Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


La charrue devant les bœufs
19 décembre 2010, 00:31
Filed under: Non classé | Mots-clefs: , , ,

En cette saison,  je me verrais davantage parler ici du traîneau du Père Noël, mais celui-ci se débrouille très bien sans moi.

Je vais donc vous parler de la charrue devant les boeufs. Quel est donc le lien, me demanderez-vous? Bien voilà. Je constate que souvent, c’est ce qu’on fait, quand on enseigne des notions en lien avec l’écriture. Laissez-moi vous expliquer.

Encore cette semaine, une de mes élèves avait un travail à terminer (Vous savez, dans Lexibul, des noms à mettre au pluriel) avant de commencer ce que je lui avais préparé. Toute une page, avec des lunettes, et tout.  Je n’ai rien contre Lexibul, qu’on ne me méprenne pas, c’est juste un cahier d’exercices comme on en trouve dans toutes les classes de 2e année.  La petite exécute à merveille la fin de cette activité, et vivement qu’on passe à autre chose.

Pour la je-ne-sais-combientième-fois, je constate encore et toujours le même phénomène: il s’agit que je lui demande d’écrire un nom au pluriel DANS UNE PHRASE, par la suite, pour que le nom en question ne soit pas accordé, huit fois sur dix.  Pourtant, elle vient de s’exercer, non ? Non. On croit qu’elle a appris. Nuance.

Voyez-vous, en apprentissage, un des phénomènes les plus répandus est l’absence de transfert des dits apprentissages dans d’autres contextes. Ici, la phrase est venue remplacer la page (pourtant si bien réussie) du cahier d’exercices.  Comment peut-on expliquer ce fait, si fréquemment observé par les enseignants, que le lien ne soit pas fait de l’une à l’autre ?

Ça m’a pris du temps, mais je peux affirmer maintenant que les apprentissages ne se font qu’à partir de deux sentiments: le goût et le besoin.
Que ce soit le goût d’écrire correctement parce qu’on  sera lu, ou publié, ou encore le besoin de bien présenter l’objet de notre communication, le besoin  d’apprendre, de comprendre et d’avancer, toutes ces motivations sont et sont seulement les vraies bases de l’ apprentissage durable.

Souvenez-vous de la dernière chose que vous avez apprise. Dans le domaine que vous voulez. Le goût ou le besoin. Y a que ça de vrai.

On est loin des réponses courantes que fournit l’élève quand il  nous explique pourquoi il tente d’écrire correctement ; pour avoir une bonne note, pour obtenir un beau bulletin, pour que mes parents soient fiers, que la maîtresse soit contente,  pour  passer mon année, pour que j’aille au secondaire, pour avoir un bon job dans vingt ans, alouette !!!   Presque jamais parce qu’il avait le goût ou le besoin d’apprendre.

Comme on devient forgeron en forgeant, c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. Et qu’on en développe le plaisir.

Me croiriez-vous si certains jours, quand je demande à un élève ce qu’il a écrit récemment, il me répond qu’il n’a que transcrit des devoirs dans son agenda?

Bien sûr, il a écrit autre chose; il a fait une dictée, rempli des pages de cahiers d’exercices. Nous revoilà dans la logique de production plutôt que dans une véritable logique d’apprentissage. On est loin de lui inculquer comment sa pensée s’organise avant que ne s’organise sa phrase ou son récit,  puisque les phrases données en dictée sont déjà construites. Nul besoin pour l’élève d’articuler sa pensée, de construire sa phrase au complet dans sa tête AVANT de l’écrire, de l’améliorer, de l’enrichir, pour ensuite l’écrire et  la relire,  douter, vérifier, apprendre et partager.

Nulle occasion, devrais-je dire.

Doit-on ensuite se surprendre que peu d’entre-eux n’arrivent, plus tard, à élaborer des textes le moindrement structurés, même à la fin du secondaire ?  Je partage avec vous l’observation suivante: les enfants n’écrivent nettement pas assez, à l’école.  Serait-ce parce qu’on se croit obligés de tout corriger, contrôler, décider des mots à utiliser ?

Et puis, il arrive tellement de choses, on a tellement de « matériel à écriture » rien qu’avec la vie de la classe.

Par exemple, combien d’élèves ont eu l’occasion de compiler les denrées qui ont été déposées dans les boîtes dédiées aux paniers de Noël ? En faire la liste aurait donné bien des occasions d’écrire des noms au pluriel. Non. On écrit ce qui est prévu par les maisons d’éditions.

Je ne donnerai que cet exemple. Mais me semble qu’il y aurait lieu de proposer des situations d’apprentissages tellement plus signifiantes, tellement plus souvent. Par la suite, bien sûr, on réactiverait ces nouvelles connaissances par la pratique, si nécessaire à l’intégration des apprentissages. Mais la pratique viendrait donc après. Et les boeufs retrouveraient la place qui leur revient.

En rappel , cette vidéo qui nous en dit long sur le processus d’apprentissage de l’écriture:

Un merci spécial à tous ceux qui y ont contribué.


Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Hors de la boîte, point de salut ?

                                                

On le sait. On a parfois l’impression d’avoir tout essayé. Pour trouver des solutions, il faut souvent penser « En dehors de la boîte ».

Soit une situation  :
Un élève en difficulté, lecture et écriture. 5ème année. Motivation à la baisse. Évidemment.Tout est à travailler…
La compréhension en lecture, l’orthographe d’usage et grammaticale, les accords, les conjugaisons, les homophones,  alouette !

Je l’avais rencontré, maintes fois, en consultation. Il faisait des progrès importants, mais inconstants.
On avait beau, ses parents, son enseignante et moi, tenter de l’aider au mieux, les performances demeuraient en dents de scie.
J’écarte encore aujourd’hui la possibilité d’un trouble spécifique d’apprentissage, vu les résultats qui sont parfois si positifs.
Il faut pourtant régler une fois pour toutes ces difficultés. Il est au 3ème cycle, quand même!
 
M’est revenu en mémoire un documentaire, à la télé, dans lequel s’exprimait Normand Latourelle, le créateur et maître d’oeuvre de Cavalia, un spectacle unique.  Si vous l’avez vu, vous ne douterez pas une seconde de ce qui suit…

M. Latourelle expliquait son succès à dresser les chevaux de façon à leur faire faire littérallement tout ce qu’il voulait. Sans crainte et sans contrainte.

Il utilisait d’abord son remarquable sens de l’observation, pour connaître chacun des chevaux qui était sélectionné pour faire partie du spectacle. Comme il disait, il apprenait alors à parler son langage. Il considérait ce que le cheval aimait, ce dont il avait besoin, son tempérament. Ensuite, il mettait ses énergies à parler son langage. Avec le succès qu’on lui connait.
Ce passage m’avait particulièrement inspiré.

En tant qu’enseignants, est-ce qu’on prend la peine de connaître nos élèves, et  de parler leur langage?
Je suis plus certaine de la première partie de la question que de la deuxième…

Soit une solution :
Je propose aux intervenants, lors d’une rencontre, les modalités suivantes:
On retire l’élève de l’école les vendredis.
Je me connecte à MSN Messenger, avec lui, à l’heure indiquée.
Nous ferons un total quatre heures d’échanges durant la journée, à distance.
Bien sûr, on aurait pu utiliser aussi une webcam, mais j’ai préféré qu’on s’en abstienne.
De cette façon, l’élève devra lire toutes les consignes, les comprendre, et y donner suite. 
Bon, on s’entend que c’est une situation privilégiée, mais c’est intéressant quand même, vous allez voir…

Toujours en compagnie d’un de ses parents, l’élève travaille de façon intensive sa compréhension de 
lecture et ses compétences en écriture.
 
Je le réfère à des sites Internet, il y en a plein sur mon Delicious 
Des dictées virtuelles, des activités interactives de toutes sortes…
Mon art consiste  à lui faire vivre des succès tout en lui proposant des situations  qui comportent
des difficultés graduelles de façon à ce qu’il fasse de véritables  apprentissages,
et comme M. Latourelle le suggérait, selon ses intérêts.

Bien sûr, même si on utilise un médium qui s’y prête habituellement, pas question d’utiliser
abréviations  ou langage MSM.
Pas que je suis contre, mais le but à atteindre ne s’y prête pas dans ce cas.

J’enregistre toutes les conversations que nous avons, et je les fais parvenir à son enseignante
et au directeur de son école à la fin de la journée. 
 
De mon côté, je note les types d’erreurs, pour planifier les prochaines sessions.
Les difficultés sont ciblées de façon précise.
Les progrès sont observables et mesurables.
Les rétroactions sont immédiates.

On va faire du bon boulot.
En parlant son langage. 😉

Mise à jour du vendredi 16 avril 2010 :
C’était notre 3ème vendredi aujourd’hui.
Nous avons établi un code de couleurs qui nous permet de mieux nous comprendre. Si je dois le reprendre une  2ème fois pour le même type d’erreurs, j’utilise une autre couleur. Daniel voit donc qu’il s’agit d’un nouveau rappel et y porte encore davantage attention, ce qui renforce mon intervention. 
Il développe son autonomie, et les automatismes reliées aux compétences en écriture. Déja, de beaux progrès sont observés.
Je les attribue en partie à la rapidité de la rétroaction
Il le dit lui-même: Avant, je faisais un texte, le prof le corrigeait et j’en avais la correction quelques jours plus tard, alors que j’étais déjà ailleurs…  Maintenant, j’écris en sachant que je serai lu, dans un  délai très court. 
J’attribue aussi les progrès au fait que s’il fait une erreur sur une notion déjà vue, je lui demande de se reprendre en réécrivant la phrase au complet.   J’sais pas pourquoi, mais il se relit davantage, maintenant 😉

Mise à jour du vendredi 23 avril 2010:
C’était notre 4ème vendredi aujourd’hui.
Comme Daniel est un sportif, je l’ai invité à regarder le défilé des athlètes sur LCN. Il habite trop loin de Montréal pour pouvoir y assister, mais il a pu s’y joindre à sa façon. Je l’ai invité à lire des articles qui y faisaient référence, avant le défilé. Puis, nous avons bavardé de tout et de rien, après ce visionnement, et il a construit des phrases qui exprimaient ce qui l’avait le plus surpris ou ce qu’il avait appris en voyant ce défilé.
Intéressant comme on peut connaître quelqu’un juste en le laissant  communiquer. Il n’a pas l’impression de subir un test, ni rien. On jase de ses impressions, comme si on avait une conversation verbale.  Ça fait ressortir les faiblesses, comme les forces et les progrès, aussi. Les progrès, je les souligne et renforce ses efforts. Les faiblesses, je les remarque et travaille avec lui les notions qui s’y rapportent.  Je l’envoie sur des sites Internet où il peut consolider des  notions , je lui fais parvenir des télécopies , toujours en lien avec une difficulté qu’il vient de vivre. 
Je ne lui fais pas faire d’exerciseurs AVANT. Seulement quand il a réalisé qu’il est en panne pour une notion quelconque.  Il bute sur un homophone, ne sait pas comment accorder un participe avec Être, se trompe entre QUELLE et QU’ELLE, ne sait pas accorder un verbe avec le pronom ON… Vite, je lui sors un exercice qu’il sait en lien avec ce qu’il a voulu écrire.  Motivation, vous dites ?
 
Je savais que Daniel avait eu plusieurs otites en bas âge. Mais en lisant ce qu’il écrit, je constate de plus en plus que ce qui est lacunaire a un lien avec une faible discrimination auditive de certains sons.  Par exemple, aujourd’hui, il m’écrit un À au lieu d’un A.  Je lui demande comment il fait pour savoir quand c’est un ou quand c’est l’autre.  Il me répond que quand on peut remplacer par AVEC, c’est A.
Hum… Remplacer par AVEC… Il n’y a pas beaucoup de phrases qui ont du sens si on substitue A par AVEC, d’où sa confusion. J’ai donc pu rétablir la situation.  Et j’aurais plein d’exemples comme ça. 
Nous devions terminer à 15:00h. Conversant à bâtons rompus, ni l’un ni l’autre n’avons remarqué l’heure. C’est Daniel qui a remarqué le premier qu’il était 15:43h.    Nous nous sommes quittés à regret, après avoir échangé durant plus de quatre heures, en tout, aujourd’hui, et seulement par écrit, sur MSN Messenger.   

Mise à jour du mardi 27 avril 2010

 

Aujourd’hui, je viens vous faire part des nouveaux développements et échanges entre les différents intervenants.
D’abord, un courriel échangé il y a trois jours …  

Bonjour ,
Ce message s’adresse à M. LeDirecteur et à Mme SonEnseignante.
Je vous écris aujourd’hui pour vous faire un suivi concernant l’aide que j’apporte à Daniel, élève de Mme SonEnseignante
Depuis que nous travaillons ensemble, avec les mesures que vous connaissez, Daniel fait des progrès constants.
 
À la lecture du fichier attaché, qui relate nos conversations écrites, vous remarquerez que des confusions auditives ressortent, ce qui peut expliquer en partie les difficultés en écriture et en  compréhension de lecture de l’élève. Outre des sons qui sont confondus entre eux ( j / ch, f / v, é / è) nous pouvons aussi constater que toute la compréhension des règles de la grammaire est affectée.
 
Par exemple, dans le cas de l’homophone a /à , lorsque j’ai demandé à Daniel comment il s’y prend pour choisir entre les deux graphies, il m’a répondu qu’il s’agit de remplacer par AVEC
Or, dans ce cas, aucune phrase n’aura plus de sens avec ce mot.
Je n’aurais peut-être pas remarqué, à l’oral, mais c’était plus apparent, à l’écrit…
  

J’ai donc réajusté en lui expliquant qu’il s’agit plutôt du verbe avoir, à l’imparfait…  Ce qui a , bien entendu, éclairé davantage sa lanterne.
 
Le travail que nous faisons à l’écrit m’en dit donc beaucoup au niveau des difficultés particulières de Daniel. Celles-ci sont possiblement reliées au fait qu’il a subi de nombreuses otites, avec introduction de tubes dans les oreilles (à 3 reprises), avant l’âge de 5 ans.
Le développement de son langage s’en est aussi trouvé affecté.
Les parents ont vérifié avec l’ORL et l’acuité auditive semble normale.
  

L’aspect expressif et réceptif de son langage, à l’oral comme à l’écrit, accuse un retard important, de même que l’acquisition de son vocabulaire et de ses connaissances générales.  

En échangeant ensemble par écrit, Daniel doit lire les consignes, les comprendre et y réagir. Il m’est alors facile de mesurer sa compréhension. Si, en me répondant, il commet une erreur, la rétroaction qu’il obtient, dans un délai très court, lui permet de s’ajuster. De même, quand il réussit ou qu’il démontre du progrès, le renforcement positif ne se fait pas attendre.
 
Je reste persuadée qu’un travail intensif de la rééducation de l’écrit, mené de cette façon, contribue à faire progresser Daniel.
Vous pourrez d’ailleurs prendre connaissance des écrits que nous échangeons, par le biais du fichier attaché à ce message.
 
Ma principale préoccupation, en ce qui concerne les apprentissages faits par Daniel, sont de l’ordre du transfert de ceux-ci dans ses travaux en classe, ou ailleurs.
 
Il serait important de savoir si, en situation de travail en classe, par exemple, Daniel applique ses nouvelles connaissances, et devient donc plus compétent dans ses productions écrites. Les homophones travaillés sont-ils dorénavant appliqués (er / é, à / a,
on/ ont, c’est / ses / ces / sait ) ?   Certaines de ces notions sont encore fragiles, mais y a-t-il, selon Madame SonEnseignante, amélioration ? 
  

La majuscule et le point, qui sont maintenant acquis, sont-ils appliqués à l’écrit, maintenant ?
L’orthographe d’usage s’est-elle améliorée ?     Utilise-t-il davantage ses outils de références ? 
 
Les réponses à ces questions me seraient utiles pour adapter l’enseignement que je lui dispense.
  

Notons aussi que je lui ferai parvenir dès cette semaine un dictionnaire visuel (Québec-Amérique) qu’il pourrait utiliser pour ses productions écrites, par exemple, et qui vise essentiellement le développement de son vocabulaire.  Daniel gagne à utiliser un maximum de supports visuels.  

Si vous connaissez déjà les dates des examens d’écriture qui auront lieu en juin, ce serait bien apprécié que vous me les fassiez parvenir.  Daniel doit se présenter à ces examens, mais je doute fort qu’il puisse les réussir, l’écart étant très grand entre ses acquis actuels et les attentes de fin 5ème année.  

M. LeDirecteur a-t-il eu la chance d’explorer le logiciel ‘Hop! Écrire’ dont je lui parlais?
Nous commencerons à l’utiliser dès que la phrase de base sera suffisamment travaillée.
  

Aussi, nous comptons sur la possibilité de poursuivre l’aide durant l’été, de façon intensive, et amener Daniel à faire des progrès significatifs. Il faudrait déjà prévoir lui faire passer un examen de reprise en août, par une enseignante de votre établissement, afin de cerner davantage son niveau véritable à la rentrée.
 
Au plaisir de vous reparler,
Marielle Potvin, orthopédagogue  

Le lendemain, je reçois ce courriel de M. LeDirecteur:  

Bonjour Marielle,
Je débute par te dire que je suis inquiet du cheminement de Daniel.  En effet, son enseignante n’observe pas de transfert en classe malgré tous les beaux efforts qu’il met avec toi le vendredi. De plus, il semble mettre encore moins d’effort en classe et demeure dérangeant pour le reste du groupe.
 
Selon toi, est-ce une réaction normale suite à ce qui a été entrepris?  Réagit-il au nouveau fonctionnement?  Est-il en recherche d’un suivi 1 à 1 même à l’école?
 
J’aimerais aussi vérifier quelque chose avec toi.  Mme SonEnseignante me signale qu’elle observe des comportements qui a première vue ressemblent à un comportement TDAH.  Voici ce qu’elle observe :
 
–         Daniel bouge beaucoup en classe : tape du pied, tape sur son pupitre
–         Il parle constamment lorsque ce n’est pas le temps; il passe souvent des commentaires qui sont hors propos.
–         Il s’oppose aux demandes de l’adulte (enseignante et spécialistes)
–         Il est aussi très impulsif dans ses gestes et paroles
 
Qu’en penses-tu?  Observes-tu toi aussi des choses de la sorte?
 
Finalement, as-tu des idées pour rendre le travail de Gabriel plus efficace?
 
J’attends de tes nouvelles
Merci  


Voici la réponse que je lui ai fournie, peu après:
  

Bojour M. LeDirecteur,
Je comprends tout à fait vos inquiétudes. 
  

Présentement, je recommande une évaluation pour vérifier si Daniel ne serait pas atteint d’un trouble qui s’appelle le « trouble du traitement auditif « , anciennement appelé ‘trouble de l’audition centrale’.  

Il s’agit d’un trouble peu connu, et qui n’a rien à voir avec son acuité auditive.
Je vous laisse d’ailleurs un document à cet effet :
http://www.raymond-dewar.qc.ca/doc/def_FAQ_TTA.pdf
 
À la lumière de ce que je lis quand Daniel écrit, des informations que cela m’apporte (et j’ai des surprises, même si je le connais bien), je soupçonne de plus en plus que Daniel soit atteint de ce trouble.   J’en ai déjà parlé aux parents, et leur ai donné des références en ce sens, lors d’une conversation téléphonique, hier.
 
Je propose donc une évaluation à l’Institut Raymond-Dewar, plutôt qu’au CIME ou au CENTAM.
  

Essentiellement, nous visons à obtenir davantage de mesures d’aide concrètes pour Daniel. Éventuellement, cela pourrait mener à l’utilisation d’un système MF, si l’hypothèse se confirme. Dans presque tous les cas, nous voyons alors la situation évoluer positivement.  

Ce qui peut ressembler à des problèmes de comportement (ignorance des consignes et de l’adulte, seuil de tolérance à la frustration très bas, irritabilité et autres manifestations) peuvent être associées au fait qu’il soit atteint d’un trouble du traitement auditif.   

Daniel semble avoir de plus en plus de difficultés à composer avec les frustrations qu’il accumule depuis déjà plusieurs années,  les exigences à son égard devenant de plus en plus grandes avec le temps et le passage à des niveaux supérieurs. Il devient aussi de plus en plus conscient qu’il ne répond pas aux performances attendues, malgré ses efforts.  

Récemment, je me suis trouvé avec lui dans un lieu public. Daniel était étonnament silencieux.
Typique. Le bruit ambiant semble le fatiguer, et les consignes sont mal comprises, d’où une grande frustration de sa part.  Si on tient compte de ses otites à répétition et de son retard dans l’acquisition du langage, le TTA prédomine dans les hypothèses, bien avant une dyslexie ou un trouble de l’attention. En fait, ce dernier en serait plutôt une manifestation, au même titre que son manque de vocabulaire et de connaissances générales.
Par ailleurs, ses performances plutôt bonnes en mathématique nous indiquent que Daniel se débrouille mieux avec des éléments concrets, accompagnés de supports visuels et faisant appel à la logique plutôt qu’aux habiletés langagières.
 
Le manque de transfert de ses apprentissages pourrait aussi être relié à cette situation, car il éprouve beaucoup de difficultés à gérer plus d’une information à la fois. Ses problèmes d’organisation pourraient aussi être expliquées par un trouble de cette nature.
  

On peut constater facilement ces derniers éléments en prenant connaissance de ses écrits sur MSN Messenger. Il a du mal à comprendre l’utilisation des référents et à respecter le rythme d’une conversation écrite à tour de rôle.
 
D’ici à ce qu’on en sache davantage au sujet de la nature des difficultés de Daniel, le mieux que l’on puisse faire est de le supporter en lui donnant une seule consigne à la fois, de préférence par écrit et de lui faire reformuler celle-ci,  afin d’en mesurer le degré de compréhension.
  

Les consignes données verbalement devraient aussi être données par écrit (au tableau, par exemple) chaque fois que c’est possible.
 
Finalement, il est important de veiller à ce que Daniel utilise son carnet de bord, qu’il doit compléter chaque jour pour y noter ses difficultés d’ordre académique.
 
Nos encouragements lui sont plus que jamais nécessaires. Il est de plus en plus conscient de ses difficultés et sans un virage majeur, nous savons qu’il serait à risque de se décourager davantage.
 
Bien sûr, je vous tiendrai au courant des développements futurs. 
  

Merci de l’attention que vous portez au cheminement de Daniel.
Je demeure, bien entendu, disponible pour vous fournir toute autre information et pour échanger avec vous. Comme vous avez déjà enseigné à Daniel,votre apport et vos observations sont  importants pour valider certains des aspects soulevés.  

Salutations cordiales,
Marielle Potvin, orthopédagogue
  


Pour ceux que ça pourrait intéresser, voici des liens à suivre pour en connaître davantage au sujet du TTA:
  

http://j.mp/azlHNS
 
http://j.mp/9Rbjn5
 
http://j.mp/9Ztc73  

J’ai transmis ces infos aux parents de Daniel et à son école.
 
Aussi, vous trouverez ici une trousse d’intervention en salle de classe qui pourrait aider les enseignants à intervenir efficacement auprès d’un enfant qui est atteint d’un TTA   :
http://j.mp/a7g7OI   47 pages d’infos pratiques  😉  

Mise à jour du jeudi 29 avril 2010:

J’apprends que l’Institut Raymond-Dewar n’accepte pas de faire de suivis auprès d’élèves qui ne sont pas de la région de Laval ou de Montréal. Comme Daniel et ses parents habitent dans Lanaudière, il n’auront pas accès à leurs services. Je les réfère donc à la Clinique LOBE http://www.lobe.ca/site/index.php?s=9 . Ils sont présents dans plusieurs régions du Québec. 
Les parents ont obtenu facilement un rendez-vous pour le vendredi 7 mai prochain ! Il s’agit d’une clinique privée.
Bienvenue dans un monde à deux vitesses…
  

Bien sûr, j’ai des doutes. Je suis peut-être dans le champ. Je préfère toutefois suivre mon intuition que d’éliminer cette hypothèse par peur de me tromper.
Les conséquences seraient bien moins lourdes si je me trompe, de toutes façons.
À suivre…  

Surtout, je ne suis pas restée seule dans cette prise de décision. Depuis que j’ai soulevé l’hypothèse d’un TTA, j’en ai beaucoup parlé avec les parents, et il reconnaissent très bien leur fils dans la description des caractéristiques qui entourent ce trouble neurologique. Ils vont de l’avant pour une évaluation, en toute connaissance de cause, puisque l’information a circulé librement

Mise à jour du lundi 3 mai 2010: 

J’ai communiqué avec Daniel, vendredi dernier. Peu à peu, il acquiert des automatismes et vit de petits succès. Je lui ai fait parvenir un dictionnaire Mini Visuel, de chez Québec-Amérique. Ça va l’aider à développer son vocabulaire. On en est encore à travailler la structure de phrase et l’orthographe, mais avec ses outils en ligne   http://j.mp/cnvOsw  il a accès rapidement à l’aide qui lui est nécessaire.  Nous avons parlé hockey, il a fait plusieurs phrases bien construites, à la forme affirmative et négative, et il commence à démêler plusieurs homophones.
Je le vois avec ses parents, vendredi prochain,  juste après son examen auditif.  J’attends les résultats avec impatience, car si son audition est bonne, l’audiologiste procèdera sous peu aux tests de traitement auditif.    Et si c’était cela ??  
 



Venez diner sans chapeau dans mon iglou pour vous rafraichir.
24 novembre 2009, 00:10
Filed under: influences, ressources | Mots-clefs: , , ,

Entrez vous assoir. Vous pourrez surement gouter quelques chauvesouris qui brulent dans une boite.
Je vous entends d’ici me dire que ces phrases comportent des erreurs. Que nenni !  
Puisqu’il en est amplement question dans l’actualité, ces jours-ci, mes réflexions portent surtout sur l’attitude que nous avons devant les possibles erreurs que devant celles-ci en tant que telles.

Approuvée par l’Académie française depuis près de 20 ans, cette nouvelle façon d’écrire la langue  a  bien du mal à s’implanter au Québec. «L’orthographe rectifiée», qui vise à «simplifier la langue» en supprimant notamment plusieurs accents circonflexes, consonnes doubles, traits d’union et «anomalies historiques». je n’entrerai pas ici dans les détails linguistiques de la question, puisqu’il est aisé, pour quiconque s’y intéresse un peu, d’obtenir une mise à jour à ce sujet.   Non, ce qui m’intéresse, ce sont les attitudes tout à fait divergentes au regard de cette nouvelle, qui suscite tant de réactions.

D’abord, si cette nouvelle orthographe est acceptée depuis si longtemps, pourquoi diable observons-nous autant de résistance à son égard ?  Elle a pourtant été acceptée à l’unanimité par les instances francophones compétentes de la France, de la Belgique et du Québec, en décembre 1990 !  on en a à peine entendu parler. Sauf, bien sûr, en ce qui concerne le supposé nouveau pluriel de cheval.  À en croire la rumeur, qui a d’ailleurs fait ruer pas mal de gens dans les brancards, il s’écrirait désormais avec un S.  En voilà, une erreur ! Les chevaux peuvent continuer de galoper tranquilles, pour la simple et bonne raison que personne n’a essayé de dompter leur pluriel.

Le fait qu’on ait voulu massacrer la langue ou l’écrire au son relève aussi d’un mythe urbain.

En fait, il ne s’agit que de rectifications qui tendent à supprimer les anomalies de l’orthographe française, des exeptions ou irrégularités qu’elle comporte. D’ailleurs, comment expliquer, que bonhomme prenait deux M , mais que bonhomie n’en prenait qu’un, pour ne donner que cet exemple ?  Ce mot est maintenant conforme aux autres mots de la même famille. 

Or, pour des raisons qui m’échappent, on peut lire et entendre des commentaires tout à fait en désaccord avec l’emploi de ces nouvelles graphies. Bien que les nouvelles comme les anciennes soient acceptées,et que cette situation ne peut que rendre service aux usagers d’aujourd’hui et de demain, je me demande bien ce qu’il y a de si viscéralement jouissif , pour les enseignants surtout, à trouver des fautes. 
Je me demande.
Des fois, ce sont ces mêmes enseignants, qui, crayon rouge prêt à l’attaque, s’adressent aux élèves en disant que salapas d’allure , tellement ils font des FAUTES !!!   Ou encore: « Les amis, TU sors ton cahier… » ou  « Il faut rester calme quand qu’on sort dehors …  » À cet effet, je recommande la lecture de l’excellent roman de  Anne Bonhomme: « La suppléante ».   Édifiant !

En terminant, je dirais que  tout évolue avec le temps, et que la langue fait de même. On se rend bien compte du chemin qu’elle a parcouru, dès qu’on tombe sur un texte du 17ème siècle !   

C’est vous dire comme ces ognons ne me feront pas pleurer… 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Ma langue au chat …
25 septembre 2009, 18:54
Filed under: ressources | Mots-clefs: , ,

 

Lors d’une  discussion à ce sujet  avec quelques enseignants  , il  est ressorti que de faire valoir la qualité de notre langue et la fierté qui y est reliée passe encore pour du snobisme. En s’interrogeant  sur ce fait, on associait cette idée au fait que faire des fautes est fautif, mal et honteux.   ;-(
 
Vaut mieux fermer les yeux sur celles d’autrui;  pardonnez-leur comme vous aimeriez être pardonné quand vous en ferez. 

Nous avons appris cette semaine que les étudiants en enseignement devront, à partir de cet automne, réussir un nouvel examen national de français, plus difficile que le précédent, afin d’obtenir leur diplôme.  Pesonnellement, je n’ai rien contre.  Après tout, nous sommes des modèles pour les apprenants.

Ceci étant dit, je me suis interrogée sur ce qui pouvait supporter les enseignants en lien avec les lacunes observées.

  Vous écrivez à la main ?

*Prenez le temps de vous relire.     Simple , mais combien important !

*Gardez près de vous le mini-vérificateur d’orthographe de Larousse. 
                            Mini, comme son nom le dit.
    63 000 mots. Sans les définitions, mais genre et nombre indiqués. 
     Les filles: il a sa place dans le plus petit sac à main. Je vous jure ! 

*Un doute au sujet de la conjugaison ?   www.leconjugueur.com

*Un petit trésor:  http://www.cyberprofesseur.com/index.html  
              Le Cyberprof,  la classe virtuelle de français.
  Vous pourrez tester vos connaissances, identifier vos lacunes 
  et y remédier facilement. En tout temps, il vous sera possible de consulter 
   le guide grammatical.

* Un classique : http://www.ccdmd.qc.ca/fr/  incontournable pour quiconque 
    se soucie d’améliorer cet aspect.  
    Et http://j.mp/16zlWO , pour les mêmes raisons.

 

*Pour s ‘amuser:  http://j.mp/16zlWO 
  Des dictées trouées à faire seul ou en groupe   😉

Pour tout le reste, il y a Antidote, de Druide informatique, une entreprise québecoise.     N’allez pas croire qu’il s’agit d’un simple correcteur… 
Antidote réunit en un tout cohérent un correcteur de nouvelle génération, dix grands dictionnaires et dix guides linguistiques. Ces multiples ouvrages ne sont pas simplement plaqués ensemble : ils interagissent intelligemment pour aider à explorer tous les aspects d’une question linguistique. Individuellement, chacun de ces ouvrages rivalise avec les meilleurs de sa catégorie. Ensemble, ils n’ont pas d’égal.

Antidote est de plus accessible directement de votre texte par un simple clic sur un bouton ou dans un menu. Pas de conversion de fichier, pas de cédérom à charger, pas de perte de temps : vous écrivez, un doute vous assaille, vous cliquez, Antidote vous éclaire. Antidote, c’est la façon moderne, rapide et pratique d’écrire un français sans faute et avec les mots justes.
vue_boite

Aussi, un p’tit nouveau:  

Antidote Mobile s’installe entièrement dans votre iPhone et ne requiert pas de lien internet. En tout temps et en tout lieu, accédez dans le creux de votre main à toute la richesse du français !Avec ses dix riches dictionnaires et ses dix guides linguistiques détaillés, Antidote mobile est la plus grande référence du français dans le plus petit format… et au plus petit prix.Antidote Mobile fonctionne sur tout appareil doté de l’iPhone OS 2.0, soit l’iPhone, l’iPhone 3G et l’iPod Touch.

« Au vu de l’incroyable qualité et de l’étonnante quantité des données fournies par cette application (de surcroît en mode hors ligne), je ne saurai trop vous la conseiller. Pour le quart du prix d’un dictionnaire standard comme le Robert, vous avez 10 dictionnaires et 10 guides sur vous à tout moment. Définitivement mon meilleur achat sur iPhone. »   Un utilisateur

                                              À utiliser lors de l’examen !!     Chut !
Si, après tout cela, vous échouez tout de même,ne me demandez pas pourquoi, car  je donnerai ma langue au chat !  langue au chat

 
Mise à jour  (2009-10-01 :   http://j.mp/1a065o )

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
           450 687-8181



As-tu 5 minutes ?
15 septembre 2009, 22:16
Filed under: formation | Mots-clefs: , ,

Toujours surprise de constater à quel point nos élèves écrivent peu en classe, je partage avec plaisir ce vidéo produit par M. Roberto Gauvin, directeur du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska, N.B.
C’est en forgeant qu’on devient forgeron, dit-on.

Merci M. Gauvin.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Pour bien faire…
8 août 2009, 23:59
Filed under: Une fois c't'un parent... | Mots-clefs: ,

Hier encore, lors d’une consultation en orthopédagogie, un parent m’arrive avec son enfant.
Difficultés en écriture.  Dans son sac à dos, des cahiers d’exercices achetés chez Jean Coutu . 

-Est-ce bien, madame, ce que je lui ai acheté pour travailler cet été ? 

Bonyenne, comment lui expliquer ? C’est pas mauvais, c’est juste comme si on mettait la charrue avant les boeufs.
On va commencer par voir avec l’enfant ce qui l’ intéresse.  Elle aime  le camping.   Bien.

On sort une image de camping sur l’activboard et on lui demande de construire une phrase qui parle de cette activité.

L’élève, qui vient de terminer une 3ème année, s’attend à une phrase donnée en dictée.
Non non, construis toi-même une phrase qui me parle de ton intérêt pour le camping.
1ère lacune:  une difficulté évidente à organiser sa pensée.

”J’aime le camping” . Elle s’apprête à écrire la phrase. Elle a hâte d’écrire au TBI.
-Attends, lui dis-je.
-Nous allons tenter d’améliorer cette phrase.

C’est ici que je fais prendre conscience au parent que la pensée s’organise AVANT  l’écrit.
-Donc, tu aimes le camping. Peux-tu m’en dire plus?
-”J’aime faire du camping avec ma famille”.    Déjà mieux.
-Et quoi encore ?
-…………..
-On va jouer avec les mots, essayer de préciser sa pensée, d’enrichir son vocabulaire, de déplacer certaines parties mobiles de la phrase, et quoi encore, et tout ça,  AVANT d’écrire quoi que ce soit.

-Ouf, pas habituée, la petite.

Puis, après quelques essais et pas mal de support de ma part, elle écrit enfin:
-J’adore aller camper au lac Simon avec ma famille. Après le point final, elle se retourne.
2ème lacune:  Pas l’ombre d’un réflexe d’autocorrection.

-Qu’est-ce que tu fais, habituellement, quand tu finis d’écrire une phrase?
Les réponses varient, mais se situent habituellement entre     ”J’en fais une autre”    et     ” Je remets mon travail.”
Après avoir amené l’élève à se relire (et il faudra y revenir plus tard), je l’amène à douter de l’orthographe des mots.
On met un petit point sous les mots pour lesquels on a un doute.
3ème lacune: Elle n’a pas appris à douter.


On en parle et je découvre que si le prof lui met une erreur,  elle joue une espèce de pile ou face…
Si mèson ne s’écrit pas comme ça, ben ça doit s’écrire maison. Ou autrement. Elle va essayer de ”tomber dessus.”
Et c’est comme ça qu’on apprend ??

Voilà donc qu’après avoir douté de quelques mots, je lui demande:
-Alors, on fait quoi avec ces doutes ?
On cherche dans le dictionnaire? Ben non, vous savez qu’ils ne le font pas.
Et pourquoi donc?
Bien souvent parce qu’ils ne trouvent pas.     Camping: commence par un K, un C, QU  ?  Un P ou deux?


Le dictionnaire sert à trouver des définitions, pas l’orthographe des mots.
La plupart du temps, personne ne leur a parlé du dictionnaire Euréka.  J’y reviendrai…

Pour ce soir, j’écrirai ce que les enseignants qui me connaissent ont entendu à maintes reprises:
Les apprentissages ne se font qu’à partir de deux choses: le goût ou le besoin.

Un enfant veut écrire quelque chose. On lui montre comment.
Si on a une règle de grammaire ou d’accord à expliquer, on le fait, mais on lui enseigne surtout comment trouver et vérifier, pour la prochaine fois.  

Ensuite, on pratique.     Dans les cahiers d’exercices.

Marielle Potvin,  orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450-687-8181