles en explorent de nouvelles, aussi.

D’abord, j’ai voulu partager avec elles mes signets favoris, question de leur proposer une alternative pour proposer à leurs élèves de retravailler certaines notions à la maison.
Certaines en feront un carnet de ressources destinées aux parents, classées selon leur niveau d’enseignement et par sujets. L’élève qui s’absente, comme celui qui veut aller plus loin, aura de quoi se mettre sous la dent.

J’aurais aimé leur proposer de créer un blogue de classe, comme le font Marie-Claude, Pierre et bien d’autres.  Mais comme vous vous en doutez, les blogues sont de prime abord considérés comme étant…  je ne sais pas… comme étant… soit dangereux, de mauvaise influence ou nocifs… je ne sais trop. J’espère vous avoir donné le goût d’en visiter, parce qu’à l’école, c’est bloqué !

Bon. La directrice trouve que c’est une bonne chose. Soit.  C’est vrai que ça nous évite d’éduquer, interdire.
Je n’ai donc pas pu présenter le mien, qui est, comme vous le savez, bien inoffensif  ;-))

Ensuite, le carnet d’apprentissage dans lequel l’élève pourra inscrire ses moments magiques ou les difficultés de sa journée, en vue de les présenter ou de faire la démonstration d’une nouvelle notion à ses parents semble aussi avoir trouvé preneurs.

Je voyais dans leurs yeux que le plus difficile, c’est de trouver un autre chemin.
De sortir des sentiers battus, des traditions établies depuis toujours. De comprendre que les apprentissages faits par coeur ne s’inscrivent que dans la mémoire de travail, et ne sont mémorisés qu’à court terme. Est-ce cela et seulement cela que l’on vise?  Faire mémoriser des notions qui seront oubliées aussitôt le contrôle du vendredi passé ?  Évaluer la capacité à mémoriser ?  Évaluer l’implication des parents et faire pression sur eux, peu importe leur réalité, dont nous sommes parfois si loin ?

Le temps a filé à toute allure, pour moi comme pour elles, d’après ce qu’on m’a dit. Maintenant qu’elles ont découvert que de nouvelles voies pouvaient être empruntés, je suppose qu’elles s’y risqueront.
Je voyais dans leurs yeux qu’elles s’y risqueront  😉

J’aimerais donc dédier, aux enseignantes rencontrées ce matin et à toutes les autres,  une légende dont j’ai oublié tous les détails, mais qui ressemble à ceci:

Une jour, une mère et sa fille se retrouvaient dans la cuisine à préparer un repas du dimanche. Un beau gros jambon qu’on mettait à cuire.
La mère expliqua à sa fille l’importance de couper les os de jambon, à chaque bout. Ce serait bien meilleur, disait-elle à sa fille.
Sa fille fit de même avec la sienne et ainsi de suite de génération en génération…

Un jour, une des descendantes de la famille en question devint anthropologue et fit des recherches au sujet des façons de faire de l’époque de ses ancêtres.
On découvrit alors que si les aïeules coupaient les bouts des os de jambon, c’était simplement parce que les récipients de l’époque étaient faits de terre cuite, et de plus petite dimension…  Rien à voir avec le goût du jambon .  Pourtant, d’une génération à l’autre, les mères transmettaient, avec la meilleure volonté du monde, une vérité qui n’en était pas une, et ce, longtemps après que de nouveaux chaudrons, plus grands, aient été mis à la disposition des ménagères.

Il en est de même de tant de choses en enseignement.
Tant de bonnes gens sont des gens bons 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Spécial 2 pour 1
18 mars 2010, 22:13
Filed under: influences, une école pour la vie | Étiquettes: ,

Dans l’actualité, aujourd’hui, on pouvait apprendre qu’une réflexion s’amorce, présentement, en ce qui concerne la pertinence de continuer de donner des devoirs et des leçons aux enfants.  J’imagine que ce débat concerne surtout les élèves du primaire, mais je n’en sais pas plus.  Toujours est-il que dès que j’entends quelque chose sur le sujet, je me fais toujours les mêmes réflexions :
J’aimerais tant apporter ma contribution! Mettre à profit mon expérience à ce sujet.   

Bah, j’ai bien écrit  un billet  là-dessus, en septembre dernier, mais qui l’a lu ? 
Bien sûr,  mon lectorat habituel, composé de parents engagés et d’enseignants novateurs. Plusieurs d’entre vous m’ont d’ailleurs acheminé d’intéressants commentaires suite à sa parution. Mais vous non plus ne savez pas toujours comment joindre les décideurs et acheminer le message aux personnes concernées .
Pourtant, je demeure persuadée que la 2ème partie du billet dont je vous parle ici comporte des éléments de solutions intéressants pour qui veut considérer des options réalistes et à la satisfaction de tous. 

Je le sais,  je l’ai expérimenté. Parmi les quelques milliers que vous êtes, chaque mois, y a-t-il quelqu’un qui pourrait participer à une campagne de promotion ? 

Spécial 2 pour 1  

Nous invitons les principaux acteurs de cette rélexion, soit  Mme Nicole Boutin, présidente du Conseil supérieur de l’Éducation,  et  M. François Paquet, quant à lui président de la Fédération des comités de parents du Québec, à prendre connaissance du billet en question.
Au cas où cette humble contribution apporterait quelqu’ élément de réponse.

Je ne suis pas journaliste. Ni spécialiste auto-proclamée en éducation. Je ne siège pas dans le fauteuil  d’un quelconque parti politique.
Mais je sais que présentement, il y a des gens qui cherchent des solutions. Que nous devons tous mettre notre expérience en commun pour qu’en profitent nos jeunes. Parce qu’on n’a pas le droit de ne rien faire. 

Alors, s’il s’agit de quelqu’un de votre entourage, ou auprès de qui vous avez un certain accès, vous voulez bien porter ce texte à leur attention?
On ne sait jamais… 

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181 

 

 



Wowe!
15 mars 2010, 20:41
Filed under: ambiance | Étiquettes: ,

C’est pas la première fois que ça arrive. 
Au cas  où, je garde  une boîte de papiers-mouchoirs à ma portée. Les larmes de découragement, d’impuissance, coulent doucement. 

Pourtant, elle n’a rien à se reprocher. Tous les soirs, à la même heure, elle s’installe pour les devoirs. Elle fait tout ce qu’il faut, de son mieux.
Le samedi, elle y consacre encore deux heures.  

Des larmes de culpabilité, aussi.  Pourtant,  elle est exemplaire, et n’a pas ce qu’on appelle un tempéramment de victime. 
Pas beaucoup de temps pour voir ses amis, ni rien. Elle bûche.

Dans ses temps libres, elle lit tout ce qu’elle peut. « Devoirs sans larmes« , « Comment aider mon enfant à ci ou à ça... », mais la pente semble toujours trop haute à remonter.

Avec compassion, je l’écoute, et jette un coup d’oeil au dossier de son fils. Ouais.
Elle me parle de l’ambiance familiale, du manque de temps pour vivre des moments agréables en famille. Tout ce que je sais déjà, finalement

Le petit est né fin juillet. Un p’tit gars à terme et en bonne santé.
Mais un p’tit gars né en été quand même. Neurologiquement parlant, il n ‘a pas ce qu’on appelle une longueur d’avance.

En entrant en première année, venant tout juste d’avoir six ans, il cotoyait des enfants de huit, neuf mois plus vieux que lui, sans parler des filles…
Leur développement moteur se faisant plus lentement que les garçons, elles sont souvent plus mûres pour aborder les apprentissages.

Pourtant, il doit  suivre le rythme des autres élèves de sa classe. Avec tout ce que cela comporte.
Ce ne sera qu’en quatrième année que le nivellement se fera entre les élèves nés en été et les autres.  Trois années qui n’en finiront plus pour lui et sa mère, qui n’en peut plus de lire les commentaires de l’enseignante, dans l’agenda marqué au fer crayon rouge. Cette impression de ne jamais  y parvenir, qui perdurera bien au delà de ces années.
Qu’on cesse de me parler de décrochage au secondaire, de grâce!

Vous savez ce que je vais faire ?  Je vais téléphoner au directeur de son école. Demander une rencontre. Mettre en place un plan qui enlèvera cette fichue pression. Les tensions  entre les parents. Les frustrations continuelles .

Au pire, le petit se reprendra durant les journées pédagogiques ou durant l’été. On trouvera bien.
Il faut que cette famille recommence à respirer, sa survie en dépend. 

Sinon, il pourra toujours recommencer une année scolaire. C’est pas la fin du monde.
Et je pourrai ranger mes papiers-mouchoirs.

Mise à jour du 22 avril 2010 :

Comme prévu, nous avons rencontré le directeur. Un monsieur d’une grande compréhension.
Nous avons mis en place un plan personnalisé de devoirs.
Le petit a besoin de travailler son habileté à inférer. Soit. Ses devoirs consisteront à développer cette habileté.  Je lui fournirai  donc des lectures qui correspondent à son niveau et augmenterai graduellement le degré de lisibilité. Ce ne sera pas plus de travail pour son enseignante, et le climat à la maison s’en trouvera amélioré.  
Il était de notre devoir de faire baisser la tension. Nous y avons apporté l’attention nécessaire.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Enseignants recherchés, soir et fin de semaine

Ce midi, en entendant que la ministre Courchesne venait de déposer un projet de loi pour permettre aux élèves, dans certains cas, de recevoir des cours en soirée ou le samedi, j’ai failli m’étouffer avec mon sandwich…

Mais Madame, il s’en donne déjà, des leçons, des cours de rattrapage, de préparation aux examens, des séances d’orthopédagogie, de la récupération et alouette ! Ne savez-vous donc pas à quel point les parents d’enfants sont déjà dans un marasme logistique relevant quasiment de la mission impossible

Ne savez-vous pas qu’une cinquantaine d’entreprises de soutien scolaire s’occupent, au Québec,  de tenter de faire réussir les élèves malgré l’école ?  

Que dans beaucoup de cas, le parent doit payer des enseignants sous la table, et dans vos établissements scolaires s’il vous plaît, pour que leur enfant puisse accéder à un semblant de réussite, à l’aide de cours particuliers ?  

Ne voyez-vous pas que cette situation  contribue à exclure encore davantage les enfants plus défavorisés, dont les parents ne peuvent défrayer les coûts de ce service ? 

Non, vous ne savez pas. Vous ne savez sûrement pas non plus que nos jeunes sont à la merci de certaines de ces entreprises, avec à leur tête quelque spécialiste autoproclamé, qui ne flairent que la bonne affaire, croyant sans doute que n’importe qui peut enseigner, et qu’à force de répétition, l’enfant finira bien par ingurgiter la leçon. 

Vous ne savez peut-être pas que ma journée la plus occupée est justement le samedi. Avec des enfants et des parents qui viennent me consulter et qui bien souvent, s’ils avaient reçu un enseignement plus motivant, donné par des enseignants sensibilisés aux troubles d’apprentissage, qui les auraient dépistés beaucoup plus tôt, ne passeraient pas tant de temps dans mon bureau. Ne savez-vous pas que malgré la meilleure volonté du monde, les enseignants qui ont été formés à des approches pédagogiques dépassées et qui doivent composer avec des groupes trop lourds et trop nombreux n’ont d’autres choix que de baisser les bras ou de sombrer dans la dépression?   Nous en perdons ainsi 20%, et parmi  nos meilleurs éléments, dans les premiers cinq ans dans la profession. 

Vous ne connaissez sûrement pas les pionniers qui tentent de faire avancer les choses, des Pierre Poulin , qui y réussissent  si difficilement depuis bientôt dix ans, des  François Bourdon, des enseignants du Centre d’apprentissage du Haut Madawaska,  , qui sont pourtant d’une telle inspiration… Au fait, vous avez manqué à beaucoup de gens, fin janvier, à Clair.

Mais peut-être préférez-vous ne pas savoir.  Un jour, vous aurez fait le tour. Vous aurez compris que le véritable changement attendu ne se fera pas en faisant toujours plus de ce qui ne fonctionne pas.  D’ici là, vous regarderez l’école s’enfoncer toujours davantage dans un fichu merdier.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181