Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Abracadabra !
8 octobre 2009, 13:21
Filed under: ressources | Étiquettes: ,

Aujourd’hui, si vous avez des devoirs à faire, je vous invite à la bibliothèque.
 
Vous n’aurez pas besoin de vous déplacer, et vous y trouverez tout ce que vous cherchez d’un seul clic. 
Les secrets les mieux gardés y sont répertoriés et n’attendent qu’un signe de votre part pour vous être révélés…          

livres 8

Mais quel est donc cet endroit mystique ?     Découvrez-en la magie  ici   !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

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Par devoir…
2 septembre 2009, 00:23
Filed under: rentrée scolaire | Étiquettes:

Les parents d’enfants d’âge scolaire trouvent que  les devoirs représentent bien souvent un des moments les plus pénibles de leur journée.

Par devoir, ils  s’investissent courageusement auprès de leur enfant.
Comme l’un d’entre eux s’en plaignait récemment, voici le fruit de ce qui me vint alors à l’esprit:

Au fil de ma carrière en enseignement, je n’ai que très peu entendu de commentaires positifs à leur endroit. Cette pratique ne semble que difficilement remise en question.
Et pourtant…

Du côté des élèves, les devoirs ne sont, généralement, ni intéressants ou signifiants;  ni nécessaires, ni importants.
On le comprend aisément. Qui de nous, après la journée, aime apporter tous les jours du  travail à la maison ? Ce n’est pas une question d’efforts à fournir. C’est une question d’équilibre.  Qu’on se le dise, les élèves savent très bien que ces travaux ne seront pas (ou très peu) comptabilisés dans leurs résultats scolaires. Les parents ou la gardienne y ont trop souvent contribué, surtout au primaire. Aussi, puisqu’ils seront corrigés en classe, les petits futés ne craignent en rien de manquer une notion qui s’y rattache.

Du côté des enseignants, les devoirs sont, généralement, une contrainte (politique ou administrative), une source de conflit entre eux et les élèves et sont d’une gestion fastidieuse.
Facile à comprendre aussi. Et c’est sans compter tout le temps qui doit y être consacré en classe, et qui pourrait, bien évidemment, être épargné au profit de la gestion des apprentissages.La pratique actuelle des devoirs privilégie une approche de répétition, invitant l’élève à reproduire, pour les maîtriser et les automatiser, des habiletés développées en classe. Or cette approche n’est  pertinente que pour une petite minorité d’apprentissages, basés sur l’exercice et sur l’automatisation de connaissances procédurales. La majorité des apprentissages appellent au contraire la capacité pour l’élève de construire ses savoirs, de réfléchir sur ses apprentissages et de transférer ceux-ci à des contextes différents de celui dans lequel il les a réalisés.

Mais c’est du côté des parents que nous retrouvons le plus d’heureux ! Après la journée de travail, la course pour le souper, qui suit bien souvent  un détour au service de garde, et quoi encore, arrive le temps des devoirs d’un ou de plusieurs enfants. Hélas, c’est régulièrement une activité qui empoisonne le climat familial pour le reste de la soirée. Combien de fois ai-je entendu les doléances de parents à ce sujet. Il serait trop facile de dire qu’il s’agit encore ici d’un manque d’efforts de leur part.
Mathématiquement, c’est mission impossible que de vouloir rencontrer, entre 18h et 19h30, mettons 20h, les responsabilités inhérentes aux devoirs de parents et à ceux demandés par l’école. Même quand les parents sont ensemble et qu’il n’y a qu’un seul enfant, c’est une situation difficile. Imaginez les autres scénarios possibles !

Comme conséquences, tout le monde est stressé, mais personne n’ose remettre en question cette tradition. Parce que c’est par tradition que l’on continue de faire quelque chose qui a si peu de sens au niveau pédagogique. Quand je vois la pléiade de publications consacrées à ce sujet, telle  ”Comment aider votre enfant à passer au travers cette période insignifiante ”, ben oui, je pense que c’est une joke!

L’essentiel, dans cette pratique, est que le parent sache ce que son enfant fait en classe et si tout va pour le mieux ou pas. Si, au lieu de s’acharner à garder les mêmes façons de faire, on cherchait des alternatives ?  Qu’on privilégierait  le portfolio (ou le cyberportfolio qui permettrait à l’élève de garder trace de ses travaux et de son cheminement?  Si, dès les premières années de scolarité, l’élève s’engageait dans ses apprentissages et en prenait conscience au point de pouvoir écrire, à la fin de chaque journée de classe ce qu’il a appris de nouveau;  Ce qu’il a le plus aimé aujourd’hui;   Ce qu’elle a trouvé difficile …

Puisque le pont s’écroule, bâtissons-en un autre !

Disons qu’il a fait un nouvel apprentissage, que ce soit une règle de grammaire, une addition avec retenues, peu importe. Il l’a noté dans son carnet d’apprentissage, en fin de journée et de façon personnalisée.Il le présente à ses parents et leur en fait la démonstration. L’élève maîtrise la notion. Parfait.  Il y a difficulté, il le note, encore une fois, dans son carnet d’apprentissage, pour le montrer à l’enseignant .  Un parent signe le tout. Voilà. Pas de quoi faire un drame familial avec ça.

Certains diront qu’il y a des parents qui ne signeraient pas. C’est vrai. Les mêmes que ceux qui actuellement considèrent les devoirs comme le dernier de leur soucis. Si on croit qu”il n’est pas de notre ressort de se demander pourquoi il en est ainsi, faudrait au moins savoir quand s’arrête le contrôle que nous voulons exercer à l’extérieur de l’école. Ce n’est pas en entamant une escalade de conséquences pour l’enfant que nous aidons en quoi que ce soit à améliorer la situation. Ni la relation avec l’enfant, ni celle avec le parent.

La grande majorité des parents écouterait leur enfant avec attention.  Ils liraient le carnet d’apprentissage, indiquant même peut-être au passage quelques erreurs d’orthographe. Reviendraient avec l’enfant sur les moments forts de sa journée pour mieux le connaître et savoir ce qu’il vit en classe et à l’école.

Cela ne demanderait qu’un léger accomodement. L’enseignant qui a remarqué qu’une notion doit être consolidée par un élève pourrait très bien suggérer certains sites internet en lien avec celle-ci.
Pourquoi donner à tout le monde un devoir que la moitié de la classe a déjà bien saisi?  Ce n’est pas le cas, alors c’est qu’il faut y revenir, s’t’affaire!

Fini le silence qui fait si souvent écho à la question ”Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école ? ” L’enfant prend si peu conscience de ses apprentissages, qu’ils soient d’ordre académique, social ou autre, que le parent entend trop souvent pour toute réponse ”Rien”…
Fini le temps des devoirs ‘pop-corn’   (lisez la maîtresse a donné, au hasard, une feuille d’exercices en devoirs, parce qu’il faut bien en donner… ). Ça arrive.
Fini les obtinations du genre   ”Je l’ai pas appris! ”   ”J’comprends rien” et j’en passe…avec les larmes qui suivent.
Fini le temps passé en classe à corriger des devoirs.

Ne suffirait que de légères modifications à nos pratiques. La fin de chaque jour d’école serait consacrée à une période durant laquelle l’élève lui-même rédige (ou dessine, à la rigueur) le bilan de sa journée. Il pourrait être aidé en cela par un encadrement qui prévoit, entre autres choses, une banque de mots  écrits au tableau, faite collectivement à partir du vécu de cette journée. Les activités vécues, visites reçues, les notions apprises seraient passées en revue. Chaque enfant ferait alors ressortir dans sa production écrite les faits marquants, les réussites ou les moments difficiles de sa journée.

Et je cesserais, comme bien d’autres, d’entendre les parents déplorer qu’ils n’ont pas le temps de prendre du temps avec leur enfant. Il a trop de devoirs…
Pas assez de temps pour jouer à des jeux de sociétés, pour jouer tout court.  Pour fréquenter les bibliothèques, les musées. Pour cuisiner ou bricoler ensemble.  Ou pour écrire à grand-papa…

Mais, me direz-vous, le Ministère prescrit des devoirs !! Je sais.
Mais il ne prescrit pas la forme que ceux-ci doivent prendre …

Marielle Potvin,  orthopédagogue