Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.
22 septembre 2010, 22:40
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Les alternatives possibles…

Après ce que je vous ai dit dans les derniers billets, pas question que je vous laisse en plan à ne pas savoir quoi faire… 

D’abord, soyons réalistes. Ce n’est pas demain la veille que les approches pédagogiques s’ajusteront au mode de vie actuel des familles, alors autant faire avec.

Il y a bien le service d’aide aux devoirs dispensé dans certaines écoles primaires, mais ce service a pour but, de toute évidence, d’aider à concilier le travail et la famille, plus
que d’entretenir des ambitions pédagogiques.  Avec des intervenants qui n’ont souvent pas  une 5ème secondaire complétée (et on comprend comment il peut être difficile de recruter pour ce service)
il n’est pas dit que ce sera ce moyen qui aidera nos jeunes à surmonter leurs difficultés, si difficultés il y a .  Ils sont dans un endroit sécuritaire, en attendant l’arrivée de leur parent, ce qui est déjà ça, et ils font leurs devoirs. 

Vous êtes un parent :  

Demain matin, sept heures, il y aura une entrevue au 107,3 au sujet du service Allô Prof.
Vous l’avez manquée?  Je crois qu’elle sera disponible en rediffusion.

Sinon, en voici les principales caractéristiques:  

 www.alloprof.qc.ca

Allô prof est un organisme de bienfaisance soutenant la persévérance scolaire qui a pour mission de fournir gratuitement de l’aide aux devoirs à tous les élèves du Québec. 

Pour appuyer sa mission, Allô prof met à la disposition des jeunes un service téléphonique et des services en ligne impliquant une équipe d’enseignants qualifiés et une communauté virtuelle composée d’élèves-aidants, de parents et d’acteurs de l’éducation. 

Une offre de service à quatre volets  

1- Le service téléphonique  

Du lundi au jeudi, de 17 h à 20 h, les élèves de partout au Québec qui éprouvent de la difficulté dans leurs travaux scolaires peuvent demander de l’aide, via le téléphone, à des enseignants en mathématiques, français, sciences ou dans toute autre matière. Un numéro sans frais est disponible pour les élèves provenant de l’extérieur de Montréal.  

2 – Les cyberclasses  

Fleuron technologique du soutien scolaire à distance, ce service est un espace de clavardage privé et d’échanges vocaux entre l’enseignant et l’élève comportant un tableau interactif (outils graphiques) pour faciliter les explications. Gratuites et accessibles depuis n’importe quel poste Internet, les cyberclasses sont ouvertes du lundi au jeudi de 17 h à 20 h. Leur utilisation requiert de l’élève une inscription confidentielle, simple et rapide. Un dossier personnalisé est créé pour chaque utilisateur, ce qui facilite les suivis.  

3 – Les forums  

Plus grand réseau de soutien scolaire favorisant la coopération entre pairs au Québec, les forums d’entraide intègrent des sujets sur toutes les matières enseignées au primaire et au secondaire. Dans un délai raisonnable, les enseignants d’Allô prof valident et complètent, au besoin, les réponses données par les élèves aidants.  

4- La bibliothèque virtuelle  

Accessible en tout temps et source inépuisable d’informations, cette vaste encyclopédie couvre l’ensemble des matières enseignées au primaire et au secondaire. Les jeunes et les parents y trouvent des explications sur plus de 6000 notions, agrémentées de capsules vidéo, d’animations, d’illustrations et d’exercices interactifs. On compte également 7000 liens vers des sites de référence validés par les enseignants d’Allô prof. 

Un service d’aide aux devoirs accessible à tous les élèves du Québec  

Allô prof est un service gratuit, confidentiel et disponible par téléphone et Internet. Ceci permet d’atteindre les élèves en zones rurales et les familles de milieux défavorisés, tout en évitant les défis du transport reliés aux clubs de devoirs offerts après les classes.  

Une aide individualisée offerte par une équipe d’enseignants qualifiés et expérimentés  

Allô prof est constitué d’une équipe de 50 enseignants qualifiés et expérimentés dans la pratique de l’aide aux devoirs. Ces enseignants sont regroupés dans deux centres – l’un situé à Montréal et l’autre dans la ville de Québec –, ce qui permet les échanges de compétences entre collègues. Les résultats obtenus au cours des dernières années démontrent la capacité d’Allô prof de répondre aux besoins des élèves, et ce, même s’ils éprouvent de grandes difficultés d’apprentissage.  

Un service à la fine pointe de la technologie qui stimule la motivation des jeunes et le développement de compétences à utiliser les TIC  

Allô prof a recourt aux nouvelles technologies en utilisant une approche dynamique et imagée. Les échanges via Internet ont un impact positif sur la motivation des élèves à faire leurs devoirs, sur leur autonomie et sur leurs compétences à utiliser les TIC. Ces gains ont été reconnus dans les évaluations menées par une équipe de recherche de l’UQAM dans le cadre du projet d’implantation de bornes Allô prof dans des services de garde de milieux défavorisés couverts par la Commission scolaire de Montréal.  

Un carrefour universel d’aide aux apprentissages qui mobilise plusieurs acteurs et qui contribue à la persévérance scolaire provinciale.  

Allô prof intervient dans toutes les facettes du soutien scolaire pour favoriser l’égalité des chances et l’encadrement offert aux élèves québécois éprouvant des difficultés dans leurs apprentissages. L’organisme encourage l’entraide entre pairs, apporte du soutien aux parents et fournit une aide supplémentaire aux enseignants, aux intervenants professionnels et au personnel dans les services de garde. Enfin, l’équipe valorise constamment les efforts menés par le jeune et contribue à la persévérance scolaire à l’échelle de la province. 

Il faut voir leurs  vidéoanimations, dont voici un exemple :

Leurs jeux pour s’exercer, dont le fameux Météormath, pour la pratique des tables de multiplications, la bibliothèque virtuelle et bien d’autres ressources qui valent vraiment le détour. 

Tout cela,  sans quitter la maison et sans débourser un sou. 
Pas mal, non ?

Je suis toujours tellement surprise quand des élèves me disent qu’ils ignorent l’existence de ce service !

Comme si ce n’était pas suffisant, il existe  un autre service, nommé SOS Devoirs.

Le réseau des bibliothèques de Montréal propose SOS Devoirs aux enfants de 6 à 12 ans.Ce service offre entre autres une bibliothèque numérique comprenant un répertoire thématique de ressources, où on trouve une centaine de sujets, sélectionnées en fonction du programme de formation. Chaque sujet est abordé dans une page Web distincte et toutes les ressources s’y rapportant y sont intégrées. On trouve aussi « Le coffre à outils » , des moteurs de recherche, des ressources pour apprendre à chercher sur le Web et à naviguer de façon sécuritaire, entre autres. Une collection de jeux Web soigneusement sélectionnés est également offerte.  

Puis,  il y a L’École branchée,  fruit du travail d’une équipe de pédagogues et de communicateurs qui souhaitent démocratiser l’enseignement pour les parents, tout en faisant la promotion de l’utilisation des technologies à l’école. 

L’École branchée vous permet d’accéder gratuitement aux 500 liens éducatifs  répertoriés dans le Guide annuel – 500 sites Web pour réussir à l’école.
L’édition 2010-2011 vient tout juste d’être mise en ligne!

Vous êtes un enseignant :

Merci de partager ces ressources.
On l’oublie parfois, mais c’est aussi une bonne idée d’inciter les élèves à établir un réseau téléphonique, en cas de pépin dans leurs travaux scolaires. On sous estime parfois l’aide qu’ils peuvent s’apporter entre eux et la valorisation que cela leur apporte.

Voilà qui complète ce dossier.
J’espère que ce partage vous a plu et qu’il vous sera utile.

Mise à jour du 23 septembre 2010:  Le nombre de lecteurs de mon blogue a littérallement explosé depuis le début de la publication de ce dossier. Le sujet suscite donc beaucoup d’intérêt chez mon lectorat. Merci à tous ceux qui viennent lire mes humbles écrits.

À mon tour maintenant d’avoir une question…  
Je me demande si ce marché du soutien scolaire existe en Finlande. Je n’ai rien trouvé à ce sujet.
Quelqu’un a réponse à cette question ?  Je publierai la réponse. Merci !

  

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141




La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.(4ème partie)
21 septembre 2010, 21:20
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Un mal nécessaire?

On le sait, les devoirs constituent pour beaucoup de familles une véritable corvée. L’école continue de fonctionner comme à l’époque où les mamans attendaient leurs enfants à la maison, à 16h, avec des biscuits frais sortis du four.

La préoccupation majeure autour des devoirs est de faire un pont entre l’école et la maison. Soit. Il y a d’autres moyens d’assurer ce pont, mais l’école ne semble pas pouvoir se départir si facilement de ses traditions, même si la société, elle, a bien changé. 
J’ai  fait état de cette situation et de possibles moyens alternatifs pour informer les parents de ce que leur enfant fait et apprend (ou en quoi il a des difficultés) dans ce billet.   Parmi les commentaires qui ont suivi, on fait état que la répétition est nécessaire aux apprentissages. Je suis parfaitement d’accord.

Mais où est-il dit que cette pratique nécessaire à l’intégration d’une notion doit se faire à la maison, après une journée d’école ?  Si l’enseignante ne devait pas prendre tant de temps, en classe, pour gérer les devoirs (les donner, les expliquer, les corriger-habituellement en groupe, gérer ceux qui les ont fait-ou pas) ne resterait-il pas du temps de classe pour, justement, pratiquer la répétition de certaines notions ?  

Or, comme l’école continue d’adopter des façons de faire dépassées, le parent, débordé, demande de l’aide extérieure pour le seconder dans cette tâche.

Sentiment d’incompétence des parents devant une terminologie étrangère à ce qu’ils connaissent, dynamique familiale explosive, ou simplement par manque de temps ou d’énergie après la journée de travail, ils sont prêts à payer quelqu’un pour les aider dans cette tâche, comme on engage une femme de ménage.

S’il est vrai, cependant, que certains élèves ont besoin d’explications supplémentaires, ne serait-ce pas à son enseignante de lui en fournir?  Si elle n’avait pas de devoirs à corriger durant les récrés ou à l’heure du dîner, pourrait-elle garder le petit Philippe quelques minutes pour lui donner un complément d’explication ?

S’il est vrai, aussi, que certains élèves, malgré ce supplément d’explications n’accèderaient pas au succès, ne serait-ce pas  un indice d’un quelconque trouble d’apprentissage ?  Celui-ci ne sera possiblement pas dépisté par son enseignante ou par son tuteur. Il se retrouvera donc chez l’orthopédagogue, mais souvent après des années d’échecs. On n’aura qu’aggravé le problème. 

On l’a vu, ce secteur est encore dominé par le travail non déclaré. Pour le parent, donc, cette dépense ne peut être déduite de sa déclaration de revenu, ce qui ne fait qu’encourager ceux-ci à recourir aux services de personnes trouvées un peu partout, qui dispensent un enseignement de qualité très variable. Bien sûr, on y retrouve des perles, là n’est pas la question.

Et ailleurs ?

Mon lectorat à l’étranger  pourra nous fournir des informations complémentaires, mais mes recherches  m’ont permis  d’apprendre ceci : en France, un plan de Cohésion sociale, adopté au milieu des années ’90 fait en sorte que les familles sont incitées à déclarer les personnes qu’elles emploient à domicile. Les parents peuvent ainsi déduire de leurs déclaration de revenus 50% du salaire qu’ils versent aux professeurs particuliers de leurs enfants. On a donc trouvé ici une solution pour assurer la rentabilité de ces entreprises.

Reste que la qualité du service est un enjeu majeur. On ne pourra la contrôler qu’en règlementant ce marché. 
Le Ministère de l’Éducation semble bien indifférent à cette question
.
Se pourrait-il qu’en fermant les yeux sur celle-ci, il espère en retirer un quelconque bénéfice ?
  

Demain, 5ème et dernière partie:  Les alternatives possibles.

Vous avez une expérience à partager en lien avec ce sujet ? N’hésitez pas nous le faire connaître par le biais des commentaires. Merci !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141

 



La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.(3ème partie)
20 septembre 2010, 22:43
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Des dessous… pas toujours propres.

Imaginez la situation suivante:

Vous êtes un nouvel enseignant et comme bien d’autres, vous n’avez décroché cette année qu’un contrat à temps partiel, ou pas de contrat du tout.
Vous êtes inscrit à la maîtrise en enseignement ou encore, nouvellement à la retraite.

Dans chacun de ces cas, il vous suffira de faire paraître une petite annonce dans un journal local, sur LesPac  (section SERVICES: cours/ateliers/formation) ou sur  Kijiji  (section TUTORAT) pour que plusieurs parents  fassent appel à vos services de tuteur.   Vous empocherez de 30$ à 40$/l’heure. 

Merci, bonsoir.  Pas de complication, d’entrevue d’embauche, de preuve à fournir, ni rien.

  

Imaginez maintenant cette autre situation:

Vous êtes un nouvel enseignant et comme bien d’autres, vous n’avez décroché cette année qu’un contrat à temps partiel, ou pas de contrat du tout.
Vous êtes inscrit à la maîtrise en enseignement ou encore, nouvellement à la retraite.
Vous n’êtes pas certain de recevoir des appels si vous placez une petite annonce, alors vous offrez vos services à une entreprise de soutien scolaire.
À moins que vous ne répondiez à une offre d’emploi . Peu importe.

Cette entreprise aura possiblement un local loué, des frais de communications et de publicité, des salaires à payer, et quoi encore…
Elle vous demandera des informations plus ou moins précises sur votre formation et vos antécédents. Elle vous référera des élèves qui font appel à leurs services.
Vous gagnerez  en moyenne, 15$/l’heure.
 
Merci, bonsoir ? Pas tout à fait.  Si l’entreprise vous déclare à titre d’employé, vous devez le faire aussi au niveau de votre déclaration de revenus.
Soit il ne vous reste presque rien si vous avez déjà un autre emploi, soit on considérera ce revenu dans le calcul de vos prestations de retraite.
Le parent, de son côté, déboursera 50$/l’heure, en moyenne.

Vous décidez de jouer sur les deux tableaux et acceptez de dispenser un service à un élève qui vous a été référé par l’entreprise.
Le parent a payé, disons, pour obtenir 10 heures de cours.  À la fin de ce service, un simple appel de leur part pourra y mettre fin.
S’cusez. Deux appels de leur part.  Un à l’entreprise de soutien scolaire pour mettre fin au service et l’autre à vous-même, pour vous offir le salaire que vous demandiez sur les petites annonces.
Qui sera, vous l’avez compris, inférieur à ce qu’ils déboursaient à l’entreprise qui tentait de faire un travail honnête de sélection.

Certaines entreprises contournent ce problème en engageant le parent par un contrat à plus ou moins long terme.

J’entends, et de façon très régulière, des parents me dire que leur enfant avait cessé de recevoir les services d’un de ces tuteurs, pour toutes sortes de raisons, mais que les frais qui s’y rattachent continuent tout de même d’être débités automatiquement de leur compte bancaire, longtemps après que le service soit interrompu, à la suite de leur demande ou pas.  
Tout un combat, disent-ils, pour faire cesser ces prélèvements;  contrat oblige!

Les questions que je pose ici sont les suivantes:
 

Devant cet état de faits, comment une entreprise peut-elle à la fois assurer sa rentabilité et donner un service de qualité?

Le problème n’est-il pas de ne pas parler de ce problème ?

Je ne jouerai pas les oies blanches. Des leçons privées, j’en ai données aussi, quand j’étudiais à l’Université. J’étais payée en argent comptant.
Pas des tas, mais assez pour me payer un film ou une bouteille à l’occasion. 
Dans les écoles où je faisais des stages, parfois.  Au vu et au su de tous, souvent. Comme bien des enseignants. 

Lorsque, des années plus tard,   je suis devenue moi-même propriétaire d’une entreprise de soutien scolaire (Le Remue-Méninges),
que je tenais à dispenser une formation continue à l’équipe d’enseignants, que j’ai voulu leur fournir un salaire décent , du support et des ressources,
que je payais en surplus les enseignants pour qu’ils établissent une communication soutenue avec les titulaires des élèves concernés et que je tentais aussi de m’en tirer avec un salaire minimum, on se surprendra que « Le Remue-Méninges » ait dû déclarer faillite? 

En complément , cet article  qui dresse le portrait de ce qui se fait en Belgique.  J’y reviendrai demain, en me permettant quelques comparaisons entre ce qui se fait ici et en Europe.
Encore ici,  je vous invite à laisser en commentaire votre propre expérience à ce sujet.


Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141 




 



La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.(2ème partie)
19 septembre 2010, 19:43
Filed under: services privés aux élèves | Mots-clefs: ,

Note importante:

Cette série d’articles a pour but d’éclairer les parents qui voudraient avoir recours aux services de soutien scolaire, de les aider à y voir clair et de diffuser des informations aux nombreuses personnes qui me demandent mon avis à ce sujet.  Je le fais au meilleur de mes connaissances, et les observations dont je fais mention ne sont que le fruit de mon expérience personnelle.

Un monde parallèle…


Curieusement, on parle très peu de ces services dans les écoles. On sait bien que certains enfants reçoivent des cours particuliers, mais sans plus. Les enseignants ne sont pas systématiquement  informés du fait  qu’un élève reçoit cette aide extérieure.  Parfois, les parents s’abstiennent d’en parler au titulaire de leur enfant, craignant que celui-ci ne lui accorde moins d’attention par la suite, ou même qu’il ne le réfère pas au service d’orthopédagogie de leur école, puisqu’il a déjà de l’aide.  Parfois, surtout chez les adolescents, ce sont eux qui ne veulent pas que leurs enseignants le sachent.
Chaque cas est différent.

Reste que ce n’est pas monnaie courante qu’un enseignant réfère un élève à ce genre de service (à moins d’y détenir des intérêts, personnellement- ça arrive).
Concrètement, les cartes de visite ou les dépliants de ces entreprises ne circulent pas dans les salles des enseignants. Les directions d’établissements scolaires ne suggèrent pas aux parents d’y avoir recours. Ce sont très majoritairement les parents, de leur propre chef, qui décident d’offrir ce soutien privé (à leur domicile ou pas) à leur enfant, après avoir pris connaissance d’une publicité ou avoir fait une recherche dans les annonces classées.
Normal. Quel milieu scolaire, se targuant de posséder les meilleures ressources, et en quantité suffisante, tendrait un dépliant de services complémentaires privés aux parents, même quand ils en font la demande. On va plutôt reconsidérer les services qui sont offerts à l’école, quand c’est possible, et demander à l’élève de se forcer davantage. (Ben oui…)

Prétendre qu’une réelle collaboration existe entre ces deux mondes relève de la pure fantaisie. Il y aura, tout au plus, quelques échanges téléphoniques ou écrits entre les milieux publics ou privés. Rarement de rencontres en personne ou encore moins de participation au plan d’intervention de l’élève dans son milieu scolaire, quand il y en a un. Si chacun fait de son mieux pour aider l’élève, c’est souvent de façon parallèle.

…qui se développe de façon anarchique.

Depuis  une quinzaine d’années, on voit se développer au Québec des entreprises qui visent, prétendent-elles, à favoriser la réussite scolaire des élèves. Certaines ont pignon sur rue, et sont bien organisées, autant au niveau de leurs services que du marketing qui en fait la promotion.

Les parents prennent connaissance de leurs publicité, le plus souvent par l’entremise des journaux ou de sites web. Ensuite, ils font appel à leurs services, qui varient, tant par la panoplie des services offerts que par la qualité de ceux-ci.

 Comme vous le comprendrez , ce marché n’est aucunement réglementé. Il ouvre  la porte à quiconque veut, du jour au lendemain, démarrer une entreprise de soutien scolaire. L’éducation étant au cœur des préoccupations sociales actuelles, il est tentant, pour plusieurs, de profiter de la tendance. Car il s’agit, pour la plupart, d’organismes privés à but lucratif, qui pour l’essentiel, s’occupent de combler les lacunes de l’enseignement dispensé dans les écoles , et qui ne permet pas l’accès de tous à cette aide. Si certaines compagnies d’assurances collectives commencent à s’intéresser à ce service, ce n’est pas si courant, au Québec, d’en avoir une couverture , même partielle.  Le Ministère de l’Éducation semble ignorer ces entreprises, et rien n’a été tenté, selon mes recherches, pour réglementer ce marché.  On fait simplement comme si elles n’existaient pas.

De plus, ces entreprises auraient le plus grand mal à recruter des enseignants compétents. Ils sont recrutés sur des tests plus ou moins sérieux ou proposent (sans le dire) des étudiants quand ils prétendent ne recruter que des professeurs qualifiés. Il est vrai que les enseignants sont payés à des tarifs souvent ridicules, pour un travail qui grugera leurs soirées et leurs fins de semaine.
Dans ces conditions,  il est difficile d’avoir des professeurs qualifiés et expérimentés. Les vérifications des dossiers judiciaires, des références soumises et les entrevues prennent beaucoup de temps, et c’est parfois sur cet aspect qu’on fait les coins ronds. Un enseignant qui n’a pas réussi le test de français obligatoire pour être embauché dans une Commission scolaire, par exemple, pourra très bien se retrouver parmi le personnel de ces entreprises.

On peut donc comprendre que l’entreprise sérieuse qui fait un travail consciencieux aura du mal à compétitionner, puisqu’au bout du compte, elle fera une sélection plus rigoureuse, fidélisera son personnel avec des honoraires plus élevés, et devra donc facturer davantage aux parents. Ceux-ci, ne connaissant pas toujours tous les tenants et aboutissants de ce service, ne comparent ces entreprises entre elles qu’à partir de leurs tarifs. Ils ne demanderont que dans de très rares cas des références qu’ils pourraient vérifier eux-mêmes ou des preuves de la diplômation prétendue. Ils ont payé. Ils font confiance. Ils ont mandaté des personnes pour s’assurer de la qualité des services dispensés.  Je ne doute pas de la bonne foi de la plupart de ces personnes, mais la business étant ce qu’elle est, et la compétition de plus en plus forte, la tentation d’augmenter la marge des profits au détriment de la qualité se fera sentir, à plus ou moins long terme.
La rentabilité de l’entreprise en dépend.

Finalement, puisqu’on sait que la majorité de ces enseignants débutent dans la carrière et le font essentiellement pour boucler leur fin de mois, il y aurait lieu de leur fournir, au sein de l’entreprise, une formation continue, ou du moins des services de conseillers pédagogiques, ce qui est rarement le cas, vu les coûts que cela engendre et qui viendraient gruger, encore une fois, les profits.  Cette formation continue est à mes yeux primordiale, compte tenu que les élèves qui reçoivent ces services sont soit en échec, ou à risque de l’être dans une matière ou dans plusieurs d’entre elles.  Or, ce n’est pas le simple fait de répéter la matière, même individuellement, qui fera la différence.
D’autres de ces entreprises se spécialisent dans l’embauche d’enseignants à la retraite. On peut alors s’attendre à un enseignement dispensé de façon traditionnelle, basé sur des façons de transmettre les connaissances qui sont plus ou moins à jour.  C’est selon, et ça peut être très variable, il va sans dire.

Si l’élève n’apprend pas à apprendre, s’il ne connait pas les gestes mentaux nécessaires à sa réussite (voir à ce sujet l’excellent billet de Mila Ste-Anne) , faire encore davantage de ce qui ne fonctionne pas en classe, avec bien souvent les mêmes cahiers d’exercices,  n’avancera en rien sa capacité de faire des apprentissages durables. De plus, le fait que globalement, les enseignants, surtout les moins expérimentés, reconnaissent difficilement les signes d’un véritable trouble d’apprentissage qui pourrait causer les difficultés, persisteront à lui demander de travailler plus fort, d’étudier davantage et ne feront que retarder un diagnostic sans lequel on ne peut aider efficacement un élève à surmonter ses difficultés.

À suivre…

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La vérité au sujet des entreprises de soutien scolaire.
16 septembre 2010, 18:48
Filed under: ressources | Mots-clefs: ,

Pour la première fois depuis le début de ce blogue, je propose à mon lectorat un dossier spécial.
En choisissant ce sujet, je savais qu’il comporte trop d’aspects pour être traité dans un seul billet.  Je m’efforcerai donc de répartir ce dossier en quelques volets.
Un conseil : Pour ne rien manquer de cet intéressant sujet, abonnez-vous à ce blogue.
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Beaucoup de  parents font appel à des entreprises de soutien scolaire dès la rentrée,  tout au long de l’année scolaire, et même en été.
Il en existe un cinquantaine, de plus ou moins grande envergure, seulement au Québec.

1.Qu’est-ce que c’est?
2.Comment s’y retrouver?
3.Comment s’assurer de la qualité des services offerts?
4.En quoi cela peut-il aider notre famille?
5.En quoi cela peut-il être un problème?
6.Ces services sont-ils sujets à remboursements de la part des compagnies d’assurances-collectives?
7.Comparons certains  services offerts au Québec et ailleurs.
8.Quelles sont les alternatives possibles ?

Mais d’ abord, existe-t-il une quelconque règlementation à leur sujet ?

Il existe bien une Association des Services Éducatifs Privés du Québec, qui a pignon sur Internet. À ma connaissance, c’est la seule du genre.

On peut y relever des groupes de mots comme «  plusieurs personnes qui œuvrent dans le domaine du soutien scolaire depuis plus de 15 ans au Québec  »   «  L’ASEPQ s’est donc donné pour mandant de développer un code d’éthique professionnelle  » ou encore « L’ASEPQ, qui rassemble des intervenants de plusieurs secteurs impliqués dans le domaine de l’éducation« … et quoi encore.

Or, ces propos ne donnent pas de précisions quant à l’identité des membres de ce groupe, aux conditions nécessaires pour y adhérer ni aux détails concernant le code d’éthique dont il est question.

J’ai bien tenté, mais sans succès, d’en savoir davantage. Un peu plus de transparence serait souhaitable pour gagner la confiance du public, il me semble. De même, le fait d’afficher des exemples des publicités de cet organisme, qui sont soit disant parues dans certaines publications manque de crédibilité, puisqu’on ne peut savoir de quelles publications il s’agit, même en agrandissant l’image.

Voyez par vous-mêmes…

De plus, les statistiques affichées sur ce même site ne correspondent qu’à des chiffres généraux pour l’ensemble du Québec et ne reflètent en rien la clientèle desservie par cette association.

Voyons voir…    (extrait du site asepq.ca)

Statsistiques (oups…)

école au Québec: 2830 (2004-2005)  ( pas au pluriel…)

Etudiants : 1.3 million

Budget de L’éducation:  12.2 milliards (25% du budget total du Québec)

ENSEIGNANT(ES) : 81,885 (2004)  (et six ans plus tard ?)


Permettez-moi, mais c’
est quoi le rapport ?
Ces statistiques sont publiques et disponibles sur le site du MELS , où elles ont le mérite d’être à jour.

Vous conviendrez que tout cela ne fait pas très professionnel, et ressemble plus à de la poudre aux yeux qu’à autre chose.
Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Il s’agit d’un aspect des services privés offerts aux élèves qui est assez mal connu.

Vous avez un témoignage,  une expérience à relater, n’hésitez pas. Je me ferai un devoir de vous publier dans la section des commentaires.
Merci d’avance et à très bientôt!

Marielle Potvin, orthopédagogue
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