Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Le bon côté des choses
28 octobre 2013, 23:51
Filed under: influences, persévérance scolaire

Je continue de suivre avec intérêt cette série, que chacun peut voir ou revoir à volonté sur tou.tv.

Comme vous, je suis émerveillée de constater et d’apprendre ce qui se fait pour les nouveaux arrivants, les élèves qui affichent un talent artistique particulier, ou le merveilleux travail d’une orthopédagogue à l’école Notre-Dame-du-Canada.

On ne dit pas le manque de ressources de ce genre, ni ce qu’il advient des centaines d’élèves qui ne sont pas admis à l’école Face chaque année, ou qui ne sont pas acceptés dans l’équipe de basket de Lucien Pagé.

On ne verra pas tous ces enfants qui, par manque de ressources disponibles, ne feront pas partie de la clientèle de Sonia Cantin, l’orthopédagogue de l’école Notre-Dame-du-Canada, pas plus qu’on nous laissera entendre les inégalités réelles qui existent entre les élèves qui fréquentent un établissement comme le Collège Ste-Anne, et les autres, pour lesquels il ne s’agit rien de moins que d’une planète inconnue.

Je salue bien bas, et vous aussi j’en suis certaine, ces belles réalisations, ces milieux de vie ou beaucoup d’élèves réalisent leur plein potentiel, aidés en cela par des agents d’éducation exceptionnels.

Mais ne nous laissons pas leurrer. Nous parlons ici de la crème de la crème de ce qui se fait en éducation, au Québec. Bien sûr, cela a du bon, ne serait-ce que de nous conforter dans le fait que tout ne va pas si mal, finalement.

Ne soyons pas naïfs.

Si c’était le cas, nous n’aurions pas ce taux scandaleux de décrochage, chaque année.

Si c’était le cas, on verrait un peu partout dans nos écoles la même belle lumière qu’on peut voir dans les yeux de certains élèves qui font partie de cette série.

Si c’était le cas, on n’aurait même pas eu besoin de la faire, pour tenter de nous convaincre que tout va très bien, Madame La Marquise.

Je continuerai quand même de suivre chacun des prochains épisodes, en sachant qu’il est bon, quelquefois, d’observer un arbre, même s’il nous cache temporairement la forêt.

Et de ne voir, pour un instant, que le bon côté des choses.

Marielle Potvin, orthopédagogue

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L’été c’est fait pour jouer
21 juin 2011, 20:15
Filed under: influences | Étiquettes: ,

Je tombe dessus en rangeant une pile de livres. De ceux que j’ai lus durant l’ année scolaire qui s’achève. De ceux que j’ai apprécié, en voici un qui me semble digne d’être partagé avec vous.

On y parle de ces rues désertes, que l’on constate encore cette année malgré le beau temps; de la perte d’imagination chez les enfants, que François Cardinal attribue, et ça me semble plein de bon sens, au fait que les enfants n’ont plus la ‘chance’ de s’ennuyer un peu, tout occupés qu’ils sont par un agenda chargé d’activités structurées.

Du rapport à la nature, aussi, qui devient de plus en plus inconnue et de plein  d’autres sujets tous aussi pertinents, que je vous laisse découvrir.

Fort heureusement, l’auteur, qui espère que son ouvrage favorise une prise de conscience au Québec, nous dit qu’il n’est pas trop tard pour renverser la tendance.

Pour vous en donner encore davantage le goût, un reportage de Marie-France Bazzo, avec Mario Dumont et Paul Arcand, à l’émission ‘Puisqu’il faut se lever’ sur les ondes du 98,5

Perdus sans la nature, de François Cardinal
Québec-Amérique, 2010, 208 pages

Marielle Potvin, orthopédagogue



Réflexions

Réfléchir, c’est mon truc, nous dit-elle.  Que c’est bon à entendre et à voir, ne trouvez-vous pas?

Combien de fois dit-on aux élèves de réfléchir, sans pouvoir les aider à y parvenir?

Si beaucoup d’enseignants ont choisi de faire ce métier et qu’ils l’aiment autant qu’ils aiment leurs élèves, il leur faut aussi apprendre  que répéter dix fois un message
de la même façon ne sert strictement à rien. Alors comment?

Si l’élève ne trouve pas de sens à ce qu’il fait, il ne se contente plus, et de moins en moins, de s’exécuter bêtement.  Je les soupçonne de vouloir réfléchir. 😉

Je lisais dans le journal, la semaine dernière, toutes les simagrées que certains enseignants font pour obtenir l’intérêt de leurs élèves. Je ne suis pas sûre d’être en accord.

Bon, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est vrai, mais  s’il faut à ce point se défoncer pour simplement obtenir l’attention des élèves, je me dis qu’il doit y avoir quelque chose qui cloche, autant dans le contenu que dans la forme du message. Sans compter qu’il ne  faut  pas s’étonner que plusieurs enseignants y laissent leur peau.

D’autres ont choisi d’inverser les rôles: c’est eux, maintenant, qui s’interrogent pour comprendre pourquoi ils ne comprennent pas, pourquoi les élèves ne sont pas motivés, pourquoi l’enseignement qu’on leur donne ne trouve  pas de résonnance chez eux.

À ces enseignants, je lève mon chapeau.
Ils tracent la voie de l’avenir. En délaissant une logique de production qu’ils ont longtemps considéré comme allant de soi, ils s’engagent maintenant dans une véritable logique d’apprentissage.

 

Au-delà de l’utilisation de Twitter, on peut prendre connaissance ici un magnifique exemple de travail collaboratif et de construction du savoir en groupe, avec le TBI. 

Si d’aucuns ont décrié l’usage de celui-ci comme étant simplement une nouvelle façon de présenter des notions au tableau (autrement dit, de changer le tableau vert pour le tableau blanc), il en va tout autrement dans cet exemple.

L’élève écrit ici dans un but signifiant; celui d’être publié et lu par d’autres élèves, à la fois de sa classe et d’une autre classe. Comme on le constate, il ne se fait pas mieux pour stimuler le goût d’apprendre.

Pour compléter, ne manquez pas de voir comment Marc-André Lalande qui nous explique ici de façon concrète ce que signifie un véritable changement de paradigme, en éducation.

De quoi nous faire, nous aussi, réfléchir.

Bon visionnement!

Marielle Potvin, orthopédagogue



Qu’est-ce que PEDAYOGA ?
26 mai 2011, 11:43
Filed under: formation, influences, plaisir d'apprendre, ressources | Étiquettes:

Je crois beaucoup à l’aide que peut apporter le yoga dans la vie des petits…et des grands 😉
Namasté!

Marielle Potvin, orthopédagogue



Gens d’éducation, manifestons!

Je vais chez Réno-Dépôt pour acheter un barbecue.
En me dirigeant vers le rayon concerné, je passe devant un présentoir animé par un charmant vendeur qui veut m’intéresser à son nouvel arrivage de boulons inoxydables hi-tech en titanium en spécial à deux pour un cette semaine.

Je ne m’arrête même pas. je vais acheter mon barbecue.

Mais, de retour chez moi, en montant le barbecue, je m’aperçois que les boulons sont de mauvaise qualité et se fendillent au montage.
Je retourne chez Réno-Dépôt. Et je n’ai plus le même regard sur les fameux boulons …

Avant, c’était des objets, des savoirs extérieurs, des éléments de l’inventaire, des connaissances.
Maintenant, ce sont des ressources. Parce que, maintenant, elles ont du sens et répondent à un besoin.

Comme le vendeur, l’enseignant perd son temps à vouloir vendre des savoirs non contextualisés, vendus pour eux-mêmes.

Pour que l’apprentissage puisse commencer, il faut d’abord que les savoirs soient vus comme des ressources par l’élève. Et donc qu’ils aient du sens. Pas « un jour », « plus tard », « quand tu seras au cegep ».

 

Maintenant, avant même de se mettre au travail.


Imaginons maintenant  la situation suivante:

La tâche:
Avec un garde-manger bien garni, nourrir une famille pendant un mois en utilisant tous les aliments.

L’approche traditionnelle, centrée sur la matière:
Le garde-manger comporte 30 tablettes et le mois compte 30 jours. La planification exige donc de vider une tablette par jour. L’avantage, c’est qu’on sait toujours si on est en avance ou en retard sur le programme et qu’on est pratiquement certain de le couvrir au cours de l’étape. L’inconvénient (mais on n’a rien pour rien!), c’est que le jour où c’est la tablette des condiments qui est planifiée, on mangera du ketchup au déjeuner, de la moutarde au dîner et de la mayo au souper. Mais bon, faut ce qu’il faut.
Qui a dit que manger devait être un plaisir?

L’approche réforme:
La planification repose sur des repas équilibrés, dont les ingrédients puisent toujours dans chacune des tablettes. L’inconvénient, c’est que c’est pas mal compliqué de savoir quel pourcentage de matière a été couvert chaque jour. Mais les gens auront conservé le goût de manger et, à la fin du mois, on aura malgré tout vidé le garde-manger.

Et maintenant…

 

Une conductrice et un conducteur sont placés, séparément, devant la même tâche: arriver à l’heure à un rendez-vous dans une ville inconnue, à la topographie tordue et en disposant seulement de vagues indications routières.

L’un comme l’autre, c’est inévitable, continuent tout droit alors qu’il aurait fallu tourner, ou prennent à droite alors que c’est à gauche qu’il aurait fallu virer. Pourtant, la conductrice arrive à l’heure, alors que le conducteur se perd irrémédiablement.

On peut inférer que, devant ce problème, la conductrice a été plus compétente que le conducteur.

D’où lui vient cette compétence plus grande?

Tout simplement de sa capacité à évaluer elle-même sa propre navigation et à prendre conscience qu’elle s’est peut-être trompée. Elle s’arrête dans un dépanneur pour se faire remettre sur la bonne route, tandis que le conducteur s’obstine à essayer de respecter les indications (qu’il a probablement mal notées!).

Dans cet exemple, c’est la capacité métacognitive de la conductrice qui a fait toute la différence.

Il en va de même en apprentissage. Il n’est pas suffisant que l’élève fasse: il faut aussi qu’il réfléchisse à ce qu’il fait. La conscience de la portée et des limites de sa propre compétence fait partie intégrante de la compétence; c’est même une condition essentielle du développement de cette compétence.

Ne pas savoir, mais savoir qu’on ne sait pas, c’est savoir davantage que savoir sans savoir que l’on sait...

J’ai piqué ces exemples chez DISCAS, qui  fut un bureau privé de consultation pédagogique québécois qui oeuvra dans le monde de l’éducation de 1987 à 2006. Pour l’essentiel de ces années, il a été constitué de deux consultants-pédagogues: Jacques Henry et Jocelyne Cormier. Aujourd’hui retraités, ils ont mis fin aux activités professionnelles de DISCAS en juin 2006.

J’ai toujours plaisir à relire leurs écrits, que l’on peut retrouver ici .

Tout ça pour vous inviterà poursuivre une réflexion essentielle, en vous apropriant le Manifeste pour une école compétente.

Manifeste pour une école compétente , dont vous trouverez la source ici, est le résultat de la collaboration de professeurs et professeures en sciences de l’éducation de toutes les universités au Québec, tant francophones qu’anglophones.
Ils y affirment à la fois la nécessité de faire de l’éducation une priorité et le souhait qu’elle continue d’être innovante et créatrice, qu’elle contribue au développement global de tous les élèves et qu’elle soit à l’avant-garde sur le plan international.

Ce manifeste constitue une production à caractère unique dans l’histoire de l’éducation au Québec. 
On en retrouve la version courte ici.

Bien sûr, on peut ne pas s’y intéresser, ne pas en prendre connaissance et ne pas signer.
Mais alors, ne me parlez pas de réforme et d’éducation.

Note: Au moment d’écrire ces lignes, le compte des personnes qui ont signé ce manifeste était de 1210. 
Il est maintenant de 1211. Je vous invite à en faire autant, en vous rendant ici et à venir exprimer en commentaire au bas de cette page, les raisons de votre appui.

Mise à jour du samedi 30 avril, 17h:   1319 votes!    Ça avance 😉

Vous pouvez aussi venir participer à la discussion entourant ce sujet, sur ma page Facebook.
Soyez les bienvenus.

 
Marielle Potvin, orthopédagogue



Vous connaissez ces pionniers?
19 avril 2011, 06:00
Filed under: influences, motivation scolaire, plaisir d'apprendre | Étiquettes: , ,

Dans quelques années,  quand on reverra cette vidéo, on se rendra compte que François et Pierre ont tracé le chemin de ce qui sera alors devenu  la norme.  Pour le bénéfice de tous.

Ces deux gars-là font partie des gens qui pour moi  illustrent le mieux cette citation:

‘N’allez pas où le chemin peut mener.
Allez là où il n’y a pas de chemin, et laissez une trace. ‘   Ralph Emerson 

 Marielle Potvin, orthopédagogue



Un million pendant 25 ans !!

Quelqu’un avait lancé le sujet, récemment, sur Facebook.

Que feriez-vous, avec un tel montant d’argent?   

Dans 25 ans, j’aurai 78 ans.  Bel âge pour prendre sa retraite…
Au moins à temps partiel, en tout cas.

D’ici là, j’ai bien pensé à ce que je ferais.
Ce soir, certaines idées ont fait du chemin.

D’abord, je ne connaissais pas ce principe d’association coopérative appliqué à l’éducation.  J’imagine qu’il s’agit d’une école que les parents peuvent administrer, mais je n’en sais pas plus. Chose certaine, on nous présentait un reportage, ce soir, dans lequel on voyait bien que certains milieux sont dotés des technologies de pointe dans toutes les classes.  
Imaginez… On enseigne même  la musique avec le Ipad!


La bonne nouvelle , c’est qu’à la Commission scolaire Eastern Townships, le taux de décrochage a reculé de plus de 16 points en quatre ans
— de 39,4 % (2004-2005) à 22,7 % (2008-2009).
 
Un beau modèle à suivre.

On ne la voudrait pas trop grande. Plus ou moins 200 élèves, au primaire, me semble bien suffisant. On peut facilement y créer une atmosphère familiale.
  
On y trouverait un ingrédient qui manque tellement, et qui s’appelle la courtoisie. Le savoir-vivre, si vous préférez.  Au-delà des sermons que chaque école  sert à ses élèves au moment d’élaborer un code de vie, et des conséquences qui y sont rattachées, on y enseignerait de façon systématique le civisme.  Les enfants ignorent trop souvent les règles les plus élémentaires du savoir-vivre.

L’apprentissage d
es premiers soins et de la cuisine y auraient une place de choix.  
J’ai souhaité, récemment, que les petits japonais qui ont survécu au tsunami en connaissent quelques bases, et parce que Ricardo a fait tout un esclandre, récemment, en affirmant que les programmes comme celui des Petits Déjeuners pourraient disparaître si on se donnait les moyens d’accompagner les parents qui ont du mal à joindre les deux bouts.

«On n’est pas foutus de nourrir nos enfants», déplore-t-il, ajoutant que le Club des petits déjeuners est un mal nécessaire, «à condition qu’il y ait une solution.»
Il pourrait être plus agréable de cuisiner ensemble que de surveiller les boîtes à dîner, me semble.
Mais d’abord, une école qui accompagne les parents, qui les soutient  et avec lesquels on fait équipe.

Une école où les enseignants ne cessent jamais d’apprendre. Il sont évalués, non sur leur rendement, mais sur leur cheminement.
 
J’imagine une école dans  laquelle on écrit l’avenir, faite pour former des citoyens qui auront des emplois qu’on ne connait pas encore. Des citoyens qui auront eu la chance de développer une grande capacité de créer et ayant un sens critique développé. 
Des citoyens qu’on aura accompagné dans le développement de leur identité numérique et dans leurs compétences à trouver et analyser les informations dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin.
 
La plus grande place est réservée à l’enseignement des stratégies d’apprentissage. 
N’est-il pas temps de se le demander :  Si la réussite scolaire était aussi, une question de pédagogie ?
 

J’aime bien cette idée, aussi, d’enseigner comment gérer ses sous .  Ça presse !
On est de parfaits illettrés, en ce domaine, même avec diplôme en main.
Vous avez vu le taux d’endettement du Québec?

L’école, comme communauté d’apprentissage et comme apprentissage de ce qu’est la communauté, avec une touche d’entrepreneurship, comme aux Coeurs Vaillants.

Avec des communications intergénérationnelles; on cotoie les petits du CPE , les parents et les personnes âgées.  Avec eux, on fait un jardin, on prend des photos , on lit, on écrit. Parce que l’école, ça devrait être la vie.
 
Les apprentissages se font de multiples façons. Ceux qui se font dans le plaisir auront enfin la valeur qui leur revient.  S’il est nécessaire de s’inscrire à quelques capsules, l’horaire est somme toute flexible. Les gens ne vivent pas tous au même rythme et on ne leur impose pas de le faire.
L’anxiété de performance ferait place à l’absence de notes. C’est pas parce qu’on fait des évaluations que les enfants apprennent plus ou mieux. On tient à jour son portfolio, on le met en ligne et la communauté peut le consulter. Ça se fait déjà au C@HM, où les enfants font paraître des articles dans le journal local. Plutôt que d’imposer des heures de gym, on propose à ceux qui le préfèrent d’aller à la piscine ou de prendre des leçons de tai chi. Les installations municipales sont facilement accessibles pour les élèves. On peut faire une sieste l’après-midi, ou télécharger sur son Ipad ce qu’on a envie de lire.Les classes sont multi-âges, ce qui est un milieu d’apprentissage beaucoup plus naturel. Le programme est construit en fonction de la réalité du milieu et des enfants qui le composent. Et pas le contraire.
On s’envoie des courriels, on tient un blogue. On échange et on partage nos découvertes à l’aide de présentations multimédias.

 

Qui voudrait d’une école qui ne fait que lire le passé?

Tous y sont invités, troubles d’apprentissage ou pas.

Bon, mais je l’ai pas gagné, ce million par année.

 

Demain matin, la réalité m’attend.
 
Marielle Potvin, orthopédagogue