Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Un homme d’exception
9 décembre 2013, 22:14
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Nelson

Le décès de Nelson Mandela nous a tous attristés, il y a quelques jours, où que nous soyons dans le monde.

S’il est une chose de bien que nous pouvons faire à la suite de cette nouvelle, c’est certainement de faire connaître sa vie, sa mission et son oeuvre à nos jeunes.

Pour qu’ils en soient inspirés, certainement, et pour qu’ils puissent apprécier à quel point ce grand homme a contribué à apporter la paix dans le monde.
Saisissons l’occasion de les en informer.

Pour faire ma petite part en ce sens, j’ai préparé une fiche pédagogique à utiliser en classe, avec des suggestions d’activités, sur le thème de la vie de Nelson Mandela.
Des connaissances  sur son parcours, sa contribution, ses citations, de même que sur l’Afrique du Sud et sa culture sont suggérées dans cette fiche qui comporte des activités variées.

Sa mission, son emprisonnement, son élection, par la suite, en tant que président de l’Afrique du Sud, tous ces jalons méritent d’être connus des petits comme des grands.

Vous trouverez cette fiche, de même que de nombreuses autres, sur le site de SCOOP!
En fait, Scoop! en publie environ 90 par année scolaire.

Ce site vous propose des fiches d’activités pédagogiques en lien avec l’actualité et offrant une foule d’idées d’intégration des TIC dans la classe. Le tout vise à faciliter le travail des enseignants et s’adresse au éducateurs du secondaire ainsi qu’à ceux du 3e cycle du primaire!

Enseigner avec l’actualité, c’est donner du sens aux apprentissages.
C’est saisir les occasions de former, d’informer, de développer la culture et les habiletés à trouver et analyser des informations chez nos élèves.

Faites-vous plaisir.
Abonnez-vous, ou mieux, demandez à votre Commission Scolaire de le faire.
Vous ne pourrez plus vous en passer.

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Le carnet vert
12 mai 2011, 18:22
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Si certains d’entre nous ne pensent déjà qu’aux vacances d’été, d’autres sont déjà en projet pour septembre prochain.
L’un n’empêche pas l’autre, remarquez.

Je vous propose aujourd’hui de prendre connaissance d’un outil de communication formidable:

Qu’est-ce que c’est?

C’est un site web conçu pour les enseignants qui désirent publier des informations aux parents, aux élèves ou à toute autre personne.

Il s’agit d’un outil de communication et d’information écologique, rapide et efficace.

Prenez-en connaissance et vous passerez vos vacances en toute tranquilité, sachant que  vous l’utiliserez à la rentrée.

Peut-être même que vous remporterez l’ un des trois codes d’accès gratuits qui vous sont offerts!

Pour participer, simplement laisser un commentaire ici, à la suite de votre visite sur le site du Carnet Vert.

Dites-nous pourquoi vous aimeriez gagner un code d’accès gratuit.

Que vous soyez enseignant au préscolaire, au primaire ou au secondaire, il y a une version pour vous 😉

Le tirage se fera le dimanche 15 mai , à midi.  Les noms des gagnants seront diffusés ici. 

Bonne chance! 

Merci à tous les participants ainsi qu’à Sébastien, pour sa pertinente réflexion.

Les gagnantes sont:

1. Mme Isabelle Malet

2. Mme Gaétane Saint-Cyr

3.Mme Karine Lacasse

Bravo!  Vous recevrez sous peu, par courriel, vos codes d’accès.

Mise à jour du 25 mai: http://bit.ly/mQELJO

Merci Sébastien !

Marielle Potvin, orthopédagogue 



Bonne fête aux supermamans!
7 mai 2011, 20:18
Filed under: plaisir d'apprendre | Étiquettes: , ,

On a un enfant, et on devient maman…

On a  un enfant différent, et on devient supermaman.

À vous toutes, bonne fête des supermamans !

Ce  projet a été  réalisé en  team-teachning grâce à la  complicité
d’éducatrices spécialisées exceptionnelles.
 
Brigitte Besnard et sa collègue Jocelyne Bérubé partagent leur passion auprès de vingt élèves ayant une déficience intellectuelle légère à moyenne avec ou sans trouble associé (dyspraxie, langage, audition) Ils sont âgés de 6 à 12 ans.

Elles les accompagnent tout au long de leur cheminement du primaire soit pendant 2 à 6 ans selon l’âge où ils arrivent avec elles.
Un très bel exemple de différenciation pédagogique.

Bravo à chacun de vous pour vos merveilleuses réalisations!

Marielle Potvin, orthopédagogue



L’ordinateur en classe et les troubles d’apprentissage

Accrochée au vol, cette vidéo qui fait état d’une situation intéressante.
Vous croyez qu’ils sont en avance?

Mais non…

Il n’y a pas de précurseurs, il n’y a que des retardataires 😉 

C’est
Jacques, (cliquez sur son nom pour visiter son blogue) il me semble, qui a déjà dit ça … 

Merci à Rémi,(cliquez sur son nom pour visiter son blogue)   chez qui je suis allée glaner cette  vidéo.

Marielle Potvin, orthopédagogue

 

 



Qu’est-ce qu’on attend ?

Nous avons les connaissances. Nous avons les modèles, les technologies et le personnel…
Nous avons la motivation et les compétences.   
Nous avons les ressources, l’enthousiasme et  la volonté.

À preuve, cette école . 

Juste pour vous dire que ça existe, juste pour donner espoir. Comme tant d’autres belles initiatives, celle-ci n’est pas assez connue. 
Même en étant bien au fait de ce qui se passe en éducation, il faut chercher, creuser et toujours être à l’affut pour découvrir ces joyaux.

Heureux les enfants qui ont la chance d’être empreints dès leur jeune âge des valeurs qu’une école communautaire et entrepreneuriale peut leur apporter. Ils ont la chance de développer leur potentiel en fonction de la vie. La vraie.

Mon amie Catherine enseigne dans cette école. J’écris le mot ‘amie’ en souriant, parce qu’on ne se connait pas vraiment.  On est amies Twitter, ce qui est déjà un cran de plus qu’être amie Facebook. On échange des ressources, idées et commentaires depuis plusieurs mois. Ça crée des liens bien intéressants.  Malgré la distance, on est en communication pédagogique; ce qui est un cran de plus que ce que vous vivez peut-être dans votre école. 

En 140 caractères, on ne parle pas de la pluie et du beau temps. Direct au but: Connais-tu? As-tu vu? As-Tu lu? On s’entraide.  On s’encourage.  On obtient réponses à nos questions  souvent, par l’intermédiaire de personnes qui les ont vues passer.  Comme une rivière qui coule dont on s’abreuve par petites lampées .

Toujours est-il que Catherine a eu l’occasion de se rendre à Clair, cette année. 

Voici ce qu’elle en garde de souvenirs et d’inspiration:

 

Qu’est-ce qu’on attend pour arrêter d’en rêver ?

Et pour enfin s’en  donner la possibilité?

Marielle Potvin, orthopédagogue



Dans ma boite aux lettres…
12 septembre 2010, 12:06
Filed under: plaisir d'apprendre, plaisir de lire, ressources | Étiquettes:

De retour de vacances, plein de surprises m’attendaient dans la boite aux lettres.  Parmi les envois ordinaires, une grande enveloppe brune.
J’avais hâte de l’ouvrir , pour y lire un article que j’avais écrit, quelques semaines plus tôt, mais aussi pour y  découvrir une mine d’informations, toutes plus intéressantes les unes que les autres.  Je dépose mes valises, me fait un bon thé. Tout le reste peut attendre…

Installée dans mon fauteuil préféré, je  plonge dans le  Guide annuel des sites Web pour réussir à l’école.

Avec la rentrée,  ce nouveau numéro du magazine l’École branchée tombe à point!  Cette année encore, on y trouve une sélection de 500 sites Web pour réussir à l’école, dont une centaine de nouveautés par rapport à l’édition de l’année dernière.

Quelques pages plus loin, je découvre  avec plaisir  un super dossier de 20 pages sur la lecture à l’ère du numérique.
Comment le fait de lire à l’écran transforme l’acte de lire?
Comment apprend-on à lire?
À quoi devrait ressembler la bibliothèque du XXIe siècle?
Est-ce que les ados aiment lire? Quels sont les livres coup de cœur des jeunes québécois?

Wow!  Qu’il fait bon revenir à la maison 😉

Pour vous procurer ce numéro exceptionnel, commandez en ligne sur www.pedagolivres.com.
Aussi disponible dans les bonnes librairies.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438 886-8141



Hors de la boîte, point de salut ?

                                                

On le sait. On a parfois l’impression d’avoir tout essayé. Pour trouver des solutions, il faut souvent penser « En dehors de la boîte ».

Soit une situation  :
Un élève en difficulté, lecture et écriture. 5ème année. Motivation à la baisse. Évidemment.Tout est à travailler…
La compréhension en lecture, l’orthographe d’usage et grammaticale, les accords, les conjugaisons, les homophones,  alouette !

Je l’avais rencontré, maintes fois, en consultation. Il faisait des progrès importants, mais inconstants.
On avait beau, ses parents, son enseignante et moi, tenter de l’aider au mieux, les performances demeuraient en dents de scie.
J’écarte encore aujourd’hui la possibilité d’un trouble spécifique d’apprentissage, vu les résultats qui sont parfois si positifs.
Il faut pourtant régler une fois pour toutes ces difficultés. Il est au 3ème cycle, quand même!
 
M’est revenu en mémoire un documentaire, à la télé, dans lequel s’exprimait Normand Latourelle, le créateur et maître d’oeuvre de Cavalia, un spectacle unique.  Si vous l’avez vu, vous ne douterez pas une seconde de ce qui suit…

M. Latourelle expliquait son succès à dresser les chevaux de façon à leur faire faire littérallement tout ce qu’il voulait. Sans crainte et sans contrainte.

Il utilisait d’abord son remarquable sens de l’observation, pour connaître chacun des chevaux qui était sélectionné pour faire partie du spectacle. Comme il disait, il apprenait alors à parler son langage. Il considérait ce que le cheval aimait, ce dont il avait besoin, son tempérament. Ensuite, il mettait ses énergies à parler son langage. Avec le succès qu’on lui connait.
Ce passage m’avait particulièrement inspiré.

En tant qu’enseignants, est-ce qu’on prend la peine de connaître nos élèves, et  de parler leur langage?
Je suis plus certaine de la première partie de la question que de la deuxième…

Soit une solution :
Je propose aux intervenants, lors d’une rencontre, les modalités suivantes:
On retire l’élève de l’école les vendredis.
Je me connecte à MSN Messenger, avec lui, à l’heure indiquée.
Nous ferons un total quatre heures d’échanges durant la journée, à distance.
Bien sûr, on aurait pu utiliser aussi une webcam, mais j’ai préféré qu’on s’en abstienne.
De cette façon, l’élève devra lire toutes les consignes, les comprendre, et y donner suite. 
Bon, on s’entend que c’est une situation privilégiée, mais c’est intéressant quand même, vous allez voir…

Toujours en compagnie d’un de ses parents, l’élève travaille de façon intensive sa compréhension de 
lecture et ses compétences en écriture.
 
Je le réfère à des sites Internet, il y en a plein sur mon Delicious 
Des dictées virtuelles, des activités interactives de toutes sortes…
Mon art consiste  à lui faire vivre des succès tout en lui proposant des situations  qui comportent
des difficultés graduelles de façon à ce qu’il fasse de véritables  apprentissages,
et comme M. Latourelle le suggérait, selon ses intérêts.

Bien sûr, même si on utilise un médium qui s’y prête habituellement, pas question d’utiliser
abréviations  ou langage MSM.
Pas que je suis contre, mais le but à atteindre ne s’y prête pas dans ce cas.

J’enregistre toutes les conversations que nous avons, et je les fais parvenir à son enseignante
et au directeur de son école à la fin de la journée. 
 
De mon côté, je note les types d’erreurs, pour planifier les prochaines sessions.
Les difficultés sont ciblées de façon précise.
Les progrès sont observables et mesurables.
Les rétroactions sont immédiates.

On va faire du bon boulot.
En parlant son langage. 😉

Mise à jour du vendredi 16 avril 2010 :
C’était notre 3ème vendredi aujourd’hui.
Nous avons établi un code de couleurs qui nous permet de mieux nous comprendre. Si je dois le reprendre une  2ème fois pour le même type d’erreurs, j’utilise une autre couleur. Daniel voit donc qu’il s’agit d’un nouveau rappel et y porte encore davantage attention, ce qui renforce mon intervention. 
Il développe son autonomie, et les automatismes reliées aux compétences en écriture. Déja, de beaux progrès sont observés.
Je les attribue en partie à la rapidité de la rétroaction
Il le dit lui-même: Avant, je faisais un texte, le prof le corrigeait et j’en avais la correction quelques jours plus tard, alors que j’étais déjà ailleurs…  Maintenant, j’écris en sachant que je serai lu, dans un  délai très court. 
J’attribue aussi les progrès au fait que s’il fait une erreur sur une notion déjà vue, je lui demande de se reprendre en réécrivant la phrase au complet.   J’sais pas pourquoi, mais il se relit davantage, maintenant 😉

Mise à jour du vendredi 23 avril 2010:
C’était notre 4ème vendredi aujourd’hui.
Comme Daniel est un sportif, je l’ai invité à regarder le défilé des athlètes sur LCN. Il habite trop loin de Montréal pour pouvoir y assister, mais il a pu s’y joindre à sa façon. Je l’ai invité à lire des articles qui y faisaient référence, avant le défilé. Puis, nous avons bavardé de tout et de rien, après ce visionnement, et il a construit des phrases qui exprimaient ce qui l’avait le plus surpris ou ce qu’il avait appris en voyant ce défilé.
Intéressant comme on peut connaître quelqu’un juste en le laissant  communiquer. Il n’a pas l’impression de subir un test, ni rien. On jase de ses impressions, comme si on avait une conversation verbale.  Ça fait ressortir les faiblesses, comme les forces et les progrès, aussi. Les progrès, je les souligne et renforce ses efforts. Les faiblesses, je les remarque et travaille avec lui les notions qui s’y rapportent.  Je l’envoie sur des sites Internet où il peut consolider des  notions , je lui fais parvenir des télécopies , toujours en lien avec une difficulté qu’il vient de vivre. 
Je ne lui fais pas faire d’exerciseurs AVANT. Seulement quand il a réalisé qu’il est en panne pour une notion quelconque.  Il bute sur un homophone, ne sait pas comment accorder un participe avec Être, se trompe entre QUELLE et QU’ELLE, ne sait pas accorder un verbe avec le pronom ON… Vite, je lui sors un exercice qu’il sait en lien avec ce qu’il a voulu écrire.  Motivation, vous dites ?
 
Je savais que Daniel avait eu plusieurs otites en bas âge. Mais en lisant ce qu’il écrit, je constate de plus en plus que ce qui est lacunaire a un lien avec une faible discrimination auditive de certains sons.  Par exemple, aujourd’hui, il m’écrit un À au lieu d’un A.  Je lui demande comment il fait pour savoir quand c’est un ou quand c’est l’autre.  Il me répond que quand on peut remplacer par AVEC, c’est A.
Hum… Remplacer par AVEC… Il n’y a pas beaucoup de phrases qui ont du sens si on substitue A par AVEC, d’où sa confusion. J’ai donc pu rétablir la situation.  Et j’aurais plein d’exemples comme ça. 
Nous devions terminer à 15:00h. Conversant à bâtons rompus, ni l’un ni l’autre n’avons remarqué l’heure. C’est Daniel qui a remarqué le premier qu’il était 15:43h.    Nous nous sommes quittés à regret, après avoir échangé durant plus de quatre heures, en tout, aujourd’hui, et seulement par écrit, sur MSN Messenger.   

Mise à jour du mardi 27 avril 2010

 

Aujourd’hui, je viens vous faire part des nouveaux développements et échanges entre les différents intervenants.
D’abord, un courriel échangé il y a trois jours …  

Bonjour ,
Ce message s’adresse à M. LeDirecteur et à Mme SonEnseignante.
Je vous écris aujourd’hui pour vous faire un suivi concernant l’aide que j’apporte à Daniel, élève de Mme SonEnseignante
Depuis que nous travaillons ensemble, avec les mesures que vous connaissez, Daniel fait des progrès constants.
 
À la lecture du fichier attaché, qui relate nos conversations écrites, vous remarquerez que des confusions auditives ressortent, ce qui peut expliquer en partie les difficultés en écriture et en  compréhension de lecture de l’élève. Outre des sons qui sont confondus entre eux ( j / ch, f / v, é / è) nous pouvons aussi constater que toute la compréhension des règles de la grammaire est affectée.
 
Par exemple, dans le cas de l’homophone a /à , lorsque j’ai demandé à Daniel comment il s’y prend pour choisir entre les deux graphies, il m’a répondu qu’il s’agit de remplacer par AVEC
Or, dans ce cas, aucune phrase n’aura plus de sens avec ce mot.
Je n’aurais peut-être pas remarqué, à l’oral, mais c’était plus apparent, à l’écrit…
  

J’ai donc réajusté en lui expliquant qu’il s’agit plutôt du verbe avoir, à l’imparfait…  Ce qui a , bien entendu, éclairé davantage sa lanterne.
 
Le travail que nous faisons à l’écrit m’en dit donc beaucoup au niveau des difficultés particulières de Daniel. Celles-ci sont possiblement reliées au fait qu’il a subi de nombreuses otites, avec introduction de tubes dans les oreilles (à 3 reprises), avant l’âge de 5 ans.
Le développement de son langage s’en est aussi trouvé affecté.
Les parents ont vérifié avec l’ORL et l’acuité auditive semble normale.
  

L’aspect expressif et réceptif de son langage, à l’oral comme à l’écrit, accuse un retard important, de même que l’acquisition de son vocabulaire et de ses connaissances générales.  

En échangeant ensemble par écrit, Daniel doit lire les consignes, les comprendre et y réagir. Il m’est alors facile de mesurer sa compréhension. Si, en me répondant, il commet une erreur, la rétroaction qu’il obtient, dans un délai très court, lui permet de s’ajuster. De même, quand il réussit ou qu’il démontre du progrès, le renforcement positif ne se fait pas attendre.
 
Je reste persuadée qu’un travail intensif de la rééducation de l’écrit, mené de cette façon, contribue à faire progresser Daniel.
Vous pourrez d’ailleurs prendre connaissance des écrits que nous échangeons, par le biais du fichier attaché à ce message.
 
Ma principale préoccupation, en ce qui concerne les apprentissages faits par Daniel, sont de l’ordre du transfert de ceux-ci dans ses travaux en classe, ou ailleurs.
 
Il serait important de savoir si, en situation de travail en classe, par exemple, Daniel applique ses nouvelles connaissances, et devient donc plus compétent dans ses productions écrites. Les homophones travaillés sont-ils dorénavant appliqués (er / é, à / a,
on/ ont, c’est / ses / ces / sait ) ?   Certaines de ces notions sont encore fragiles, mais y a-t-il, selon Madame SonEnseignante, amélioration ? 
  

La majuscule et le point, qui sont maintenant acquis, sont-ils appliqués à l’écrit, maintenant ?
L’orthographe d’usage s’est-elle améliorée ?     Utilise-t-il davantage ses outils de références ? 
 
Les réponses à ces questions me seraient utiles pour adapter l’enseignement que je lui dispense.
  

Notons aussi que je lui ferai parvenir dès cette semaine un dictionnaire visuel (Québec-Amérique) qu’il pourrait utiliser pour ses productions écrites, par exemple, et qui vise essentiellement le développement de son vocabulaire.  Daniel gagne à utiliser un maximum de supports visuels.  

Si vous connaissez déjà les dates des examens d’écriture qui auront lieu en juin, ce serait bien apprécié que vous me les fassiez parvenir.  Daniel doit se présenter à ces examens, mais je doute fort qu’il puisse les réussir, l’écart étant très grand entre ses acquis actuels et les attentes de fin 5ème année.  

M. LeDirecteur a-t-il eu la chance d’explorer le logiciel ‘Hop! Écrire’ dont je lui parlais?
Nous commencerons à l’utiliser dès que la phrase de base sera suffisamment travaillée.
  

Aussi, nous comptons sur la possibilité de poursuivre l’aide durant l’été, de façon intensive, et amener Daniel à faire des progrès significatifs. Il faudrait déjà prévoir lui faire passer un examen de reprise en août, par une enseignante de votre établissement, afin de cerner davantage son niveau véritable à la rentrée.
 
Au plaisir de vous reparler,
Marielle Potvin, orthopédagogue  

Le lendemain, je reçois ce courriel de M. LeDirecteur:  

Bonjour Marielle,
Je débute par te dire que je suis inquiet du cheminement de Daniel.  En effet, son enseignante n’observe pas de transfert en classe malgré tous les beaux efforts qu’il met avec toi le vendredi. De plus, il semble mettre encore moins d’effort en classe et demeure dérangeant pour le reste du groupe.
 
Selon toi, est-ce une réaction normale suite à ce qui a été entrepris?  Réagit-il au nouveau fonctionnement?  Est-il en recherche d’un suivi 1 à 1 même à l’école?
 
J’aimerais aussi vérifier quelque chose avec toi.  Mme SonEnseignante me signale qu’elle observe des comportements qui a première vue ressemblent à un comportement TDAH.  Voici ce qu’elle observe :
 
–         Daniel bouge beaucoup en classe : tape du pied, tape sur son pupitre
–         Il parle constamment lorsque ce n’est pas le temps; il passe souvent des commentaires qui sont hors propos.
–         Il s’oppose aux demandes de l’adulte (enseignante et spécialistes)
–         Il est aussi très impulsif dans ses gestes et paroles
 
Qu’en penses-tu?  Observes-tu toi aussi des choses de la sorte?
 
Finalement, as-tu des idées pour rendre le travail de Gabriel plus efficace?
 
J’attends de tes nouvelles
Merci  


Voici la réponse que je lui ai fournie, peu après:
  

Bojour M. LeDirecteur,
Je comprends tout à fait vos inquiétudes. 
  

Présentement, je recommande une évaluation pour vérifier si Daniel ne serait pas atteint d’un trouble qui s’appelle le « trouble du traitement auditif « , anciennement appelé ‘trouble de l’audition centrale’.  

Il s’agit d’un trouble peu connu, et qui n’a rien à voir avec son acuité auditive.
Je vous laisse d’ailleurs un document à cet effet :
http://www.raymond-dewar.qc.ca/doc/def_FAQ_TTA.pdf
 
À la lumière de ce que je lis quand Daniel écrit, des informations que cela m’apporte (et j’ai des surprises, même si je le connais bien), je soupçonne de plus en plus que Daniel soit atteint de ce trouble.   J’en ai déjà parlé aux parents, et leur ai donné des références en ce sens, lors d’une conversation téléphonique, hier.
 
Je propose donc une évaluation à l’Institut Raymond-Dewar, plutôt qu’au CIME ou au CENTAM.
  

Essentiellement, nous visons à obtenir davantage de mesures d’aide concrètes pour Daniel. Éventuellement, cela pourrait mener à l’utilisation d’un système MF, si l’hypothèse se confirme. Dans presque tous les cas, nous voyons alors la situation évoluer positivement.  

Ce qui peut ressembler à des problèmes de comportement (ignorance des consignes et de l’adulte, seuil de tolérance à la frustration très bas, irritabilité et autres manifestations) peuvent être associées au fait qu’il soit atteint d’un trouble du traitement auditif.   

Daniel semble avoir de plus en plus de difficultés à composer avec les frustrations qu’il accumule depuis déjà plusieurs années,  les exigences à son égard devenant de plus en plus grandes avec le temps et le passage à des niveaux supérieurs. Il devient aussi de plus en plus conscient qu’il ne répond pas aux performances attendues, malgré ses efforts.  

Récemment, je me suis trouvé avec lui dans un lieu public. Daniel était étonnament silencieux.
Typique. Le bruit ambiant semble le fatiguer, et les consignes sont mal comprises, d’où une grande frustration de sa part.  Si on tient compte de ses otites à répétition et de son retard dans l’acquisition du langage, le TTA prédomine dans les hypothèses, bien avant une dyslexie ou un trouble de l’attention. En fait, ce dernier en serait plutôt une manifestation, au même titre que son manque de vocabulaire et de connaissances générales.
Par ailleurs, ses performances plutôt bonnes en mathématique nous indiquent que Daniel se débrouille mieux avec des éléments concrets, accompagnés de supports visuels et faisant appel à la logique plutôt qu’aux habiletés langagières.
 
Le manque de transfert de ses apprentissages pourrait aussi être relié à cette situation, car il éprouve beaucoup de difficultés à gérer plus d’une information à la fois. Ses problèmes d’organisation pourraient aussi être expliquées par un trouble de cette nature.
  

On peut constater facilement ces derniers éléments en prenant connaissance de ses écrits sur MSN Messenger. Il a du mal à comprendre l’utilisation des référents et à respecter le rythme d’une conversation écrite à tour de rôle.
 
D’ici à ce qu’on en sache davantage au sujet de la nature des difficultés de Daniel, le mieux que l’on puisse faire est de le supporter en lui donnant une seule consigne à la fois, de préférence par écrit et de lui faire reformuler celle-ci,  afin d’en mesurer le degré de compréhension.
  

Les consignes données verbalement devraient aussi être données par écrit (au tableau, par exemple) chaque fois que c’est possible.
 
Finalement, il est important de veiller à ce que Daniel utilise son carnet de bord, qu’il doit compléter chaque jour pour y noter ses difficultés d’ordre académique.
 
Nos encouragements lui sont plus que jamais nécessaires. Il est de plus en plus conscient de ses difficultés et sans un virage majeur, nous savons qu’il serait à risque de se décourager davantage.
 
Bien sûr, je vous tiendrai au courant des développements futurs. 
  

Merci de l’attention que vous portez au cheminement de Daniel.
Je demeure, bien entendu, disponible pour vous fournir toute autre information et pour échanger avec vous. Comme vous avez déjà enseigné à Daniel,votre apport et vos observations sont  importants pour valider certains des aspects soulevés.  

Salutations cordiales,
Marielle Potvin, orthopédagogue
  


Pour ceux que ça pourrait intéresser, voici des liens à suivre pour en connaître davantage au sujet du TTA:
  

http://j.mp/azlHNS
 
http://j.mp/9Rbjn5
 
http://j.mp/9Ztc73  

J’ai transmis ces infos aux parents de Daniel et à son école.
 
Aussi, vous trouverez ici une trousse d’intervention en salle de classe qui pourrait aider les enseignants à intervenir efficacement auprès d’un enfant qui est atteint d’un TTA   :
http://j.mp/a7g7OI   47 pages d’infos pratiques  😉  

Mise à jour du jeudi 29 avril 2010:

J’apprends que l’Institut Raymond-Dewar n’accepte pas de faire de suivis auprès d’élèves qui ne sont pas de la région de Laval ou de Montréal. Comme Daniel et ses parents habitent dans Lanaudière, il n’auront pas accès à leurs services. Je les réfère donc à la Clinique LOBE http://www.lobe.ca/site/index.php?s=9 . Ils sont présents dans plusieurs régions du Québec. 
Les parents ont obtenu facilement un rendez-vous pour le vendredi 7 mai prochain ! Il s’agit d’une clinique privée.
Bienvenue dans un monde à deux vitesses…
  

Bien sûr, j’ai des doutes. Je suis peut-être dans le champ. Je préfère toutefois suivre mon intuition que d’éliminer cette hypothèse par peur de me tromper.
Les conséquences seraient bien moins lourdes si je me trompe, de toutes façons.
À suivre…  

Surtout, je ne suis pas restée seule dans cette prise de décision. Depuis que j’ai soulevé l’hypothèse d’un TTA, j’en ai beaucoup parlé avec les parents, et il reconnaissent très bien leur fils dans la description des caractéristiques qui entourent ce trouble neurologique. Ils vont de l’avant pour une évaluation, en toute connaissance de cause, puisque l’information a circulé librement

Mise à jour du lundi 3 mai 2010: 

J’ai communiqué avec Daniel, vendredi dernier. Peu à peu, il acquiert des automatismes et vit de petits succès. Je lui ai fait parvenir un dictionnaire Mini Visuel, de chez Québec-Amérique. Ça va l’aider à développer son vocabulaire. On en est encore à travailler la structure de phrase et l’orthographe, mais avec ses outils en ligne   http://j.mp/cnvOsw  il a accès rapidement à l’aide qui lui est nécessaire.  Nous avons parlé hockey, il a fait plusieurs phrases bien construites, à la forme affirmative et négative, et il commence à démêler plusieurs homophones.
Je le vois avec ses parents, vendredi prochain,  juste après son examen auditif.  J’attends les résultats avec impatience, car si son audition est bonne, l’audiologiste procèdera sous peu aux tests de traitement auditif.    Et si c’était cela ??