Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Mais que de rouge !
14 février 2010, 17:48
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C’est la St-Valentin. On en voit partout. Je n’ai rien contre, je ne suis pas pour non plus.

Une petite fête qui plaît bien aux commercants, qui fait vendre fleurs et chocolats, et qui finalement n’a rien à voir avec l’amour. Ou si peu, mais bon.
Si on a un tant soit peu le sens de la fête, on entre dans la danse, les grands et les petits enfants aiment bien.

Il est joli, mêlé au vert et au blanc de Noël.  Je ne le refuse pas, dans une coupe.  En souvenirs, sur les coquelicots; sur les tomates gorgées de soleil , ou sanguignolant, dans les Cliniques de dons de vie.

Mais  pas du tout dans un cahier. 

J’en vois encore bien souvent, des pages qui en sont gribouillées. Couvertes d’annotations, de remarques négatives, soulignant le nombre de fautes, le travail mal fait, le manque d’étude.  Ce n’est jamais volontiers que les enfants me les font voir, comme des blessures qu’on veut cacher. 

Enfant, mes cahiers en étaient couverts. Il m’ a toujours semblé que les mots auraient été plus doux en vert ou en mauve.
Je n’en pouvais plus de m’indigner du fait qu’on se permette d’écrire par dessus mon écriture, de barbouiller ce que j’avais fait avec application, de mon mieux, avec un trouble d’apprentissage dont on ne soupçonnait même pas l’existence.  Dois-je vous dire, je n’ai gardé aucun de ces cahiers.
  
Manque d’études, mon oeil.  
Peut faire mieux, qu’en savez-vous?
16 fautes ! Là,  je voyais rouge…

Jamais je n’aurais utilisé  un crayon de cette couleur en 25 ans d’enseignement.  Je ne m’en porte pas plus mal, merci.
Ça ne m’a pas coûté plus cher, ni rien. 

J’aimerais tant, chez tous les nouveaux enseignants, faire passer le rouge au rouge, sur la route de leur profession. Je déplore qu’en enseignement, on fasse tant de choses par tradition. Sans se poser de questions.  Croire que je suis l’exception. 

Manque d’études ?  Peut faire mieux?  You bet !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

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Enseignants recherchés, soir et fin de semaine

Ce midi, en entendant que la ministre Courchesne venait de déposer un projet de loi pour permettre aux élèves, dans certains cas, de recevoir des cours en soirée ou le samedi, j’ai failli m’étouffer avec mon sandwich…

Mais Madame, il s’en donne déjà, des leçons, des cours de rattrapage, de préparation aux examens, des séances d’orthopédagogie, de la récupération et alouette ! Ne savez-vous donc pas à quel point les parents d’enfants sont déjà dans un marasme logistique relevant quasiment de la mission impossible

Ne savez-vous pas qu’une cinquantaine d’entreprises de soutien scolaire s’occupent, au Québec,  de tenter de faire réussir les élèves malgré l’école ?  

Que dans beaucoup de cas, le parent doit payer des enseignants sous la table, et dans vos établissements scolaires s’il vous plaît, pour que leur enfant puisse accéder à un semblant de réussite, à l’aide de cours particuliers ?  

Ne voyez-vous pas que cette situation  contribue à exclure encore davantage les enfants plus défavorisés, dont les parents ne peuvent défrayer les coûts de ce service ? 

Non, vous ne savez pas. Vous ne savez sûrement pas non plus que nos jeunes sont à la merci de certaines de ces entreprises, avec à leur tête quelque spécialiste autoproclamé, qui ne flairent que la bonne affaire, croyant sans doute que n’importe qui peut enseigner, et qu’à force de répétition, l’enfant finira bien par ingurgiter la leçon. 

Vous ne savez peut-être pas que ma journée la plus occupée est justement le samedi. Avec des enfants et des parents qui viennent me consulter et qui bien souvent, s’ils avaient reçu un enseignement plus motivant, donné par des enseignants sensibilisés aux troubles d’apprentissage, qui les auraient dépistés beaucoup plus tôt, ne passeraient pas tant de temps dans mon bureau. Ne savez-vous pas que malgré la meilleure volonté du monde, les enseignants qui ont été formés à des approches pédagogiques dépassées et qui doivent composer avec des groupes trop lourds et trop nombreux n’ont d’autres choix que de baisser les bras ou de sombrer dans la dépression?   Nous en perdons ainsi 20%, et parmi  nos meilleurs éléments, dans les premiers cinq ans dans la profession. 

Vous ne connaissez sûrement pas les pionniers qui tentent de faire avancer les choses, des Pierre Poulin , qui y réussissent  si difficilement depuis bientôt dix ans, des  François Bourdon, des enseignants du Centre d’apprentissage du Haut Madawaska,  , qui sont pourtant d’une telle inspiration… Au fait, vous avez manqué à beaucoup de gens, fin janvier, à Clair.

Mais peut-être préférez-vous ne pas savoir.  Un jour, vous aurez fait le tour. Vous aurez compris que le véritable changement attendu ne se fera pas en faisant toujours plus de ce qui ne fonctionne pas.  D’ici là, vous regarderez l’école s’enfoncer toujours davantage dans un fichu merdier.

Marielle Potvin, orthopédagogue
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Sa propre école…
13 novembre 2009, 23:13
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prison

Des murs écaillés longent de grands couloirs sales qui ne mènent nulle part…
Des portes fermées qui prétendent s’ouvrir sur leur avenir…

Entre ce monde et l’extérieur,
Des années-lumière de noirceur…

Apparence de bunker.
Fermeture d’esprit.

5 ans de froideur.
Aucun sursis.

En France comme ici, voilà ce qu’on en dit.
Quelques réformes à deux balles, pour ne pas voir le plus urgent.

Comment peut-on faire des économies sur l’avenir de nos enfants?

Si tout se joue à l’école, il est temps d’entendre le S.O.S.
Ne laissons pas se creuser le fossé d’un enseignement à deux vitesses…

Pour commencer, on devrait tous lire Sauvez cette école, S.V.P.  un excellent texte de Rina Elkouri.
Je l’ai relu plusieurs fois.   Je ne comprends toujours pas…

Aussi, ce qui m’a poussée à écrire cet article, ce sont des raisons bien personnelles. Mais pourquoi, dans une école secondaire publique normale, ne peut-on disposer de savon et de papier à mains, ou de séchoirs qui fonctionnent, dans les salles de toilettes des élèves, qu’avant une visite des parents?  Pourquoi certaines écoles sont si sales, si déprimantes ?  Comment peut-on espérer que les élèves soient heureux quand ils n’ont pour salle de classe que des locaux de bétons privés de toute lumière naturelle ?

Marielle Potvin, orthopédagogue
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Lire et écrire en première année… et pour le reste de sa vie

Tous les enseignants qui ont un jour tenu ce livre  entre leurs mains vous le diront, c’est un incontournable. Surtout si on enseigne au primaire.  Une grande source d’inspiration.

Je découvre aujourd’hui une vidéo qui décrit de façon magistrale l’approche pédagogique qu’adopte M. Nadon.
Écoutez bien les paroles de cet enseignant. Observez bien les comportements et les réactions des petits qui lui sont confiés. Laissez-vous séduire. 
Il enseigne avec passion à partir des livres de littérature jeunesse et non de manuels scolaires. 
Il vous faut  voir,  absolument , l’aménagement  de sa classe qui montre une organisation spatiale tout à fait particulière où on a le goût de s’arrêter et de passer un moment agréable. Il y a même une baignoire avec des coussins. N’est-ce pas un lieu de lecture tout à fait original et attirant ?

Il n’est pas suffisant de juste apprendre à lire aux enfants; nous devons aussi leur donner quelque chose qui ouvrira leur imagination, quelque chose qui les aidera à donner un sens à leur existence et qui les encouragera à tendre la main vers des personnes dont les vies sont différentes de la leur.»   Katherine Paterson,   Le Royaume de la Rivière

C’est ce que fait magnifiquement cet enseignant.

livres

Marielle Potvin, orthopédagogue
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Cauchemar à l’école
28 octobre 2009, 11:18
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Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du film d’animation!

Je vous propose Cauchemar à l’école, de la cinéaste Catherine Arcand.

À un rythme vif et par une symbolique rappelant Alice au pays des merveilles, l’univers fascinant de M.C. Escher et les ludiques trompe-l’oeil de Chuck Jones, la cinéaste Catherine Arcand nous plonge au coeur des tourments de l’élève terrifié à l’idée d’aller donner une présentation orale sur sa passion : la chimie.

Peur des moqueries, de l’autorité, peur de se tromper  ou d’être en retard. Qui n’a pas un jour éprouvé les états d’âme du héros de Cauchemar à l’école?
Même grand, on se sent parfois minuscule, écrasé par un devoir ou en quête de repères.

Cauchemar à l’école nous transporte dans une école hallucinante, nous fait vivre la faiblesse de l’enfant angoissé, puis l’espoir, le courage retrouvé grâce à la complicité des pairs. Décors somptueux, animation fluide et expressive, humour, suspense : un joli portrait de l’angoisse.

Celle-ci dévorera-t-elle tout cru l’enfant qui a perdu confiance en lui? Un voyage hallucinant dans les entrailles de l’école, devenue subitement le lieu de toutes les peurs. Un cauchemar dont on sort heureusement vivant, grâce aux amis!

Bon visionnement 😉

Marielle Potvin, orthopédagogue
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Demain, 19h
17 octobre 2009, 21:12
Filed under: influences, une école pour la vie | Étiquettes: ,

 

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Les enfants du palmarès. 

Le lundi 28 septembre dernier avait lieu à Montréal le lancement du film  »Les enfants du palmarès », de Marie-Josée Cardinal.

Suite à ce lancement, qui a suscité beaucoup de réactions , c’est tout le débat sur les écoles publiques et privées qui est relancé.

Il y a maintenant un enfant sur trois qui s’inscrit à l’école privée à Montréal. Et un enfant sur cinq en région. Les enfants connaissent maintenant une forte pression dès la 5e et la 6e année pour réussir les examens d’entrée. 
Certains y voient l’objet d’une compétition malsaine,  d’autres considèrent que ce reportage ne rend pas justice à l’école privée.  Quoiqu’il en soit, chacun y va de sa propre perception, de ses expériences personnelles ou professionnelles, mais le sujet ne laisse personne indifférent. 

Nathalie Petrowski  a publié un intéressant article dont vous pourrez aussi prendre connaissance ici.
Le palmarès auquel nous faisons référence ic i  est rattaché au désormais célèbre Palmarès des écoles secondaires du Québec (ici en format PDF) publié depuis 10 ans par le magazine L’Actualité.

 Ce documentaire sera présenté à la télévision sur Canal D le dimanche 18 octobre 2009 à 19h ainsi que le lundi le 19 octobre à 13h.

En voici un extrait: 
http://j.mp/3nkYhC

Je n’ai pu m’empêcher de penser que plus ça change, plus c’est pareil…   Il y a plus de trente ans, le cinéaste André Melançon avait attiré notre attention sur le sujet, avec son film ‘Les vrais perdants ‘.

Les Vrais Perdants pose dans toute sa complexité le problème de l’éducation de l’enfant dans cette société de compétition qu’est la nôtre. Tout en aidant l’enfant à développer ses talents, qu’il s’agisse de hockey, de gymnastique ou de piano, parents et entraîneurs ne cherchent-ils pas, plus ou moins consciemment, à leur faire vivre par procuration leur propre besoin de compétition et leurs propres rêves? Là-dessus, les enfants voudraient peut-être nous parler…
L’ONF nous permet de le visionner gratuitement en ligne . Ça vous intéresse ?  Cliquez ici.

Que sont devenus les enfants qu’André Melançon avait filmés dans le documentaire choc Les vrais perdants?
Trente ans plus tard, il les retrouve et actualise le dossier de la compétition chez les jeunes, en rencontrant des adolescents d’aujourd’hui avec le réalisateur Dany Croussette. L’idée qui prédomine est celle de la passion qui justifie tous les dépassements. Dans un jeu de miroir entre passé et présent, les coréalisateurs révèlent le parcours des jeunes talents de 1977 et l’évolution des mentalités : l’enfant exerce désormais librement son droit de parole, bénéficiant d’un vrai dialogue avec ses éducateurs. La discipline est toujours de rigueur, mais la motivation passe maintenant par le plaisir et la valorisation. Plus sensible que pamphlétaire, le film invite néanmoins à réfléchir aux moyens d’aborder la compétition pour qu’elle demeure stimulante sans être destructrice.
Intéressé ?   Ce film est disponible  ici.

Marielle Potvin
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La journée internationale des enseignants

J’aimerais dédier cette vidéo à tous les enseignants, en remerciement de leur générosité . Que cette présentation vous inspire et vous donne le courage de continuer.  Continuer à apprendre et à partager.

Au nom de tous les citoyens de demain, mille mercis .

Marielle Potvin, orthopédagogue
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