Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Ça n’arrive qu’une fois par année!

Imaginons…

En ce début de 2014, je me permets de partager avec vous ce qui me vient en tête lorsque j’imagine détenir une baguette magique qui me donnerait tous les pouvoirs sur le système éducatif québécois.
Ce n’est pas un petit billet à la va-vite, je vous préviens. Il est bourré d’hyperliens 😉

D’abord, j’imagine les enfants qui commencent leur journée avec leurs enseignants par une séance de yoga, de tai chi ou de kinésiologie éducative.

Avec la natation, voilà l’essentiel des cours d’éducation physique.

Ensuite, question de se réchauffer les méninges,  on pratique la frappe au clavier.  Il n’y a ni crayons ni papier dans cet environnement, alors, il faut bien s’exercer! Ce, dès la 3e année.

Je vous invite à  visiter  ce rêve avec moi.
(NOTE : commencer à visionner à la 7e diapositive, et essayez de ne pas dire WOW!)
Parce que l’environnement dans lequel l’enfant serait fier de se rendre est bien loin des moisissures et de l’air vicié que trop souvent, on lui propose actuellement.

Toutes les communications avec les parents et la communauté se font à partir du portail de l’école. Et pour ce qui est des pupitres,  jetez un coup d’oeil ici     Ce serait intéressant d’avoir de moins en moins recours au Ritalin, à l’aide  de telles initiatives.

Quand vous l’aurez visité, vous aurez le goût d’y enseigner autant que les élèves auront le goût de le fréquenter.

À l’horaire, des matières de base, bien sûr (sauf l’anglais; voir les mercredis)  mais intégrées et significatives, à l’image du milieu, de sa couleur et de ses valeurs. Faire la cuisine ou un jardin, peut-être?

Comme le iPad , le iPod et tous les outils technologiques seraient à l’honneur. Non que la technologie  soit une panacée, mais un moyen actuel d’apprendre et de communiquer. Il va sans dire qu’une éducation aux médias est prévue.

Les enseignants  auraient  un important rôle à jouer au niveau de l’éducation aux médias. Ça presse… Comment trouver des informations, en valider les sources, développer son identité numérique, pour ne nommer que cela.
Toutes les 
applications utiles, dictionnaires et conjugueurs seraient à portée d’un clic.

Chacun pourrait lire , entre autres, ce qu’il s’est fait télécharger sur son iPad, à sa mesure et selon ses intérêts, en étant guidé en cela par les enseignants et à son rythme, à la façon de Yves Nadon. La littérature ‘papier’ n’y serait pas exclue, loin de là, et les budgets consacrés aux manuels scolaires si vite désuets seraient utilisés autrement.  La bibliothèque? N’y en a-t-il pas une, habituellement située tout près? Et puis, il y a les livres en liberté…Chacun en apporte et les fait circuler.

 Le matin, on  projetterait les présentations de la météo et des événements de l’actualité .  

L’ACTUALITÉ !  Voilà de pertinentes situations d’écriture et de lecture. Le vocabulaire, la géographie, les statistiques, la science et j’en passe    Des sites très bien faits se consacrent déjà à donner du sens aux apprentissages.

Il y aurait un horaire continu et les parents y seraient les bienvenus autant que faire se peut et à quelques heures d’avis.  Conciliation travail/ famille…
Les écoles alternatives m’inspirent, à ce sujet.

Et les mercredis… Ah! Les mercredis…  Ce serait journée de sortie éducative ou sportive.  En anglais.  L’occasion de vivre de vraies situations d’apprentissage dans une langue seconde qui s’apprend tellement mieux en immersion.
Les enseignants des autres matières, quant à eux, auraient alors tout le loisir de se concerter, de se ressourcer, de rencontrer des parents, et de parfaire leur formation continue.

Et laissez-moi tranquille avec l’enseignement religieux ou ce qu’on appelle maintenant Culture et Éthique religieuse.  Les enseignants ne sont pas à l’aise avec ça, pour la plupart,  et je crois que la dimension spirituelle des personnes se développe d’abord et avant tout dans la famille.

Les valeurs morales, par exemple, ça, c’est autre chose… Et ça s’enseigne par l’exemple, même à travers des leçons de mathématiques ou en sortie éducative. Avec les parents.
Ce ne sont pas des matières qu’on peut enseigner ‘à part’, encore ici, artificiellement et hors contexte. Les bonnes manières, ça s’acquiert par modélisation.

Les devoirs?   Connais pas.  Les enseignants  recommandent  d’écouter une émission, d’apprendre à cuisiner, ou de jouer à un jeu de société. Et avec leurs parents, quand c’est possible.
Le parent bien outillé saura rendre ces moments riches d’apprentissages.
Le lendemain, que de choses à raconter, par écrit, évidemment.

L’enseignement de l’écriture serait à l’honneur, à travers ces activités. Surtout l’enseignement des stratégies. Pas des mots prescrits et obligatoires qu’on oublie après avoir fait ‘le fameux contrôle de la semaine’. L’enseignement de l’apprendre à apprendre. Comment construire des phrases, enrichir son vocabulaire, préciser sa pensée, développer de bonnes méthodes de travail.

À l’image de l’école Des Coeurs Vaillants et du Centre d’apprentissage du Haut madawaska, ce milieu stimulant conjuguerait le projet en entrepreneurship de la première avec l’approche  utilisée au Cahm pour l’évaluation. Je trouve vraiment génial que la famille élargie et la communauté entière puisse consulter les travaux des élèves sur le site sécurisé de l’école. Pour être signifiantes, les situations d’écriture doivent être publiées. La communication devient facile et les mauvaises surprises lors des évaluations sont évitées, la plupart du temps.

Les élèves différents y trouveraient leur place, aussi, tant que c’est possible. Chacun a un rôle à jouer dans la vie 

Ah, oui, j’oubliais, il y aurait un ou deux chiens gentils…  Quel plaisir de les voir courir avec les enfants, à la récré !

Mais comme Noël ne m’a pas apporté de pouvoirs spéciaux cette année, va falloir retourner à la réalité.  Bonne année!   



Une école pour la vie

J’aimerais dédier ce billet à mes amis de Clair, au Nouveau-Brunswick.
Il s’y tient ces jours-ci un Colloque auquel je n’ai pu, cette année, participer. J’aimerais cependant les remercier de m’inspirer et les encourager à continuer à innover de si belles façons.  Pour qu’un jour nous puissions tous réaliser, comme eux,  »Une école pour la vie…! »

Étant né dans un famille fortunée et  longtemps avant que le moment ne soit  venu,  ses parents se sont demandés quels choix ils feraient pour leur fils.  Comme ils habitaient un grande ville, ils ont fait le tour des établissements publics et privés.  Leur premier choix s’est dirigé, tout naturellement,  vers un établissement privé.Les parents, tous deux artistes de renom, ont trouvé l’atmosphère un peu guindée, et se sont demandés si leur fils s’épanouirait, artistiquement, dans ce milieu. 
Ils trouvaient le climat plutôt ‘uniformisé’,  mais bon, tous les enfants de leurs amis fréquentaient cette école privée.
C’est cher?  Peu importe. Ils n’en sont pas à huit ou neuf mille dollars près par année.

Ouverts d’esprit, ils ont  envisagé d’autres options: l’école publique, régulière ou alternative.  Une seule visite à l’école alternative les a convaincus : d’abord, elle est située beaucoup trop loin de chez eux, et ensuite, l’ implication demandée aux parents est trop importante pour le temps dont ils disposent. Sans compter que souvent, ils voyagent à l’extérieur et confient le petit à une nounou. Celle-ci ne devra quand même pas s’engager à  animer des cours de compostage ou de musique. Une bonne nounou, c’est déjà assez rare, merci !

Restait donc l’école publique. J’ai tellement ri quand le papa me racontait qu’à la première rencontre, la directrice lui a expliqué que  ‘Ça va têtre tellement le fun de prendre l’etobus ! Quand qu’on va en sortie, ça l’arrive qu’on la prenne !   

Ces deux phrases lui ont permis de prendre sa décision.  Pas question qu’il fasse même garder son fils par cette personne! Déjà qu’ils craignaient pour la sécurité du petit;  ils n’entendaient pas lui faire risquer une telle contamination. Sa nounou était unilingue anglophone (ce sont les meilleures, parait-il), alors c’est une priorité que l’école lui présente un français correct.

 
Leur décision était prise. L’inscription du petit Damien se ferait à l’école privée.  Déjà qu’ils  lisaient dans les journaux tout plein de trucs, et ils n’avaient pas encore comparé le nombre d’élèves par classe, ni visité les toilettes… 

Aujourd’hui, il en est déjà à sa 3ème année. Tous les matins, il vêt son petit uniforme, et part recevoir un enseignement hors du temps qui inspire confiance aux parents. Aucun élève en trouble de comportement ne vient perturber la sérénité de Damien. Les enseignantes connaissent tous les élèves par leur nom, l’école est propre et bien tenue. 
Rien à redire.  

Sans le dire à son enseignante, ses parents m’amènent Damien, dont la motivation est en chute libre depuis quelques temps.
 » Regardez ses cahiers, me dit la maman. Les notes, dans ses dictées, baissent de jour en jour !  »   Je n’avais jamais vu une écriture aussi parfaite.
Cet enfant n’écrivait pas, il dessinait! À la plume fontaine, s’il vous plait!
  
À ce sujet, par exemple, le papa me fait remarquer qu’il faut leur donner ça, à ses professeurs. Tous les enfants écrivent très bien, à cette école.
C’est beau, n’est-ce pas ?

Vous pouvez vérifier, ce billet est écrit en date du samedi 29 janvier 2011.  Et Damien, c’est il y a deux semaines que je l’ai rencontré pour la première fois.

Comment expliquer à ces parents que Damien commence à se rendre compte que les apprentissages qu’on lui demande de faire à l’école ne sont peut-être là que pour enorgueillir, justement, l’établissement qu’il fréquente?   Regardez comme c’est beau! 

Combien d’heures a-t-il passé sous le regard implacable de la maîtresse, pour en arriver à ce résultat?  

Je sais bien. Il n’en mourra pas.   C’est sa motivation, par exemple, qui ne résistera peut-être pas.  Je ne savais pas trop par quel bout prendre ça au début. Je n’étais quand même pas pour démontrer mes états d’âme devant cet enfant, qui avait l’air assez penaud comme ça.  Aussi,  je me suis bien gardée de leur parler de mon blogue.

Me restait à voir pourquoi les résultats de Damien avait subitement chuté en orthographe…
Voulant prendre exemple sur ce qu’il devait mémoriser dans sa liste de mots, on m’a tendu ce livre :

Ouf!   1956…  Je n’étais pas encore née.  C’est vieux, ça, madame…

Tout de suite, on me précise : les manuels sont parfois désuets, mais des fois, les bonnes vieilles méthodes…
Et puis, on n’utilise pas ça tout le temps, juste quelques fois par semaine.

Je venais de comprendre pas mal de trucs.
Damien commençait à comparer l’école avec… la vraie vie.  

En complément, cette vidéo. Elle date un peu, mais jamais autant que certains manuels scolaires(à suivre)Marielle Potvin, orthopédagogue



Sans commentaire…
22 juillet 2010, 23:35
Filed under: Non classé | Mots-clefs: ,

À la suite de l’édifiante lecture d’hier, je vais renchérir aujourd’hui avec une vidéo tout à  fait dans le ton.

Observez comment on prétend enseigner à  diviser une fraction mais aussi, découvrez-y une véritable perle en 2:10.

Merci à  Jean Bernatchez , qui, bien qu’en vacances, a pris le temps de nous la faire connaitre:

Les temps ont-ils VRAIMENT changés ?

Marielle Potvin, orthopédagogue



Faire encore + de ce qui marche le – = ?
14 juin 2010, 21:48
Filed under: influences, ressources | Mots-clefs: , ,

Une école publique comme les autres. Un quartier un peu plus défavorisé que la moyenne. Beaucoup de familles allophones.
Quelqu’un de l’équipe avait lu ce billet et avait été sensible aux propos que j’y tenais.

On m’avait donc invitée pour accompagner l’équipe-école dans une démarche réflexive au sujet des devoirs et leçons.
Bien souvent, la simple évocation de ces mots suffit à provoquer  un sentiment d’aversion chez bien des enfants… et de parents.

Je voyais dans leurs yeux qu’elles étaient assises entre deux chaises …

D’une part,  mon propos semblait les intéresser, mais d’autre part, si elles croyaient que je n’aurais qu’ apporté des alternatives pour continuer de faire encore plus de ce qui ne marche pas, c’était manqué.

Je voyais dans leurs yeux qu’elles n’en croyaient pas leurs oreilles…
D’une part, on constate que le souci premier des enseignantes est la réussite de leurs élèves, mais nous avons exploré ensemble où s’arrête celle-ci et où commence le désir de contrôler, jusque dans les foyers, ce que leurs élèves font à la maison. Nous avons parcouru un chemin peu exploré, le temps de relativiser tout ça, de remettre en perspective notre rôle, dans le cadre scolaire et de lâcher prise lorsque cela nous semblait le plus favorable, pour nous ou pour nos élèves.

Quelqu’un a dit que nous sortions de notre zone de confort.  Bien…  Très bien!
Ce n’est qu’à cette condition  que nous pourrons progresser, avancer et trouver, pas à pas, ce qui convient pour chacune.

Le conflit cognitif engendré permettra de réfléchir à ce qu’elles mettront en place, en septembre, en terme de travaux à faire à la maison par leurs élèves. Après avoir constaté que plusieurs éléments de cette question sont maintenant devenus dépassés, ne restait bien sûr qu’à trouver par quoi les remplacer.

La contestataire que je suis ne laisse pas les gens en plan. J’y suis donc allée de mes suggestions, et de pistes pour qu’elles en explorent de nouvelles, aussi.

D’abord, j’ai voulu partager avec elles mes signets favoris, question de leur proposer une alternative pour proposer à leurs élèves de retravailler certaines notions à la maison.
Certaines en feront un carnet de ressources destinées aux parents, classées selon leur niveau d’enseignement et par sujets. L’élève qui s’absente, comme celui qui veut aller plus loin, aura de quoi se mettre sous la dent.

J’aurais aimé leur proposer de créer un blogue de classe, comme le font Marie-Claude, Pierre et bien d’autres.  Mais comme vous vous en doutez, les blogues sont de prime abord considérés comme étant…  je ne sais pas… comme étant… soit dangereux, de mauvaise influence ou nocifs… je ne sais trop. J’espère vous avoir donné le goût d’en visiter, parce qu’à l’école, c’est bloqué !

Bon. La directrice trouve que c’est une bonne chose. Soit.  C’est vrai que ça nous évite d’éduquer, interdire.
Je n’ai donc pas pu présenter le mien, qui est, comme vous le savez, bien inoffensif  ;-))

Ensuite, le carnet d’apprentissage dans lequel l’élève pourra inscrire ses moments magiques ou les difficultés de sa journée, en vue de les présenter ou de faire la démonstration d’une nouvelle notion à ses parents semble aussi avoir trouvé preneurs.

Je voyais dans leurs yeux que le plus difficile, c’est de trouver un autre chemin.
De sortir des sentiers battus, des traditions établies depuis toujours. De comprendre que les apprentissages faits par coeur ne s’inscrivent que dans la mémoire de travail, et ne sont mémorisés qu’à court terme. Est-ce cela et seulement cela que l’on vise?  Faire mémoriser des notions qui seront oubliées aussitôt le contrôle du vendredi passé ?  Évaluer la capacité à mémoriser ?  Évaluer l’implication des parents et faire pression sur eux, peu importe leur réalité, dont nous sommes parfois si loin ?

Le temps a filé à toute allure, pour moi comme pour elles, d’après ce qu’on m’a dit. Maintenant qu’elles ont découvert que de nouvelles voies pouvaient être empruntés, je suppose qu’elles s’y risqueront.
Je voyais dans leurs yeux qu’elles s’y risqueront  😉

J’aimerais donc dédier, aux enseignantes rencontrées ce matin et à toutes les autres,  une légende dont j’ai oublié tous les détails, mais qui ressemble à ceci:

Une jour, une mère et sa fille se retrouvaient dans la cuisine à préparer un repas du dimanche. Un beau gros jambon qu’on mettait à cuire.
La mère expliqua à sa fille l’importance de couper les os de jambon, à chaque bout. Ce serait bien meilleur, disait-elle à sa fille.
Sa fille fit de même avec la sienne et ainsi de suite de génération en génération…

Un jour, une des descendantes de la famille en question devint anthropologue et fit des recherches au sujet des façons de faire de l’époque de ses ancêtres.
On découvrit alors que si les aïeules coupaient les bouts des os de jambon, c’était simplement parce que les récipients de l’époque étaient faits de terre cuite, et de plus petite dimension…  Rien à voir avec le goût du jambon .  Pourtant, d’une génération à l’autre, les mères transmettaient, avec la meilleure volonté du monde, une vérité qui n’en était pas une, et ce, longtemps après que de nouveaux chaudrons, plus grands, aient été mis à la disposition des ménagères.

Il en est de même de tant de choses en enseignement.
Tant de bonnes gens sont des gens bons 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



Où sont les hommes ?

Selon des données fournies récemment par le Ministère de l’Éducation:
Les hommes ne représentent plus que 22 % des enseignants de la province.
Au primaire, ils comptent pour moins de 13 % du corps professoral, une proportion en baisse constante depuis dix ans.

      Ah! Ce qu’on en entend des choses…

Que la tâche est bien accaparante,
Il s’agit d’un lieu commun, non ?   

Que la profession n’est pas valorisée,
Pas plus qu’elle ne l’est pour les femmes.

On dit les hommes prennent leurs distances par rapport à l’éducation,
Lisez par rapport à la transmission  des savoirs, telle qu’elle se vit actuellement. 

         

Que puisqu’on voit moins d’hommes en enseignement , moins de jeunes hommes sont attirés vers cette profession,
Moins de jeunes sont attirés par la profession telle qu’elle se présente à eux, nuance.

Il est vrai que le danger pour les enseignants masculins est plus grand d’être faussement accusé de pédophilie,
Vous y croyez vraiment, à cet argument ? 
  
  

Que les hommes ne souhaitent pas rendre des comptes autant que les femmes, qui elles, trouvent cela plus naturel,
Ben voyons…
     
         

Que les perspectives de carrière sont limitées, en enseignement,
Pourtant, ce sont majoritairement des hommes qui dirigent les écoles et les Commissions scolaires.   
 

On sait que culturellement, les femmes sont plus portées à prendre soin, à materner,
Ben oui, ben oui… 
              

Que les enseignants ne sont pas assez bien rémunérés,
Les femmes le sont-elles mieux ?     
 

 

Ah! Ce qu’on peut en lire et en dire, des choses, à ce propos…                       

Pourtant, demain matin, si on me le demande, je vous concocte une équipe d’enseignants masculins,
tant au primaire qu’au secondaire, en deux temps trois mouvements. Et pas juste en éducation physique…
 
 

Des as.
Des gars qui aiment leur profession et n’en changeraient pour rien au monde.
   
 
Des pros.
Des gars débrouillards, mais qui doivent se battre depuis des années pour dispenser un enseignement en lien avec la réalité d’aujourd’hui, contre vents et marées (lisez le système en place). 
   
Des gars qui se laissent de moins en moins encarcaner dans les méthodes d’apprentissages traditionnelles et qui ont intégré le programme au point de se « lâcher lousse »,  qui sont sécures dans ce qu’ils enseignent et qui n’ont pas froid aux yeux quand vient le temps de sortir des sentiers battus.

Des Yves NadonDavid Martel ,  Sébastien Stasse , Martin Bélanger,  Sylvain Bérubé, François Bourdon et Pierre Poulin, de l’Hyperclasse, Alexandre Riopel et  Stéphane Brousseau du projet Omnitic , et bien d’autres… 
   

Leurs dénominateurs communs :
Les PÉDAGOGIES INTÉGRANT LES TECHNOLOGIES D’INFORMATION, DE COMMUNICATION ET DES MULTIMÉDIAS.

J’ajouterai aussi leur créativité et leur capacité d’ajuster leur enseignement à leur groupe-classe et à être cohérents avec leurs principes pédagogiques fondamentaux.
Ils enseignent parce que malgré les obstacles qu’ils rencontrent, ils trouvent la satisfaction dans le niveau de motivation et les productions de leurs élèves. Ils les engagent dans l’action.
 

Ils savent ce qu’est enseigner, mais aussi, ils savent enseigner aux garçons.
 
Je parie que de ces classes surgiront nos meilleurs enseignants de demain.  

 
À lire (absolument!) en complément:   http://j.mp/9r5o1k

 

Et si nous avions là une bonne partie de la réponse aux questions concernant le taux de décrochage,
autant chez nos élèves (garçons) que de nos enseignants masculins ?  


Marielle Potvin, orthopédagogue
    


Lâche pas, Ti-Gars.
2 avril 2010, 22:56
Filed under: persévérance scolaire, une école pour la vie | Mots-clefs:

Source de l’image :   http://j.mp/bbtx3N

J’sais pas pourquoi, j’en vois partout.
Des pubs, des affiches, nommez-les… Ils y croient vraiment, on dirait.
J’adopte donc la tendance. En voici  ma version personnelle:

Rends-toi à l’usine à l’école chaque matin.
Reste calme au milieu de cette jungle, ou peu d’adultes te connaissent par ton nom.
Accroche-toi, Ti-Gars

Exprime-toi clairement, mais seulement au moment et de la façon dont on te l’indiquera.
Ne t’avise pas de colorier une pomme bleue. Une pomme bleue, ça n’existe pas.
Accroche-toi, Ti-Gars

Accepte d’être souvent comparé aux autres ; tu sais que la véritable performance réside dans le dépassement de soi.
Accroche-toi, Ti-Gars

Mémorise et apprends par coeur, même si cela ne sert plus à rien, sauf à exercer ta mémoire, et qu’il y a des jeux pour ça.
Accroche-toi, Ti-Gars

Supporte sans broncher un système conçu pour transmettre un contenu spécifique, sans égards à tes besoins réels.
Quand c’est vraiment plate, redouble d’efforts. Sois attentif et fais semblant d’aimer ça.
Accroche-toi, Ti-Gars

Plie-toi à des horaires inflexibles et résolument contre-productifs. Entre dans le moule. Plus tard, on te demandera de te démarquer, et de construire ton identité.
Accroche-toi, Ti-Gars

Accepte les diverses barrières à l’apprentissage, comme des accès limités aux ordinateurs, aux gymnases (même lorsqu’inutilisés) et aux livres de la bibliothèque (quand ton école en possède une qui mérite ce nom ).
Accroche-toi, Ti-Gars

Comprends et sympathise avec ces enseignants qui font de véritables efforts pour  rendre leurs cours à la fois uniques, magiques et véritablement intéressants. Eux aussi rencontrent  des obstacles importants.
Accroche-toi, Ti-Gars

Laisse-les te dicter le savoir.Il te serait pourtant profitable de le co-construire et de le partager.
Accroche-toi, Ti-Gars

Applique-toi à calligraphier correctement. Même si tu sais qu’autre chose serait plus pertinent.
Accroche-toi, Ti-Gars

Supporte  la journée dans des classes en rangées. Même si tu constates que la vie, maintenantc’est plus comme ça.
Accroche-toi, Ti-Gars

Essaie de ne pas trop aimer les ordinateurs et les écrans . Pour surmonter certains mythes, ça prendra du temps.
Accroche-toi, Ti-Gars

Difficile d’y voir Clair, t’as la même école que ton grand-père. Mais c’est ce qu’on veut, au Ministère.
Accroche-toi, Ti-Gars

N’envie pas les autres provinces où on a compris. On n’est pas tous nés dans le même coin de pays.
Accroche-toi, Ti-Gars

Cache ton i-pod ou ton téléphone doté d’intelligence. Ils voient la leur menacée comme c’est pas permis 😉
Accroche-toi, Ti-Gars

Même si parfois, tu as besoin de bouger pour te concentrer, fais de ton mieux et reste assis.
Accroche-toi, Ti-Gars

Subis des approches pédagogiques désuètes supportées par des manuels obsolètes. Mentalement, prépare ton prochain Prezi.
Ce sera pour tes amis.
Accroche-toi, Ti-Gars

Laisse-les dire que c’est toi qui a le problème. Sois patient et persévérant.
Accroche-toi, Ti-Gars

Accepte de chercher dans un dictionnaire du siècle dernier des mots comme cybercafé et baladodiffusion.
Ils sont persuadés que tous les mots y sont.
Accroche-toi, Ti-Gars

Comprends que le personnel en place se bat présentement pour garder son emploi. Que peu surmonteront la vague  des technologies qui déferle présentement. Vois comme ces gens sont épuisés. Sois compatissant.
Accroche-toi, Ti-Gars

Laisse les grands déblatérer contre Wikipédia. Tu sais, toi, ce dont il s’agit. Partage-le avec les plus petits.
Dis-leur qu’existe Wikimini.
Accroche-toi, Ti-Gars

Écoute-les se souvenir avec nostalgie du temps passé, comme si c’était mieux avant. Ne dis rien. Imagine demain.
Accroche-toi, Ti-Gars

Explique-leur ce qu’est un blogue. Ou une balado. Mais vas-y mollo.
Accroche-toi, Ti-Gars

Informe-toi de ce qui se passe dans l’actualité et dans le monde.
Prépare-toi le mieux possible. Tu as tous les outils pour ça.
Accroche-toi, Ti-Gars

Amuse-toi.  Propose à tes enseignants de leur fournir un travail autrement que sur papier.
Ils te parlent d’environnement, mais sont-ils cohérents ?
Accroche-toi, Ti-Gars

Ne montre pas que tu es doué. Si ça se peut, ils te demanderont de faire deux fois le travail demandé.
Tu comprendras, n’est-ce pas, que finir avant les autres, ça peut déranger…
Accroche-toi, Ti-Gars

Si tu as des difficultés, ne t’attends pas à de l’enseignement différencié. Ces mots sont encore bien mal interprétés.
Accroche-toi, Ti-Gars

C’est vrai. Ton environnement est déprimant. Dans ce décor drabe et en béton, où vous êtes entassés dans des locaux sans fenêtre, garde  une attitude positive en tout temps. Tâche d’être souriant.
Accroche-toi, Ti-Gars

Admire les bien-pensants, qui croient qu’en te le demandant, tu vas pas te décourager. Ils sont sincères, tu sais.
Accroche-toi, Ti-Gars

Mise à jour du 25 aout 2010:   Trouvé sur le blogue de Mario Asselin, ceci, qui, finalement, va dans le même sens… Un discours percutant, de la meilleure élève de son école, à l’occasion de sa graduation.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Wowe!
15 mars 2010, 20:41
Filed under: ambiance | Mots-clefs: ,

C’est pas la première fois que ça arrive. 
Au cas  où, je garde  une boîte de papiers-mouchoirs à ma portée. Les larmes de découragement, d’impuissance, coulent doucement. 

Pourtant, elle n’a rien à se reprocher. Tous les soirs, à la même heure, elle s’installe pour les devoirs. Elle fait tout ce qu’il faut, de son mieux.
Le samedi, elle y consacre encore deux heures.  

Des larmes de culpabilité, aussi.  Pourtant,  elle est exemplaire, et n’a pas ce qu’on appelle un tempéramment de victime. 
Pas beaucoup de temps pour voir ses amis, ni rien. Elle bûche.

Dans ses temps libres, elle lit tout ce qu’elle peut. « Devoirs sans larmes« , « Comment aider mon enfant à ci ou à ça... », mais la pente semble toujours trop haute à remonter.

Avec compassion, je l’écoute, et jette un coup d’oeil au dossier de son fils. Ouais.
Elle me parle de l’ambiance familiale, du manque de temps pour vivre des moments agréables en famille. Tout ce que je sais déjà, finalement

Le petit est né fin juillet. Un p’tit gars à terme et en bonne santé.
Mais un p’tit gars né en été quand même. Neurologiquement parlant, il n ‘a pas ce qu’on appelle une longueur d’avance.

En entrant en première année, venant tout juste d’avoir six ans, il cotoyait des enfants de huit, neuf mois plus vieux que lui, sans parler des filles…
Leur développement moteur se faisant plus lentement que les garçons, elles sont souvent plus mûres pour aborder les apprentissages.

Pourtant, il doit  suivre le rythme des autres élèves de sa classe. Avec tout ce que cela comporte.
Ce ne sera qu’en quatrième année que le nivellement se fera entre les élèves nés en été et les autres.  Trois années qui n’en finiront plus pour lui et sa mère, qui n’en peut plus de lire les commentaires de l’enseignante, dans l’agenda marqué au fer crayon rouge. Cette impression de ne jamais  y parvenir, qui perdurera bien au delà de ces années.
Qu’on cesse de me parler de décrochage au secondaire, de grâce!

Vous savez ce que je vais faire ?  Je vais téléphoner au directeur de son école. Demander une rencontre. Mettre en place un plan qui enlèvera cette fichue pression. Les tensions  entre les parents. Les frustrations continuelles .

Au pire, le petit se reprendra durant les journées pédagogiques ou durant l’été. On trouvera bien.
Il faut que cette famille recommence à respirer, sa survie en dépend. 

Sinon, il pourra toujours recommencer une année scolaire. C’est pas la fin du monde.
Et je pourrai ranger mes papiers-mouchoirs.

Mise à jour du 22 avril 2010 :

Comme prévu, nous avons rencontré le directeur. Un monsieur d’une grande compréhension.
Nous avons mis en place un plan personnalisé de devoirs.
Le petit a besoin de travailler son habileté à inférer. Soit. Ses devoirs consisteront à développer cette habileté.  Je lui fournirai  donc des lectures qui correspondent à son niveau et augmenterai graduellement le degré de lisibilité. Ce ne sera pas plus de travail pour son enseignante, et le climat à la maison s’en trouvera amélioré.  
Il était de notre devoir de faire baisser la tension. Nous y avons apporté l’attention nécessaire.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181