Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


En collants et en cape

L’autre jour, j’ai publié une lettre qu’avait adressé un directeur à une mère d’un élève.
Je ne cite que ce passage, afin de vous situer et vous donner le ton:

 »Par ailleurs, nous n’avons pas l’intention de rencontrer madame Potvin ni de la laisser venir observer en classe.
Je vous demande encore une fois de considérer l’opinion de l’équipe-école et d’y réfléchir. »

Cette maman, qui me consulte au privé avec son fils voudrait bien qu’on établisse une collaboration avec l’école, mais il semblerait que ce soit impossible.  Je croyais qu’il s’agissait d’une malheureuse exception…

J’ai reçu, depuis, de nombreux commentaires provenant de d’autres orthopédagogues en clinique privée, qui portent à croire qu’il s’agit d’une situation beaucoup plus courante que je ne le croyais.

En voici quelques-uns:

Une première m’écrit ceci:
*Dans les dernières semaines, j’ai défendu des élèves, et les choses se sont parfois corsées au point où des directions d’école, après s’être fait prendre en défaut, parce que j’ai démontré aux responsables de leurs C. S. que les mesures d’aides, dont l’ordinateur, sont des outils qui font la différence entre réussite et échec chez un dyslexique de 4e année…
Après avoir gagné la cause, donc,  et le droit d’utiliser l’ordi pour mon élève, un de ces  »petits gérants de caisse populaire de village de campagne » à convoqué la mère pour lui dire qu’à cause d’elle et de la pression que nous avions exercée pour son fils, d’autres élèves de l’école recevraient moins de services, et qu’elle était harcelante…

Une autre m »écrit ceci:
*La semaine dernière, un directeur a sollicité ma présence au P.I….en me disant à demi-mots.  »Mais qu’est-ce que tu peux faire de plus que nous pour cet élève..Montre-nous donc voir, » et il m’invite à apporter le matériel que je produis pour l’élève afin que j’explique à son orthopédagogue comment faire!!!

Une autre, encore…
*Cette semaine, pour un autre élève pour qui, l’ordi et le droit de l’utiliser au moment des évaluations étaient déjà inscrits dans son P.I., (après un an de bataille épique), en discutant avec la mère j’ai réalisé que le seul moment où cet enfant touchait à un clavier, c’était dans mon bureau… J’ai rapidement expliqué aux parents l’importance d’y avoir accès régulièrement à l’école, afin qu’au moment de faire ses évaluations, on ne décide pas d’annuler la mesure, puisqu’elle stipule qu’il doit être habitué de travailler avec cet outil.

L’école a répondu que c’était un problème de droit d’auteur, qu’il pouvait lui photocopier des textes, mais pas les numériser… J’ai contacté Jean Chouinard de récit pédagogique pour avoir l’heure juste et j’ai transmis la réponse aux parents. Ils ont alors contacté la maison d’édition du matériel utilisé en classe. La maison d’édition leur a offert de leur transmettre en format PDF, l’ensemble des textes, et ce gratuitement. Réaction de la direction d’école: elle a engueulé la mère en lui disant qu’elle avait by passé l’école et la CS… je suis également  »invitée » à cette école pour expliquer à l’orthopédagogue comment je fais!!!

Ce sont de déplorables situations que l’on souhaite exceptionnelles, mais je ne suis pas certaine que ce soit le cas. Plusieurs orthopédagogues au privé se demandent s’il ne va pas falloir un super personnage, en collants et en cape, pour défendre les droits des élèves en troubles d’apprentissage.

Personnellement, je crois que le problème réside davantage dans le manque d’informations que reçoivent les directions d’école. 
Il y en a même qui croient que le seul fait de fournir un ordinateur ou une tablette à un élève en difficulté est la solution. On part de loin quand il faut tout expliquer, mais j’encourage mes collègues à le faire patiemment. 

Simplement, je trouve dommage qu’on ait à le faire.

Note: Je tiens aussi à me dissocier de la façon dont certains propos ont été tenus; ils ne sont pas de moi. Comme nous avons convenu de publier ceux-ci, je le fais intégralement, tout en souhaitant qu’une ouverture et un respect réciproque puisse s’installer entre les différentes parties.

Ce n’est que tout récemment, quand les parents ont appris qu’ils ont le droit d’être accompagnés, lors de l’élaboration d’un plan d’intervention, que les services privés d’orthopédagogie ont commencé à être admis dans les écoles. Beaucoup de chemin reste encore à faire avant que tous réalisent que notre mission est finalement la même et que peu importe de quel côté de la clôture nous nous trouvons, l’important est de se centrer sur la réussite de nos élèves.

Marielle Potvin, orthopédagogue



Aujourd’hui, à  »Experts en série »
10 février 2014, 22:29
Filed under: médias, orthopédagogie, ressources

Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie. Selon les spécialistes, environ 10 % des enfants canadiens auraient un trouble d’apprentissage. Des enfants souvent brillants mais qui peinent tout de même à réussir leurs études.

Cependant, la technologie peut venir en aide à ces élèves au parcours scolaire ardu. Pour l’année 2012-2013, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a prévu un budget de 6,6 millions de dollars pour offrir une aide technologique aux élèves qui vivent différentes difficultés.

Ces outils demeurent toutefois controversés. Certains considèrent cette aide comme injuste, d’autres croient plutôt que cette technologie permet aux jeunes d’exploiter leur plein potentiel. Qu’en pensez-vous?

J’en parle aujourd’hui avec Marielle Potvin, orthopédagogue. http://bit.ly/MGgryP
(
On me signale qu’il est préférable d’utiliser un autre navigateur que ‘Chrome’, pour écouter le podcast. )

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Une autre belle occasion de diffuser des informations m’a ainsi été offerte. 

Merci Marianne Paquette de me permettre de partager cet aspect de ma profession. 

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
438-886-8141



Hermétisme
6 février 2014, 13:50
Filed under: orthopédagogie, ressources, services privés aux élèves

Je reviens sur ce billet, posté il y a quelques jours, et pour lequel vous avez été nombreux à réagir. La maman était venue me consulter avec son fils en raison des manifestations de découragement de celui-ci face au travail demandé.

Le petit qui faisait ‘des trous de larmes’, dans son cahier. Il m’avait ému, tout comme vous.

Puisque nous avons tous la même mission, puisque nous avons tous les besoins des enfants au coeur de nos préoccupations; puisque nous entendons régulièrement dire que l’implication des parents est importante pour la réussite de nos jeunes, puisque les écoles prétendent présenter une ouverture envers les parents, quel mal y aurait-il à ce que je participe?

Il s’agit d’un enfant que j’apprends à connaître de plus en plus. Il me manque cependant des informations importantes que je ne peux obtenir quand je le rencontre en privé avec sa mère.

Je n’ai pas toujours réponse à tout, mais en plus d’être orthopédagogue, je possède une solide expertise en troubles du comportement.

Je reproduis ici la lettre du directeur, en réponse à la demande de la maman de m’impliquer dans le dossier. Remarquez, je ne le prends pas mal personnellement; je constate simplement que l’école peut parfois être un milieu hermétique, qui se ferme aux échanges avec des professionnels de l’extérieur.

**************************

Bonjour Madame ***,

Je vous remercie de me tenir au courant des développements dans l’évolution du dossier de votre fils.
J’aimerais saluer votre initiative d’offrir à *** des services au privé. Par contre, j’aimerais vous mettre en garde contre l’éparpillement que je constate dans les services à offrir à ***.
(Comment dire quelque chose et son contraire dans le même paragraphe…)

Maintenant, vous nous annoncez que madame Potvin, orthopédagogue, viendra travailler des techniques de modification de comportement. Il me semble que c’est plutôt le champ de compétence de la psychoéducation.

(Ah, les compartiments, que c’est rassurant!  Dommage qu’on n’ait pas réalisé à quel point tout est relié, chez un enfant. Ce que nous proposions de faire, cette maman et moi, était d’offrir la possibilité à un œil extérieur et averti, de contribuer aux échanges qui pourraient favoriser la réussite de cet élève. J’aurais pu conseiller et faire des recommandations à cette enseignante, qui insiste pour utiliser un moyen très béhavioriste dans une situation d’opposition, qui visiblement ne fait qu’empirer la situation.)

Du même souffle, vous nous annoncez unilatéralement la fin de la fiche de suivi mise en place par l’enseignante.

(La maman a en effet émis le désir de ne plus recevoir ces fiches d’évaluations quotidiennes, qui notent la moindre opposition de cet enfant envers un travail qu’il perçoit comme étant trop difficile. Les répercussions sur le climat familial, en soirée, sont plus dommageables qu’aidantes)

Pendant ce temps, les enjeux sont les mêmes. *** présente toujours des comportements d’opposition et d’autres difficultés qui relèvent d’un éventuel déficit d’attention.

Madame *** (son enseignante) désire poursuivre la fiche de suivi. Cette fiche lui permet de prendre un moment privilégié avec votre fils pour discuter de son attitude en classe. L’enseignante constate que votre fils est fier et souriant lorsqu’il a une bonne période. Ce moyen sera donc maintenu.
(Si ce n’est pas une façon d’envoyer promener la maman…)

Par ailleurs, nous n’avons pas l’intention de rencontrer madame Potvin ni de la laisser venir observer en classe. L’école peut offrir des services de psychoéducation à votre enfant.

Je vous demande encore une fois de considérer l’opinion de l’équipe-école et d’y réfléchir.

Merci et bonne fin de semaine,

***
Directeur



Des trous de larmes (suite)

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Une erreur qui avait attiré mon attention, aussi, est celle qu’il avait faite dans le mot VIN, l’écrivant VNI.

Comme pour toute autre forme d’erreur, il a dû recopier le mot trois fois. Ce qui ne sert à rien, je vous l’ai déjà dit?

J’utilise le gant lourd, quand il s’agit d’une erreur où les lettres du phonème sont toutes présentes, mais inversées dans l’ordre, par exemple.

Ce gant aide à mieux sentir les mouvements d’écriture, et donc à les mémoriser.

Voici la procédure:

1.Je trace en gros les lettres du phonème, dans ce cas, le son IN, sur le TBI,

2. L’élève passe plusieurs fois, lentement, par dessus ces lettres, avec son doigt seulement.

3. Il passe ensuite avec le surligneur,

4. On trouve un truc (en l’occurrence une histoire, un petit scénario) qui fera en sorte d’aider l’élève à se souvenir de l’ordre des lettres
qui forment ce phonème.
Ici, le petit a trouvé (dommage, j’ai loupé la photo) que le i avait deux oreilles et qu’il s’agissait d’un lapIN.
Il pouvait entrer dans son terrier, qui se trouve juste à côté…

Le fait que ce soit tracé en gros, et qu’on puisse diminuer la grosseur progressivement aide beaucoup.

L’utilisation du gant lourd aide son corps à intégrer le mouvement, le sens du tracé, et à retenir l’ordre de ces lettres.
L’imagination sert la mémoire. L’enfant peut recourir au scénario imaginé en cas de doute.

Quand nous passons par la suite aux interlignes du tableau, puis ensuite dans son cahier, nous le savons.
C’est réglé.

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Merci à la maman de ce petit, qui m’a permis de partager ce moment avec vous.

Je vous laisse la référence pour le gant lourd:    http://bit.ly/1kWPWkW

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Et on remet ça pour janvier et février 2014!
10 janvier 2014, 15:59
Filed under: ressources | Mots-clefs: ,

Programme d’essai gratuit d’Omega 3

Votre enfant présente des symptômes de TDAH?
Il pourrait être éligible à ce programme.

Je rencontre dans ma pratique des parents qui sont à la recherche d’une alternative aux psychostimulants que des spécialistes conseillent de faire prendre ou que prennent leur enfant.

Or, comme vous le savez, les Québécois sont les champions de ce genre de médicament.N’y aurait-il pas d’autres alternatives, plus naturelles, et qui seraient exemptes de leurs effets secondaires?

C’est la question que je me posais depuis quelques années, déjà.

Je lis, je saisis toutes les occasions de m’informer et je me renseigne auprès de ma clientèle au sujet de l’apport en Oméga 3 et son incidence sur les troubles de l’attention et de la concentration… Il semblerait que certains types d’Oméga 3, de même que la façon dont ils sont véhiculés dans l’organisme, pourraient avoir une incidence sur l’assimilation qu’en fait le système nerveux de votre enfant.

Si votre enfant est âgé de moins de 15 ans,

qu’il prenne déjà une médication ou pas, il pourrait être éligible.

*Aucun effet secondaire
*Approuvé par Santé-Canada
*Programme entièrement gratuit
*Peut être pris avec ou sans psychostimulants
(Dans le cas où il serait pris AVEC, les effets secondaires vont se faire moins sentir)

Je fais maintenant partie d’un groupe de professionnels indépendants qui cherchent à documenter l’effet que pourrait avoir un apport en Oméga 3 (du meilleur type qui soit) sur les troubles de l’attention et de la concentration.

Contactez-moi par courriel!  

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin @gmail.com



Quand le bonheur des uns…
23 juin 2011, 19:00
Filed under: ressources | Mots-clefs: , ,

…fait le bonheur des autres!

C’est le temps des vacances scolaires, mais les apprentissages ne prennent pas congé.

L’an dernier, j’ai donc mis sur pied ‘Les Petites classes d’été’, qui ont remporté un vif succès.

Voilà que je récidive cette année, en bonifiant la formule. L’horaire est plus flexible et les activités encore plus variées.

Si les élèves les apprécient tellement, c’est qu’on y développe des compétences technologiques, dont ils ont soif de connaître les secrets.

On envoie des courriels, on fait des nuages de mots, on construit des phrases et des textes qui seront publiées sur un blogue.

(Merci au Carnet Vert, qui sera l’hôte de nos écrits, cette année)

On joue à des jeux ‘sérieux’, on utilise des
sites interactifs et des logiciels, on manipule le Ipad, bref, on s’amuse ferme tout en développant les compétences reliées aux technologies de la communication.

Ces quelques exemples peuvent varier en fonction du niveau des élèves (qui sont admis par cycle d’apprentissage).
Nous en avons une multitude, en réserve, que l’on utilise en
fonction des besoins et des intérêts observés.

Voici quelques exemples de ce que nous avons fait l’an passé… Que de beaux souvenirs!

*C’est parti

*Chat, souris et autres jeux.

*Pluie de mots.

*Papaaa, c’est finiiiiii!!!


Cette année, on va même twitter, en utilisant le tableau blanc interactif 😉

Vous connaissez un élève du primaire qui aimerait?

Bonne nouvelle, il reste encore quelques places!
Premier arrivé, premier servi.

Contactez-moi en me faisant parvenir un courriel
à 
marielle.potvin@gmail.com
et
laissez-moi vos coordonnées téléphoniques et courriel.

Lieu Centre d’apprentissage Marielle Potvin
                   4397, boul. Saint-Martin ouest
                                 Laval, Québec

*Le local est climatisé et tout le matériel nécessaire est fourni.

Marielle Potvin, orthopédagogue



La bête
26 mai 2011, 16:50
Filed under: Fondation Jasmin Roy, ressources | Mots-clefs: , ,

Elle prend toutes sortes de formes. Elle se joue des gens en se camouflant si bien que parfois, les adultes ne la remarquent même pas. Elle se réveille quand elle en a la chance et s’attaque aux plus vulnérables.

Sur son passage, elle détruit tout ce que l’humain a de plus précieux.
Sa dignité.

L’intimidation, la cyberintimidation et le harcèlement sont devenus des jeux auxquels le plus cruel gagnera, on dirait.

Il faut que ça arrête. 
De belles initiatives ont vu le jour; d’abord,  la Fondation Jasmin Roy   fait un travail formidable en ce sens, puis, aujourd’hui, je prends connaissance de ce site , sur lequel nous devons TOUS aller faire un tour.

J’avais hâte de vous en parler. J’avais reçu, il y a quelques temps, un merveilleux livre que j’ai lu d’un couvert à l’autre en moins de trois jours.

Pour élèves, enseignants et parents, un guide complet rempli de témoignages, de conseils, de signes avant-coureurs et, surtout, de pistes de solutions qui permettent souvent d’éviter des traumatismes que l’élève pourrait traîner toute sa vie.

Pour l’élève: Des solutions pour apprendre à te sortir de situations où tu te sens menacé et démoli et pour être en mesure  de désamorcer la méchanceté autour de toi.

Pour l’enseignant: Pour savoir comment intervenir rapidement, soit en utilisant les ressources disponibles à l’école ou à l’extérieur de l’école, soit en travaillant en étroite collaboration avec les parents.

Pour le parent: Pour savoir comment détecter si votre enfant a de sérieux problèmes à l’école. Quels sont les signes avant-coureurs? Quoi faire pour établir une communication empathique et non un jugement afin de l’aider?

Si j’ai longtemps cru qu’elle empoisonnait surtout la vie des élèves en difficultés, je me rends compte qu’elle n’épargne personne.

Voici un aperçu de ce à quoi elle ressemble :

Il faut, tous ensemble, anéantir la bête.
Pour de bon.
Vous êtes partants?

Marielle Potvin, orthopédagogue