Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


La chance d’un vendredi 13 !!
13 décembre 2013, 20:48
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Je viens d’apprendre qu’on peut se procurer une version gratuite de KorectDys Simple, un logiciel  de Médialexie.

Si vous ne l’avez pas encore essayé, c’est toute une chance!  Il s’agit d’une offre exceptionnelle pour nous remercier de notre confiance en 2013.

‘Nous invitons tous les professionnels à se procurer gratuitement notre version francophone de KorectDys simple, sans aucune limite de temps.

Médialexie se différencie radicalement de ses concurrents par la qualité de ses résultats. Un logiciel, un seul environnement…et toutes les fonctions d’aides nécessaires à la réussite des personnes atteintes de troubles d’apprentissage.

Cette version contient un Éditeur de texte,  lecteur de synthèse vocale, un prédicteur de mots phonologique, une cartographie mentale, un correcteur orthographique et grammatical (Cordial), un enregistreur numérique, des dictionnaires, un conjugueur de verbes, etc… »

Comment faire? C’est simple.

Il suffit d’aimer leur page Facebook et de remplir le formulaire
au même endroit avant le 31/12/2013 afin de recevoir gratuitement
votre logiciel KorectDys simple!Cliquez sur l’un des liens ci-dessous
pour procéder :
Vous travaillez dans un établissement public?
https://www.facebook.com/MedialexieCa

Vous travaillez dans un établissement privé?
https://www.facebook.com/MedialexieCa

Nous vous retournerons votre lien de téléchargement et votre licence!!
(valable pour une installation seulement)

*Orthopédagogues : Membre de l’association de L’ADOQ.

 

Vous le savez, je suis une fan finie de Médialexie.

Vous voulez savoir pourquoi?

Allez consulter un billet que je vous ai proposé cet automne.

Vous comprendrez tout!

Bon vendredi 13 !

Marielle Potvin, orthopédagogue 

 



Bang!

La vie reprenait ses airs habituels après des vacances passées dans le climat feutré du cocon familial.
D’un jour à l’autre, je me préparais à poursuivre le cours de ce blogue, mais la procrastination l’emportait souvent.
Je faisais bien quelques consultations, des lectures, mettais de l’ordre dans mes paperasses, rétablissais quelques contacts, poursuivais quelques projets, mais bon, pas de billets, pas de Twitter, et pas trop de courriels.

Jusqu’à lundi.  Question de me remettre dans le bain, je navigue sur différents blogues, quande tombe sur celui de Missmath, et j’y lis ces mots:
Ils ne sont pas ignorants: on accepte qu’ils le soient.

Bang!   C’en était assez pour que je reprenne le collier. Et je ne parle pas de perles, ici.

Je m’étais promis de commencer 2010 en accordant un prix Orange et un Prix Citron. Pour le fun.
Mon Prix Orange revient à un billet  de Martin Bélanger. La victoire de l’inertie.  Je dois avoir lu ce billet une dizaine de fois tellement je m’en délectais. Comme si cet enseignant avait trouvé les mots que je cherche trop souvent.

Ces mots que je ne peux trouver dans le cas de mon Prix Citron.  C »est arrivé il y a quelques jours. Les parents d’un de mes élèves m’avaient demandé de participer à l’élaboration du plan d’intervention de leur fils. 14 ans, le p’tit gars.

Trouble d’apprentissage de type dysorthographie sévère, entre autres.
Je m’apprêtais à recommander les aides technologiques appropriées dans sa situation.  Ces aides, qui font pourtant l’objet d’une subvention gouvernementale, principalement des logiciels, facilitent l’apprentissage chez les élèves en les encourageant à persévérer malgré les difficultés rencontrées. Loin de devenir des béquilles pour les élèves, ils représentent plutôt une source de motivation et un moyen compensatoire à leur difficulté qui se révèle très efficace.
Mais on ne les connait pas. On utilise Adibou ou Mia. L’élève me confie en être humilié mais on me dit qu’on n’a pas le choix, étant donné son niveau.

Mon Dieu, que je suis tombée de haut.   Ayoye!

Le plan d’intervention consistait essentiellement à mettre en place des mesures pour contrôler le jeune, pour qu’il ne dérange pas et qu’il soit positif devant le travail demandé. Même quand ça consiste en une série d’exercices sur feuilles photocopiées. On ne pouvait se détacher du mode de production pour entrer dans celui des apprentissages.

Désespérant.

Et dire qu’il aurait pu utiliser des sites comme La bande à Chopin , Le terrain de jeux, Les dictées virtuelles, Gramm-O-L’eau en français;
Météormath, Le Café des Mathadores, Math en jeu et l’incontournable Bibliothèque virtuelle en mathématiques.
J’en nomme quelques-uns, comme ça, en passant, mais il y en a des tonnes, tous plus ludoéducatifs les uns que les autres!!
Écrivez-moi si vous en voulez davantage 😉

Vous me pardonnerez de commencer l’année (que je vous souhaite bien bonne, en passant) sur un ton que vous ne me connaissez pas habituellement.
Je ne demeure pas dans cet état bien longtemps. Il y a trop à faire . Entre autres, se demander, comme le fait si pertinemment M. Asselin,  «Quand aurons-nous droit à un échange honnête et sérieux sur le système d’éducation au Québec?»

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438-886-8141
 



Yes you can !

C’est en ratissant les feuilles, cet après-midi, que me sont venues ces pensées.  En novembre dernier, la mère d’un de mes élèves a dû être hospitalisée. Tommy s’est présenté à son rendez-vous habituel accompagné de son père.  8 ans, le p’tit gars.  Trouble d’apprentissage en écriture, selon ce qu’on m’a dit.  Je le voyais pour la troisième fois, et après avoir appris la nouvelle, j’ai pensé lui proposer de faire une carte pour sa maman.

Moi :  Qu’est-ce que tu aimerais lui dire ?
Lui: Je ne sais pas, Madame.
Moi: As-tu le goût de la voir guérir vite ?
Lui:  C’est sûr.
Moi: Alors, dis-lui…
Lui: Je ne peux pas.
Moi: Pourquoi donc ?
Lui: Parce que je peux pas écrire tous les mots.
Moi: Il y a des mots que tu ne peux pas écrire?   (Ici, feindre l’innocence… 😉
Lui: Oui, ceux que la maîtresse m’a pas encore montrés.

J’observais, et pas pour la première fois, qu’ un élève n’avait pour tout bagage que les mots que son enseignante lui avait donné à apprendre. Il ne lui viendrait pas à l’esprit d’écrire quelque chose qui n’était pas inclus dans les listes hebdomadaires de mots à apprendre. (C’est pas fort, si on tient compte que ces mots ne sont, pour la plupart, qu’enregistrés dans la mémoire de travail, et donc envolés comme feuilles au vent dès la prochaine liste de mots à apprendre. )
Le risque de faire une faute, vous comprenez. J’ai vérifié. Plutôt que de risquer, il s’abstient.
Même aujourd’hui, alors qu’il aimerait bien souhaiter à sa maman de guérir rapidement.

Tommy, comme tant d’autres, se trouve tout à fait démuni quand vient le temps d’écrire un message de son cru.
Il faut absolument défaire le discours intérieur que se fait cet enfant. Lisez qu’il n’a le droit que d’écrire des mots qui lui sont donnés en dictée ou qui lui ont été prescrits.
Si c’est pas du nivellement par le bas, ça …

Un peu jeune encore, il n’a pas encore fait connaissance avec Le Petit Robert.  C’est pas grave.

Je lui présente  le dictionnaire EurékaSi je n’avais qu’un seul outil à suggérer pour le développement des compétences à écrire, ce serait celui-là.

Son papa, qui assiste à la rencontre,  se rend compte que son fils a accès, en moins de 30 secondes (ça viendra avec un minimum d’entraînement), à 10 000 mots.
J’ai pas dit la définition de 10 000 mots. Il n’a pas besoin de savoir ce que signifie le verbe souhaiter. Il a besoin de savoir l’orthographier.
Alors qu’on le laisse tranquille avec les impératifs de chercher dans le dictionnaire pour trouver l’orthographe d’un mot. Une bien bonne façon de décourager n’importe quel élève.

Laissez-moi partager avec vous un petit morceau de mon expérience d’enseignante:
Hélicoptère….   MadaAammm…  Yé pas dans le dictionnaire…
Pharmacie…..    MadaAammm…  Yé pas dans le dictionnaire…
Ben non, ces mots-là sont pas là … (!!!)   Regardant au-dessus de leur épaule, un cherchait Hélicoptère dans la section E, et l’autre le mot Pharmacie dans les F.

Tommy a reçu un diagnostic de dysorthographie, en mai de l’année précédente. Ce diagnostic a été émis suite à une batterie de tests passés en neuropsychologie.
Son enseignante est au courant de ce diagnostic, et Tommy obtient les services d’une orthopédagogue, à l’école.
Pourtant, il n’avait jamais été mis au courant de l’existence de l’Eurêka et bien sûr, n’avait pas appris à s’en servir.

On commence donc à structurer oralement la phrase qu’il aimerait écrire en premier. Je souhaite que tu guérisses vite.
Vous devinez que le mot « souhaite » va poser une difficulté. On s’y attend, même chez un enfant sans trouble d’apprentissage.
Or, avec ce dictionnaire, qui fonctionne de manière phonétique, l’élève cherche le mot à partir de la façon la plus simple d’écrire le son.
S-OU-È-T   et vous arrivez directement à souhaite.
Le seul pré-requis nécessaire est de posséder une conscience phonologique minimale. La conscience des sons et de l’ordre des sons dans les mots, si vous voulez.
Si ce n’est pas le cas, on peut travailler cet aspect avec un logiciel très efficace à ce niveau: Le Phono-Quizz. 

En moins d’une heure, ils sont repartis. Le papa avec un Eurêka sous le bras et Tommy, une nouvelle confiance en lui.
Quand il sera plus grand, il pourra accéder au dictionnaire Eurêka pour le secondaire. 30 000 mots, celui-là. Ça lui laissera plus de temps pour chercher les définitions des mots dont il ne connaît pas le sens, plutôt que de perdre son temps à en chercher l’orthographe.

Je continue de ratisser quand tout à coup je fais le lien. C’est bien à cette période, l’an passé , que Barack Obama  nous avait tous épatés.
Un slogan puissant:  Yes we can.

Des mots qui parlent de la dignité et du pouvoir de chacun.  Des mots qui permettent de s’exprimer, peu importe ce qui était prévu au programme cette semaine. Des mots que je souhaite à Tommy.

En mettant les gros sacs au bord du chemin, j’aurais bien aimé y mettre aussi toutes ces fausses idées qui persistent,  au sujet du processus d’apprentissage de l’écriture. Et y donner quelques bons coups de pied !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com