Marielle Potvin, orthopédagogue / marielle.potvin@gmail.com


Je suis une fan finie de Kassandra ;-)
29 avril 2011, 06:20
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Isabelle Rivest, étudiante au baccalauréat en enseignement secondaire, profil français, a créé la première web-série témiscabitibienne dans le cadre de son cours de TIC où elle devait traiter d’une expérience de stage.

Elle a écrit et réalisé 11 sketchs qui mettent en vedette Kassandra Lebelle, une stagiaire en enseignement au secondaire. Ce personnage détestable qui manque de professionnalisme et d’écoute est le parfait contre-exemple de ce que devrait être un stagiaire. Pour tous les futurs enseignants, il s’agit d’une excellente façon d’apprendre quoi ne pas faire pour réussir son stage!

 

Une chance que ma Laurence n’était pas comme elle…  Fiou!!

Écoutez Isabelle Rivest à Radio-Canada.

Venez vous bidonner. Allez, c’est vendredi!   http://lestagedekassandra.com/

Marielle Potvin , orthopédagogue



Le billet de Laurence
14 avril 2011, 21:47
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Cet après-midi, dans mon courriel, une belle surprise m’attendait.

Laurence, merci pour cette belle lettre. Je la garde ici précieusement.

Je te revois, la première fois… Tu m’avais bien fait sourire, tu te souviens, quand, candidement, tu m’avais demandé ce qu’on pouvait faire avec des élèves en difficulté et  un ordinateur 😉

 

Par la suite, on s’est souvent échangé un air complice, te rappelant cette question qui maintenant nous fait bien rire.

À mon tour de te remercier de m’avoir choisie pour faire ton stage.  Rien ne me fait plus plaisir que de contribuer à assurer la relève.
Il y en a une belle.  Tu en fais partie.

Au plaisir de te revoir !

Mme Marielle xox

 

Qui aurait su le 9 février dernier que je quitterais mon milieu de stage le cœur gros?

Bien sûr, j’étais emballée à l’idée de pouvoir avoir un stage au collégial pour éclairer mon choix sur le programme d’université que j’allais choisir dans les prochains mois. C’est donc en janvier que j’ai rencontré Madame Potvin, orthopédagogue. À cet instant, je n’avais aucun idée de cette merveilleuse femme qui avait accepté de partager ses connaissances avec moi pour m’éclairer du mieux qu’elle le pouvait. J’allais donc la côtoyer 3 heures par semaine, durant 10 semaines.

Au fil des semaines, j’en apprenais toujours énormément. Les 3 heures que je devais passer en compagnie de Madame Marielle passaient très rapidement. J’en ai vu de toutes sortes. Je passais du temps à l’école avec des élèves en rencontre individuelle, j’assistais à des rencontres au Centre d’apprentissage de Laval, j’ai été présente lors d’une rencontre avec une famille qui partait quelques mois à l’extérieur du pays. J’ai vu des élèves faire des dictées P.G.L., composer des phrases et les écrire au tableau blanc, apprendre leurs tables de multiplication, etc. J’observais en silence. Je prenais énormément de notes pour enrichir au maximum mes connaissances. Au début des rencontres, j’avais des regards interrogateurs de la part des jeunes, j’étais une jeune stagiaire inconnue, assise sur sa petite chaise, qui observait sans dire un mot. Peu à peu, les élèves commençaient à me saluer lorsque je les croisais, j’avais même la chance de recevoir des accolades. Les jeunes étaient moins surpris de me voir, donc la gêne se dissipait lorsqu’ils assistaient à leur rencontre avec Madame Marielle et que j’étais présente.

Durant mes dernières rencontres, Marielle m’a laissé prendre la parole quelques fois. J’étais très emballée qu’elle ait assez confiance en moi pour me laisser intervenir durant quelques minutes en son absence. J’ai donc fais de mon mieux en aidant un jeune à écrire des phrases, en donnant des trucs à une petite fille pour qu’elle apprenne ses tables de multiplication, en aidant une élève dans un devoir où nous avons cherché des définitions à l’ordinateur, car certains mots nous étaient inconnus. Ensuite, nous avons aussi trouvé des trucs visuels pour retenir ces mots pas très familiers. Au retour de Marielle, j’ai vu dans son expression qu’elle était fière de voir que je m’étais bien débrouillée. Mon stage se terminait alors de façon merveilleuse!

Quelle belle complicité j’ai eu avec Madame Marielle ainsi que ces élèves adorables qu’elle rencontrait. Cette superbe orthopédagogue est bourrée de talents et de connaissances. Son dynamisme était toujours au rendez-vous. Aussi, elle a su garder son cœur d’enfant malgré les années qui passent. Je n’avais aucune difficulté à voir mon futur en elle. Nous étions toutes les deux aussi enfantines l’une que l’autre, puisqu’après chaque rencontre j’espérais avoir un petit collant dans mon cahier de stage. Marielle est une femme qui m’a beaucoup appris et cela ne fait que commencer. Il est certain que je vais remettre les pieds d’ici peu dans ce petit bureau où j’ai eu tant de plaisir!

Un gros merci à Marielle et aux élèves pour avoir fait de mon stage une expérience enrichissante et si plaisante!

Laurence Drapeau-Valois, stagiaire de Madame Marielle 🙂

 

 

 



Quelques sourires

Ce qu’il y a de plaisant, dans ces formations, c’est le fait que des enseignantes de milieux différents, rendues à des étapes différentes de leurs carrières, se rencontrent en dehors de leur milieu scolaire pour se ressourcer.  Les expériences partagées, les solutions mises en commun, l’énergie générée par ces échanges nous ont toutes beaucoup apporté.

Ce matin, nous avons abordé la question des comportements inappropriés, en classe. Comment les gérer, en réaction mais surtout en prévention, et ainsi développer notre plaisir d’enseigner.

Je tiens à souligner l’apport des enseignantes qui ont participé à l’atelier donné ce matin. Elles sont responsables de leur formation continue. Elles se l’approprient et se sont véritablement engagées dans une pratique réflexive  de leur profession (actuelle ou future).  
 
Merci à toutes les participantes !
Merci de me donner l’opportunité de partager avec vous.

Marielle Potvin, orthopédagogue



La déséducation La formation des enseignants
7 novembre 2010, 21:22
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Vous avez peut-être vu le Prologue…

Voici que le premier né de la famille s’est pointé le bout du nez.

Il parle d’un des sujets qui me tiennent le plus à cœur, soit la formation des maîtres.
Il en va de même de celle des orthopédagogues, bien sûr.

Je m’en informe de temps en temps auprès des jeunes enseignants. Je reçois aussi des messages, comme ceux auxquels je réponds ces jours-ci par le biais des « chouettes chroniques ».
J’aimerais bien entendre que ce n’était que « dans mon temps » que la formation universitaire constituait un amalgame de théories plus ou moins hétéroclites, données par des professeurs qui n’avaient pas mis les pieds dans une classe depuis des siècles, et pour lesquelles nous n’avions qu’un intérêt plutôt mitigé.

Quand on sait ce qu’il faut de performances pour être admis en éducation à l’université, on comprend que c’est plutôt mal parti concernant qualité du français et le niveau de culture générale.  Nous croirions ensuite que ces mêmes personnes pourront éveiller la curiosité, donner soif de connaissances et développer la culture de nos élèves ?   Permettez que j’en doute.

Bon, trêve de balivernes, je vous laisse au visionnement de ce premier webépisode:

Vous voulez commenter: Il vous est possible de le faire sur le site de La Déséducation.D’ailleurs, d’intéressants commentaires s’y trouvent déjà.

De même qu‘ici, où Véronique D’Amours nous propose son Cahier de l’épistolière.  Délicieux, vous verrez!

Il ne manque que vous pour poursuivre la discussion…

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com



Pour Isabelle
25 mai 2010, 11:53
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Bonjour !

Durant toute l’année scolaire, on n’a pas le temps…
Alors quand arrive l’été, pourquoi ne pas s’investir, l’espace de quelques heures,  afin d’augmenter notre confiance et notre plaisir d’enseigner ?

Je vous suggère quelques idées d’ateliers qui pourront répondre à ces besoins, pour l’été 2010.

Comme Isabelle, qui a laissé un commentaire suite à  mon dernier billet, vous ne pouvez que faire de petits pas à la fois; mais vous savez qu’il est essentiel d’en faire…


N’hésitez pas à me faire connaître vos besoins.

Contribuer à la formation continue des enseignants,

c’est ce que je désire le plus au monde !!!


1*.La conscience phonologique.  Qu’est-ce que c’est ?  Comment aider mes élèves à la développer au max.


2*Je veux maîtriser davantage les techniques d’interventions en classe (2 rencontres)


3*J’aimerais développer mes compétences en enseignement de l’écriture.


4*Je souhaite développer mes compétences en enseignement de la lecture.


5*Devenir plus à l’aise en enseignement des mathématiques.


6*Comment développer mes habiletés à susciter la motivation chez mes élèves?


7*Les malentendus de la Réforme.  Qu’en est-il ?


8*Je souhaite me positionner face à la question des devoirs et des leçons et des travaux à faire à la maison.


9*Portfolios et cyberportfolios : comment les instaurer et m’en servir efficacement.


10*Qu’en est-il de mon niveau de maîtrise de la langue française, à l’écrit ? Des ressources pour améliorer cet aspect.


11*Les ressources en milieu scolaire.  Les connaître et les utiliser.


12*J’aimerais mieux connaitre le rôle des organismes qui touchent ma profession.


13*Comment  partager et collaborer plus facilement entre enseignants ?


14*Connaitre et expérimenter les principaux logiciels éducatifs (2 rencontres).


15*J’aimerais définir facilement le style d’apprentissage de mes élèves, et le mien 😉


16*Les entreprises de soutien scolaire. Qu’est-ce que c’est ?


17*Les technologies à la rescousse des élèves atteints de troubles d’apprentissages. Quelles sont-elles ?


18*Je veux devenir plus habile pour élaborer un plan d’intervention. Des outils, des repères.


19*Mieux maîtriser les technologies de l’information et des communications. Comment ?


20*Enseigner avec l’actualité. Pourquoi ? Comment ?


21*Qu’est-ce qu’un enseignant branché, pourquoi et comment le devenir ? (2 rencontres)


22*Tenir compte des intelligences multiples dans ma classe (et définir mon profil).


23*Adopter la gestion mentale dans le dialogue avec l’élève, c’est possible ?


24*Connaître et utiliser l’enseignement stratégique, à quoi ça sert?


25*Devenir habile à dépister les principaux troubles d’apprentissages de mes élèves (2 rencontres)


26* Connaître de bonnes ressources pour référer les élèves à d’autres spécialistes, selon les besoins.


27*Gérer les déficits d’attention et l’hyperactivité, tout un défi !


28*La douance, comment la reconnaître et intervenir.


29*Mon élève a un problème de santé mentale, ou je soupçonne qu’il en ait un.  Repères et ressources.


30*Que nous réserve l’école de demain ? (2 rencontres)


31*Mieux gérer mes rapports avec les parents… Comment ?


32*Je m’intéresse à l’enseignement coopératif.  Par quoi commencer ?


33*Développer les habiletés sociales chez mes élèves, comment y parvenir efficacement?


34. Suggestion concernant tout autre aspect que j’aimerais connaître ou développer.


(Les ateliers sont d’une durée de deux heures chacun),
et ont lieu soit à Laval  soit près de chez vous, selon entente.


Contactez-moi par courriel en me précisant les numéros qui vous intéressent et vos coordonnées.

Au plaisir !

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181



La fin du commencement.
19 avril 2010, 22:12
Filed under: influences, ressources | Étiquettes:

 

                                   source de l’image : http://j.mp/betkoj

Il fallait les voir. Belles, et si jeunes. Souriantes, énergiques, enthousiastes.
Elles nous présentaient leurs travaux de fin de formation, dans le cadre de leur Colloque des finissantes en adaptation scolaire (UdeMontréal)

Elles ont tout fait  pour  arriver à  la fin de ce commencement.  

Quatre années d’un baccalauréat dont elles sont fières.
Du talent, de la créativité et tout ce qu’il faut pour bien démarrer une carrière qui se veut heureuse.
Parce que, quoi qu’on en dise, c’est  possible.   

 Pourtant, et elles le savent,  20% d’entre elles n’y seront plus dans cinq ans.   

Mais ça, comme les malheurs, c’est toujours pour les autres.   

À voir leurs sourires et leurs yeux même pas cernés, leur énergie toute neuve, leurs illusions toutes fraîches,
je me suis demandée, bien malgré moi, lesquelles  tomberaient au combat.    

Elles ont l’âge où tout semble facile, où rien n’est trop ardu.      

La volonté de bien faire, le goût de s’investir. La facilité de travailler en équipe .
Elles auront besoin de tout ça, et plus encore.
Elles auront besoin de garder la passion.    

Elles auront besoin de se forger une identité professionnelle, d’être supportées, d’avoir accès facilement à des ressources selon les besoins qu’elles rencontreront, selon les élèves que nous leur confierons.  

Elles auront besoin de se positionner par rapport à des façons de faire, des approches pédagogiques, des traditions à respecter, ou pas.  

Inévitablement, surgiront les moments de solitude, les remises en questions , ou la résignation.  

La première fois qu’elle se sentira dépassée par l’ampleur de la difficulté ; la première fois qu’un parent lui adressera les reproches qui la feront pleurer; la première fois qu’elle n’y arrivera pas.
Le premier passage à vide, les premiers signes d’essouflement, le premier raz-le-bol.  

Le premier jour où elle ne voudra pas aller à l’école.      

Si je pouvais, telle une bonne fée, saupoudrer sur ce début de carrière un seul ingrédient, je leur souhaiterais de ne jamais cesser de  chercher. 
Ne jamais croire qu’elles y sont arrivées. 
Dans ce monde de l’éducation qu’elles ont choisi d’investir, puissent-elles ne jamais compter sur personne d’autre qu’elles-mêmes pour s’approprier les ressources qui feront d’elles des enseignantes de plus en plus compétentes.    

Puissent-elles ne jamais se résigner à devenir de simples exécutantes d’un programme ou d’une méthode quelconque, mais bien de construire leurs principes pédagogiques sur des résultats de recherches et des expériences documentées.
Ne pas compter sur leur Commission scolaire, encore moins sur le Ministère.  

Puissent-elles se responsabiliser à l’égard de leur formation continue, et s’approprier tout ce dont elles ont besoin chaque jour en tant que professionnelles. Surtout, puissent-elles le partager entre-elles.   

Pour ne pas voir le commencement de la fin. 


*Note: Le féminin a été utilisé dans le but d’alléger le texte, considérant qu’il s’agit ici d’une majorité de personnes concernées.

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181

    



Minuit moins cinq …

Au  début de ce  mois d’octobre, j’ai promis de refiler des informations à tout mon lectorat au sujet des troubles d’apprentissages.  Or, le mois est presque terminé. Je dois donc respecter cette intention. Il est primordial que les informations circulent davantage à ce sujet, pour la réussite de TOUS les élèves.Parce qu’ils peuvent TOUS réussir.  C’est pas moi qui le dit, c’est Antoine de la Garanderie.
 
Dans sa pédagogie des gestes mentaux, il déclare que  Tout enfant peut réussir.
Je suis de son avis,  et j’ajouterais même   »à condition de ne pas nuire »…
Mais, je vous entends d’ici, ne me dites pas que l’école nuit à certains enfants, voire même qu’elle fabrique des difficultés !   
Désolée de vous placer devant un tel dilemme, mais c’est exactement ce que je prétends

Il serait bien plus confortable de prétendre que les retards d’apprentissage de nos élèves sont le fruit de facteurs comme l’implication des parents, la motivation des enfants, ou quoi que ce soit qui nous est extérieur. Plus confortable, mais…

Après plus de vingt ans de pratique en orthopédagogie, il ne m’est arrivé qu’à quelques dizaines de reprises de rencontrer de véritables cas d’enfants atteints de tous les DYS que vous voulez.
Dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyscalculie…  La plupart du temps, quand le potentiel intellectuel est près de la moyenne , l’atteinte neurologique est bénigne , ou peut être surmontée avec des interventions bien menées. En enseignant à l’élève à connaître son trouble, son profil d’apprentissage et à développer des habiletés compensatoires pour y pallier.  C’est possible.  La plupart du temps.
Toujours.   Vous avez bien lu.

Mon expérience m’a démontré que nombreux sont les élèves incapables d’exploiter leurs potentialités tout simplement parce qu’ils s’épuisent à appliquer des techniques d’apprentissage ne correspondant pas à ce que l’on nomme leur « langue maternelle mentale ». 
Si cette prise de conscience était faite, tout changerait dans la relation pédagogique. Devant un élève qui connaît des difficultés, l’enseignant ne réagirait plus en sanctionnant l’échec mais en interrogeant l’élève dans un « dialogue pédagogique » qui cherche à mettre à jour les éventuelles déficiences dans les méthodes d’apprentissage.

L’élève est ainsi respecté dans sa personnalité propre, même lorsque des difficultés se font jour, ces difficultés constituent ainsi une occasion de diagnostic en matière de gestion des gestes mentaux.
La mise en œuvre effective de la gestion mentale suppose une très solide formation des maîtres, que cette approche remet profondément en question. Elle implique aussi, de la part de l’élève, un effort supplémentaire d’analyse, puisqu’il est constamment invité à veiller non seulement à atteindre un objectif, mais aussi aux moyens concrets à mettre en œuvre pour réussir.

On est bien loin ici des obligations qui leur sont imposées, encore de nos jours, et malgré tout ce que l’on connaît au sujet du processus d’apprentissage.

Des exemples ?   Copier 3 fois un mot mal orthographié dans une dictée.  Mais qu’on se le dise enfin !!!  Ça marche pas !!   Pas plus que l’absolution après les trois  » Je vous Salue Marie » de mon jeune âge. À  la première occasion, on refaisait le même péché (lire la même faute ) .

Autre exemple: apprendre par coeur une série de mots prescrits, chaque semaine. Mais qu’on se le dise aussi !!!  Ça marche pas !!    On connait maintenant les mécanismes de la mémoire et on sait pertinemment que ces mots, prescrits et obligatoires, seront évacués, envolés, volatilisés de la mémoire de travail dès qu’il faudra étudier une autre de ces listes.  Je ne retrouve plus cette étude qui montrait qu’un groupe ayant réussi à plus de 80% une dictée orthographique échouait cette même dictée trois semaines plus tard… 

On connait les gestes mentaux à enseigner pour que l’élève transfère ses connaissances dans sa mémoire à long terme. Il s’agit, en gros, de lui demander de s’imaginer en train d’en avoir besoin.  De lui enseigner comment sa mémoire fonctionne: mémoire sensorielle, mémoire de travail et mémoire à long terme. Ce qu’il faut faire, concrètement, pour arriver à y faire coller les informations que l’on veut retenir.   On est bien loin des  ‘Forcez-vous !’   et autres impératifs stériles.  

Je demande aux élèves que je rencontre individuellement de me parler de leur style d’apprentissage . Qu’ils soient au primaire ou au secondaire, ils n’ont aucune idée de ce à quoi je fais allusion. Leurs parents non plus.  Nous devons alors faire ensemble un cheminement qui leur est bien éclairant. Comment apprennent-ils le plus facilement?   Quand, de quelle façonComment leur mémoire fonctionne-t-elle?    Mais  ils n’en ont aucune idée
  
Quand étudier se résume  à balayer visuellement des informations, peut-on être surpris du peu de résultats obtenus ?  Même épeler et copier ne convient pas à tous pour mémoriser l’orthographe. Il faut, bien souvent, se parler au sujet du mot étudié.  Une technique somme toute assez simple à enseigner, mais encore peu populaire.

Que dire aussi des réponses que me donnent les enfants quand je leur demande combien de mots ils peuvent étudier à la fois. Des fois c’est cinq, dix et même jusqu’à quarante mots!

Personne ne leur a donc dit qu’on n’étudie qu’un seul mot à la fois ?  Non. Personne ne semble connaître combien d’informations le cerveau peut enregistrer d’informations à la fois. N’importe quel psychologue vous dira que c’est sept, plus ou moins deux.  Or, un mot moyen comporte déjà plusieurs graphies.  On l’apprend, puis on passe au suivant.  Dans la mesure où on en connaît le sens, au préalable. Toujours bon de s’en assurer.  Très étonnant le nombre de mots dont l’enfant ignore le sens, mais qui doivent tout de même être appris.  J’ai observé à maintes reprises cette situation lorsque, par exemple, une thématique est abordée en classe. S’il s’agit du Moyen-Âge, l’élève aura, dès le lundi, à apprendre des mots comme catapulte, alors qu’il n’en connaîtra le sens que le mercredi. L »art de leur faire perdre leur temps…

Mais on se donne bonne conscience, on va les chercher avec de beaux projets.
Mesdames et Messieurs, on n’a pas besoin d’aller chercher l’intérêt des enfants.  On peut le stimuler, le susciter, mais on doit surtout écouter.

J’ai connu il y a quelques années un jeune garçon qui échouait justement en orthographe d’usage. Dans ce temps-là, j’exerçais ma profession au domicile de mes élèves. Dès la première rencontre, je sus que ce petit s’intéressait vivement aux papillons. Il fallait voir sa collection!  Il me présenta chacun d’eux. Je voulais le nom en français ou en latin ? Son grand rêve était de devenir entomologiste comme M. Brossard, qu’il me disait. Je ne tarderais pas à savoir qui était M. Brossard  😉       
Un chausson avec ça ?
Quand j’ai parlé de Simon à son enseignante, vous n’imaginez pas ma surprise d’apprendre qu’en novembre, elle ne savait encore rien de cette passion.

Elle était à jour dans son programme, par exemple. Curieux, quand même comme il a pu progresser en se référant aux noms des papillons. Madame a tout mis sur le compte du fait que je voyais Simon individuellement. Dommage.

On leur demande de savoir écrire, mais  la plupart n’ont fait, dans la journée,  que  copier les devoirs et les leçons dans leur agenda. Je ne suis pas épatée.

Comment procèdent-t-ils pour résoudre un problème?     Structurer une phrase ?      Trouver une cooccurrence ?   Aucune idée !  Pourtant, on leur demande tous les jours de résoudre des problèmes, de construire des phrases et des textes, d’enrichir leur vocabulaire.    Mais on ne leur donne pas souvent les moyens.Aucun des élèves rencontrés en consultation ne m’a  dit que sa pensée s’organise AVANT  l’ écrit. Alors il commence à écrire une phrase à la va-comme-je-te -pousse,  sans qu’il en ait d’abord construit le sens. On le place en situation de surcharge cognitive, la plupart du temps, car il doit se préoccuper tout à la fois  de la structure de sa phrase, de l’orthographe des mots, des accords des adjectifs et des participes, de la bonne conjugaison des verbes. etc.      Jusqu’au jour où il sera évalué …

Alors ce soir, plutôt que de vous décrire ce que sont les troubles d’apprentissage,  j’ai choisi de décrire, mais si peu, ce qui  favorise les difficultés et les retards d’apprentissage. 
Quitte à me changer en citrouille …

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
450 687-8181 

 



Ma langue au chat …
25 septembre 2009, 18:54
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Lors d’une  discussion à ce sujet  avec quelques enseignants  , il  est ressorti que de faire valoir la qualité de notre langue et la fierté qui y est reliée passe encore pour du snobisme. En s’interrogeant  sur ce fait, on associait cette idée au fait que faire des fautes est fautif, mal et honteux.   ;-(
 
Vaut mieux fermer les yeux sur celles d’autrui;  pardonnez-leur comme vous aimeriez être pardonné quand vous en ferez. 

Nous avons appris cette semaine que les étudiants en enseignement devront, à partir de cet automne, réussir un nouvel examen national de français, plus difficile que le précédent, afin d’obtenir leur diplôme.  Pesonnellement, je n’ai rien contre.  Après tout, nous sommes des modèles pour les apprenants.

Ceci étant dit, je me suis interrogée sur ce qui pouvait supporter les enseignants en lien avec les lacunes observées.

  Vous écrivez à la main ?

*Prenez le temps de vous relire.     Simple , mais combien important !

*Gardez près de vous le mini-vérificateur d’orthographe de Larousse. 
                            Mini, comme son nom le dit.
    63 000 mots. Sans les définitions, mais genre et nombre indiqués. 
     Les filles: il a sa place dans le plus petit sac à main. Je vous jure ! 

*Un doute au sujet de la conjugaison ?   www.leconjugueur.com

*Un petit trésor:  http://www.cyberprofesseur.com/index.html  
              Le Cyberprof,  la classe virtuelle de français.
  Vous pourrez tester vos connaissances, identifier vos lacunes 
  et y remédier facilement. En tout temps, il vous sera possible de consulter 
   le guide grammatical.

* Un classique : http://www.ccdmd.qc.ca/fr/  incontournable pour quiconque 
    se soucie d’améliorer cet aspect.  
    Et http://j.mp/16zlWO , pour les mêmes raisons.

 

*Pour s ‘amuser:  http://j.mp/16zlWO 
  Des dictées trouées à faire seul ou en groupe   😉

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                                              À utiliser lors de l’examen !!     Chut !
Si, après tout cela, vous échouez tout de même,ne me demandez pas pourquoi, car  je donnerai ma langue au chat !  langue au chat

 
Mise à jour  (2009-10-01 :   http://j.mp/1a065o )

Marielle Potvin, orthopédagogue
marielle.potvin@gmail.com
           450 687-8181



Quand revient septembre…
1 septembre 2009, 08:16
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Je me souviens de ce matin là comme si c’était hier. Cette femme que notre équipe-école rencontrait pour la première fois, nous a , pour la plupart, marqués à jamais.

Dans des mots simples et avec des exemples concrets, elle nous faisait part de son cheminement en tant qu’enseignante.  Comment elle se trouvait confrontée à des réalités qui provoquaient en elle de la déception, de la culpabilité et surtout de la réflexion.

Ses élèves n’avaient pas suffisamment le sens de l’effort, ils manquaient d’autonommie, ils l’obligeaient à jouer le rôle d’une agente de police, ils ne travaillaient pas suffisamment à la maison… Elle s’interrogeait. Pourquoi, alors qu’elle était  une praticienne bien formée et très engagée dans l’enseignement primaire, certains faits échappaient-ils à son contrôle et à sa compréhension ?

Elle se posait les questions suivantes; 

 »- Pourquoi les enfants perdent-ils du temps en classe ? Ce que je leur propose n’est-il pas intéressant ? Il me semble que je m’éfforce pourtant de multiplier et de varier les activités, que le travail ne manque pas…

– Pourquoi les enfants oublient-ils si vite et si facilement les connaissances acquises ? Je passe pourtant des heures à expliquer, à manipuler avec eux, à donner des exemples, à proposer des modèles, des techniques. Mon enthousiasme n’est-il donc pas contagieux ?

– Pourquoi certains enfants sont-ils si peu motivés à ce que je propose ? Quand je leur annonce qu’ils vont apprendre quelque chose de nouveau, ils paraissent pourtant emballés. Ils cheminent un bout de temps avec moi, et brusquement, je me rends compte que plus rien ne va, je les ai perdus…

– Pourquoi certains enfants n’arrivent-ils jamais à saisir une notion, même si je la répète souvent et même s’ils font les exercices appropriés ? Ils devraient pourtant finir par comprendre, je n’aborde jamais qu’une difficulté à nla fois, je me soucie de la progression des étapes…

– Pourquoi, alors que je pense les aider en reprenant les explications, ces répétitions engendrent-elles plutôt la démotivation et l’indiscipline ? Les enfants devraient pourtant s’empresser de saisir leur dernière chance de comprendre, alors que le groupe-classe va passer à une autre notion …

Ça vous dit quelque chose ?   Chez nous, en tous cas, toutes ces questions qui étaient si souvent restées sans réponse trouvèrent un peu de lumière lors de cette rencontre.

Nous venions de faire connaissance avec Mme Jacqueline Caron. 

Les réflexions dont elle nous faisait part, sa recherche et ses remises en question … Tout cela ressemblait de très près à ce que nous vivions aussi. 
 
Je n’ai pas tardé à me mettre à la lecture de son guide : Quand revient septembre…, Volume 1,  puis , du Volume 2,  Recueil d’outils organisationnels.
Ces deux ouvrages ont constitué pour moi de véritables repères tout au long de ma carrière.

J’acceptais  l’influence de Mme Jacqueline Caron. 

 
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 Par la suite, Apprivoiser les différences, qui illustre le processus d’apprentissage auquel sera confronté l’enseignante ou l’enseignant qui désire concevoir et faire évoluer des dispositifs de différenciation dans sa classe. J ‘y ai puisé un éclairage nouveau à propos des sujets suivants:  le processus de changement teinté de peurs et de deuils, la professionnalisation du métier d’enseignant, la gestion de l’hétérogénéité du groupe-classe, la naissance et la consolidation des équipes-cycles, la différenciation par le décloisonnement des groupes de base, etc.

En complément, des suggestions de lecture pour prolonger les apprentissages, des propositions de travail pour plonger dans l’action et une démarche d’expérimentation jalonnée d’exemples, de réflexions, de tableaux et de canevas d’outils…

Finalement, une invitation à vivre le possible :  Différencier au quotidien illustre les étapes précises d’un cheminement conduisant le pédagogue vers la différenciation vécue autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la classe. Parmi ces diverses étapes figurent :

  • la mise en place de conditions facilitatrices, comme l’investissement dans la connaissance des élèves ;
  • le développement en leur compagnie d’une culture des différences ;
  • la responsabilisation autant sur le plan de leurs comportements que sur celui de leurs apprentissages ;
  • l’habilitation à planifier des situations d’apprentissage et d’évaluation ouvertes aux différences.

Dans cet ouvrage, l’auteure propose une carte routière à l’intention des pédagogues qui ont déjà entrepris leur périple les conduisant au pays de la différenciation et qui ressentent le besoin, en cours de route, de faire le point sur leur itinéraire. Cette carte routière les éclaire, rassure et facilite la mise en branle de ceux et celles qui hésitent à se mobiliser autour d’un voyage vers la différenciation pédagogique.

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 L’apprentissage de la différenciation nécessite un long voyage intérieur durant lequel l’enseignant doit se placer lui-même en projet d’apprentissages. En effet, il doit accepter de se centrer davantage sur la progression des apprentissages de chacun de ses élèves, faisant ainsi le deuil de la transmission de contenus d’enseignement uniformes pour tout le monde, dans un même laps de temps. Pour aider l’enseignant à y parvenir, l’auteure propose ici un cadre d’expérimentation avec des points de repère et des outils-supports que lui et les personnes qui l’accompagnent pourront utiliser, bien sûr, mais aussi mettre à leur couleur et peaufiner.

 

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 En ce matin du 1er septembre , je voudrais exprimer ma reconnaissance à Mme Jacqueline Caron .

Alors qu’elle recevait une Médaille de l’UQAR, lors de la collation des grades au Campus de Lévis, le 13 novembre 2004, Mme Jacqueline Caron,  a exprimé cinq souhaits personnels, qu’elle porte au plus profond de son cœur, au terme de sa vie professionnelle. Les voici :
 
Souhait 1 : Que tous ces jeunes enseignants et enseignantes qui ont eu l’opportunité de bénéficier d’une formation initiale plus longue, plus solide et plus riche que la mienne, puissent s’engager quotidiennement dans l’exercice de leur profession avec amour, générosité, ouverture et créativité afin de devenir pour leur entourage des enseignants Inspirants.

Souhait 2 : Que ces mêmes enseignants qui représentent une relève de qualité pour nous s’approprient leur formation continue et se responsabilisent face à cette dernière, plutôt que de vivre dans l’illusion que ce sont les commissions scolaires et les écoles qui devraient se préoccuper de leur évolution pédagogique.

Souhait 3 : Que les murs de la solitude et de l’individualisme dans lesquels vivent plusieurs enseignants dans les écoles puissent s’écrouler afin de construire une culture de collégialité, de cohérence et de concertation pour assurer une plus grande continuité dans les apprentissages des élèves.

Souhait 4 : Que les relations entre les personnes porteuses du savoir théorique et du savoir appliqué soient de plus en plus ouvertes au partage, à la complémentarité et au partenariat.

Souhait 5 : Que des mécanismes de reconnaissance et de valorisation concernant les innovations pédagogiques des praticiens et des praticiennes soient créés autant dans les commissions scolaires, les milieux universitaires que dans les réseaux du ministère de l’Éducation afin de promouvoir le développement professionnel et d’encourager les enseignants et les enseignantes à gérer le changement avec un leadership confiant. L’insécurité, le sentiment d’infériorité ou d’impuissance doivent céder le pas à une estime de soi grandissante et à un esprit critique omniprésent. C’est une condition essentielle pour actualiser le magnifique programme de l’école québécoise.
Voyez comme ces souhaits sont encore d’actualité.
Pour en savoir plus au sujet de cette grande dame :   http://www.jacquelinecaron.com/

Marielle Potvin, orthopédagogue
   marielle.potvin@gmail.com

                450 687-8181

  

  

  

  

 



Pour Émilie
13 août 2009, 21:09
Filed under: Une fois c't'un prof... | Étiquettes:

Bonjour Émilie,

Tu fais partie des finissantes de cette année et tu rêves d’une belle carrière en enseignement.
Je te souhaite d’y être très heureuse. Parce que c’est possible, quoi qu’on en dise. Je te parlais aujourd’hui de certaines conditions à respecter. Tu partageais tes aspirations et certains projets.

J’aimerais te dédier cette vidéo, qui reflète en bonne partie je crois, ce que sera l’école de demain:  
http://www.youtube.com/watch?v=68KgAcx_9jU

Bonne route!